Samedi 31 octobre 2009


VOL A VOILE

 

 

 "Heureux
 celui qui peut
d'une aile vigoureuse
s'élancer vers les
champs lumineux
  et sereins" 

Charles Baudelaire 





 

Bonjour et bienvenu !

 
 Pour découvrir le vol à voile, j'ai pensé qu'il serait intéressant de vous présenter une multitude de regards différents, sur cette activité. Comme une vue à travers  un kaleidoscope, vous allez découvir 
le vol à voile du côté de l'explication ludique,  de la mécanique, du technique du vol, ensuite ce sera le tour des récits des  pilotes, des sociologues, des poètes...    J' ai essayé de trouver des textes avec un certain sens d'humour,  ceux qui aiment le verbe vont se regaler...

 

 

 

  

 

Une remarque  concernant l'ordre chronologique de ce blog:
  Pour une suite des articles plus logique, je fais apparaître les articles les plus anciennes en premier. Donc l'ordre chronologique proposé sur la colonne à côté est inversé, les articles les plus récentes vont être les moins importants... Mais bon laissez vous guider par votre sens de curiosité. Place aux découvertes
:



Pour ceux qui aiment les championnats voici le blog frère link


 

  

 


Planeur Championnat link 


 



"Dès lors vous aurez goûté au vol
vous marcherez à jamais sur terre
les yeux rivés vers le ciel"     

Léonardo da Vinci


 

 concentration avant le vol...

 

 

 

 

 

 

  

Se laisser emporter...

 

 

Laissez vous emporter lors de ce film, dans une ambiance de vol en planeur faites d'élégance et de sensations indescriptibles...., 
Voici un des meilleures films sur le vol à voile:

 

 

 





Aérodrome Colmar Houssen  

 




La voltige


Le pendant du vol à voile est la voltige en planeur...
les pilotes décrivent des figures acrobatiques d'une grande finesse. Certains ont des idées très créatives, et la plus jolie vous la trouvez sur ce site de Manfred Radius, laissez vous emporter dans ce rêve nocturne....


 

link
http://www.radiusairshows.com/mpeg.mpg 





Voici Ferenc, le roi de la voltige hongroise,
 

Accrochez-vous, sensations garanties!


 

 

 

 

 

 

 

"Voler, c'est bien le plus vieux rêve des hommes"
 nous disent les mythes,
que nous disent les artistes?




 
George Brassens chante:
 

"A partir de ce jour je n´ai plus baissé les yeux

J´ai consacré mon temps à contempler les cieux /

A regarder passer les nues

A guetter les stratus, à lorgner les nimbus /

 A faire les yeux doux aux moindres cumulus"

 (L'orage)    
                                                     

http://www.youtube.com/watch?v=UnoE_Eax19w







Antoine de Saint-Exupery pense:

"Dans le ciel,
on est à l'abri de la vie,
de ses bassesses,
 de ses chagrins,
on se sent pur et hors d'atteinte".






Reinhard May chante:
link

"Au dessus des nuages, la liberté doit être sans frontières
tous les peurs, tous les soucis,
dit-on,
restent cachés dessous
et puis
quelque chose va avoir l'air important et gros,
devenir soudainement néant et petit"


"über den Wolken, 
muss die Freiheit wohl grenzenlos sein,
 alle Ängste, alle Sorgen,
sagt man,
liegen darunter verborgen.
und dann
würde was uns gross und wichtig erscheinen
plötzlich nichtig und klein".  Reinhard May

Par Juliette - Publié dans : A tire d'aile
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Samedi 31 octobre 2009

La mécanique ludique



Comment aborder la mécanique d'une manière ludique? C'est simple, je vous propose en haut de l'article quelques notions, pour comprendre l'essentiel de la mécanique du vol à voile, du moins quelques principes. Plus loins vous verrrez des notions de plus en plus approfondi, qui permettent à ceux qui veulent apprendre plus, de se retrouver. Ceci dit, cet article est loin d'être exaustive, mais dans un esprit d'allier le ludique et le plaisir avec l'information, je me dis que celui qui souhaite aller encore plus loin trouvera les sites appropriés pour apprendre toujours plus... ici c'est la découverte!!!
 Bonne lecture et visualisation 



 trouvé sur le site de Tourraine planeur
http://www.glidezar.com



Le planeur vole d'une part parce que les ailes sont construit de manière aérodynamique.
D'autr
e part un  planeur peut rester en air parce qu'il trouve des ascendances dans le ciel.

 








Le planeur est tiré par un avion en air, c'est à dire il est remorqué et puis le pilote largue le cable pour essayer  de rester en air par ses propres moyens. Comment est-ce possible?









 Le principe est simple: le soleil chauffe le sol, les champs clairs permettent un échauffement plus rapide qu'au dessus des forêts. 


 






L'air qui se trouve au dessus des champs a tendance  à monter dans le ciel, comme l'eau lorsqu'elle commence à bouillir au dessus du feu.




vidéo
link



L'air monte, puis se refroidi  (1°C par 100m), mais cette air montante reste toujours plus chaude que la masse d'air dans l'ensemble.

Lorsque la bulle montante devient de plus en plus froide, l'humidité se condense en  gouttelettes d'eaux et il se forment des nuages,
les cumulus se forment dans le ciel.  Ils matérialisent les ascendances.

Au dessus des forêts il est plus rare que les  bulles d'airs montent, parce que la forêt ne s'échauffe pas si vite.

L'air est donc froid et lorsque nous traversons la campagne avec nos planeurs, nous traversons  des mouvements ascendants et des mouvements descendants, les "pompes", qui nous permettent de gagner de l'altitude et des "degueulantes", lorsque nous traversons des zones descendantes.


L'altitude gagné nous donne de l'autonomie, comme si les ascendances représentaient les stations d'essences et l'altitude gagné l'essence pour l'autonomie..

 A 1000m par exemple un planeur peut parcourir 40km en air  calme.

Pour pouvoir parcourir des distances, le planeur monte et descend selon qu'il rencontre les masses d'aires et selon sa décision de s'arrêter à une station d'essence, c'est à dire dans une ascendance sous un cumulus, pour spiraler et de regagner de l'altitude, cad l'autonomie.

Le principe

Si nous décidons d'aller de Colmar à Strasbourg, il nous faut au moins une à deux fois prendre des ascendances pour pouvoir joindre le but. Un planeur a une trajectoire descendante, par principe, il est lourd et l'aérodynamique  ne peut pas tout compenser. Le problème de l'aérodynamique va être abordé plus tard.

Le vol dans les pompes
 Il faut donc, pour pouvoir se déplacer, remonter dans une pompe. Comment cela se fait? C'est simple, on met le planeur en spirale dans une ascendance et le planeur  monte  comme dans  un ascenseur, qui n'est pas tant l'ascenseur que ça: ça bouge,  comme vous avez pu voir dans les vidéos!!!!  Les aspects techniques sur le comment on peut changer la trajectoire va être expliqué plus tard dans l'article.


link  Explication pour comprendre la formation de nuage

                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      LES PLANEURS  

 

 

 

 Les planeurs modernes sont des engins sportifs les plus aérodynamiques du monde, issus des progrès technologiques et scientifiques les plus développés.

 

Biplaces ou monoplaces, ils sont entièrement profilés en matière plastique, fibre de verre ou de carbone et résine époxy. Le très haut degré de finition des surfaces, dont dépendent leurs performances en vol, fait l'objet d'un entretien méticuleux.

 

 



On distingue trois parties essentielles:

 

a) la voilure: de 15 à 30 mètres d'envergure, elle est constituée de deux ailes (des "plumes" en langage courant) qui portent le planeur.






















b) le fuselage: partie centrale cylindro-conique de 6 à 8 mètres de longueur recevant à l'avant la cabine de pilotage et le train d'atterrissage.

 

 

 












c) les empennages: vertical et horizontal ils portent les gouvernes de direction et de profondeur.

 

Le poids à vide varie de 250 kgs (monoplace) à 450 kgs (biplace).

 






 

 

 

 

 

 

 


Un calculateur de vol





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autrement dit: 


LA PRATIQUE DU VOL A VOILE




Faire du vol à voile consiste principalement à passer dans des masses d'air dont les vitesses d'ascension sont plus élevées que la vitesse de chute propre du planeur et gagner ici de l'énergie potentielle (sans perdre d'énergie cinétique).




Les masses d'air ascendantes, ou "ascendances" étant généralement très localisées, les pilotes doivent décrire des cercles à l'intérieur pour les exploiter au maximum.

Le terme souvent employé est "spiraler", bien qu'en toute rigueur la trajectoire décrite par le planeur dans une ascendance soit hélicoïdale. Les pilotes parlent souvent de "faire le plein", l'objectif étant d'atteindre la plus haute altitude possible pour une ascendance donnée.


L'image illustre aussi le fait que l'énergie potentielle du planeur —ou son

altitude, ce qui revient au même— peut être considérée comme son carburant.

Un pilote débutant "fait le plein" tous les 7 à 8 km, si les conditions le permettent. Un pilote confirmé, qui exploite mieux les performances du planeur, peut espacer les reprises d'altitude jusqu'à 25 à 50 km.
 Il se contente, lorsqu'il traverse une ascendance mais estime avoir encore assez d'énergie pour poursuivre sa route, de réduire sa vitesse pour profiter au mieux de l'ascendance, sans pour autant s'arrêter et décrire des cercles sur place.



Les masses d'air ascendantes les plus connues sont :

 

  • Thermiques
    courants ascendant
    ou thermiques qui sont le résultat des différences de température de l'air ;

     









    Le vol à voile, c'est la recherche sportive des masses d'air ascendantes. Le sport consiste à prendre et à reprendre de l'altitude par ses propres moyens dans le but d'accomplir des circuits. Ces prises d'altitude se font à l'aide des masses d'air ascendantes qui sont de trois sortes. Les ascendances thermiques : les masses d'air chauffées par conduction près du sol s'élèvent dans l'air plus froid et forment des colonnes dont le sommet est quelquefois matérialisé par un nuage appelé cumulus que les pilotes utilisent pour les repérer. 



  • La pente












    les ascendances dues à l'effet de pente lorsque le vent frappe les contreforts d'un relief le forçant à passer par-dessus, le gain d'altitude dépasse rarement 700 m au-dessus du sommet des reliefs ; ces ascendances sont appelées ascendances dynamiques

 

 





  •   









    L' ONDE











    les ascendances du vol d'onde dépendant des reliefs et de la météo et qui permettent des gains d'altitude très importants autorisant ainsi les records d'altitude à plus de 13 000 m ;


    L'exploitation des effets du vent sur le relief —effet de pente, onde ou gradient de vent— est désignée sous le terme générique de vol orographique.















     Voler en onde veut dire qu'il y a deux parties du vol. Dans les basses couches, il y a des  turbulence très fortes, due aux frottements du vent au relief, mais dans les couches d'airs hautes, on peut rencontrer un "calme plat", une masse d'air totalement stable, qui permet de monter à côté des nuages, de les surmonter et de voir si loin, aussi loin qu'on peut. D'ailleurs bon nombre de films que vous pouvez visionner ici montrent les planeurs au dessus des nuages.



    Ces sensations sont unique, puisque nous pouvons observer dans les nuages le jeux des lumières, tout en se sentant porter toujours plus haut. Le seul ennuie est l'oxygen qui vient à manquer, notre corps nous le rappelle sans cesse, et la circulation aérienne,  puisqu'on vole haut, il  y a aussi d'autres utilisateurs de l'espace aériens: les avions de ligne. Là on rentre dans le domaine de la reglementation qu'on va aborder plus tard....
     (ce n'est pas une partie de plaisir....  ;-(  )



    Aéromécavol:


    Mais plus précisement: Comment vole un planeur ?


    Le planeur est plus lourd que l'air. Pour qu'il vole, il faut
      faire apparaître une force qui s'oppose à son propre     poids. Cette force est une résultante de la résistance de l'air qui se développe sur les surfaces portantes lorsque le planeur adopte une trajectoire descendante appropriée


Imaginez une bille posée sur une planche. Inclinez la planche et la bille, par son poids, roule. Pour un planeur, le principe est le même; il lui faut un certain angle à piquer. Par définition, il descend constamment (de l'ordre de 0,45 à 0,9 mètre par seconde).

 

Le principe du vol plané se caractérise par une trajectoire descendante par rapport à l'air environnant. Lorsque la masse d'air est stable ou descendante, le planeur descend par rapport au sol. Le planeur est en descente permanente. Ainsi, la résultante aérodynamique (trainée + portance) équilibre le poids du planeur. 

Les contraintes qui s'exercent occasionnent ce que l'on appelle la "force aérodynamique" qui entraîne l'aile vers le haut.

Examinons les quelques croquis suivants

www.futura-sciences.com/.../
617/rapace_024a.jpg






Voici une animation trouvé sur un site de parapente
http://www.experience-parapente.com/cadre.php?contenu=http://www.experience-parapente.com/recits/recit.php?id=1






C'est donc le  profil de l'aile qui entre en action et sa forme est très importante.


Profil d'une aile d'avion ou d'oiseau !


Il provoque dans l'air une dépression dessus et une surpression dessous.




 

  c'est quoi une dépression et une surpression?



... C'est pas compliqué! l'air, en contournant le profil va se séparer en deux zones, dessous et dessus. Cela n'aurait pas d'effet si la direction de l'air était dans l'axe du profil.

 

Mais comme l'air contourne le profil en venant légèrement du bas c-a-d avec une certaine incidence, les particules d'air passant au dessus vont devoir accélérer pour rejoindre les particules d'air passant dessous qui, elles, ralentiront!

  • Les particules d'air dessus accélèrent, se dilatent et provoquent une
    diminution de la pression ou "
    DEpression".
  • inversement, les particules d'air dessous ralentissent, se compriment et provoquent une augmentation de la pression ou "SURpression".

La dépression "aspire" l'aile vers le haut
La surpression "pousse" l'aile vers le haut!
Environ 2/3 de dépression pour 1/3 de surpression, c'est donc les particules d'air qui passent au dessus qui, en grande partie, portent la voile!

Ce sont ces deux réactions aérodynamiques qui constituent la portance, autrement dit, la portance est un facteur important pour qu'une voile puisse planer!

Mais ça n'est pas tout, la portance représente une force. A celle-ci s'additionne une autre force : la traînée orientée dans le sens de l'air et opposée à la trajectoire.

La somme vectorielle de la portance et de la traînée nous donne la Résultante des Forces Aérodynamiques que l'on applique à un point (le Centre de Poussée) sur le profil.

 

Donc :

Portance (P) + Traînée (T) = Résultante des Forces Aérodynamiques (RFA)

Cela ne permet pas à la voile de monter mais de descendre le moins vite possible. C'est ce qu'on appelle la finesse.

La finesse est le rapport de la distance horizontale parcourue sur l'altitude perdue.

 

 

 

Autrement dit:


Le profil de l'aile a une forme particulière: l'avant est nommé "le bord d'attaque" et l'arrière le "bord de fuite". Passer d'un bout à l'autre en ligne droite, c'est ce que fait globalement le flux qui circule sous l'aile. Mais impossible de faire un trajet aussi direct par le dessus de l'aile: L'air doit contourner l'extrados… et un détour c'est plus long ! D'autant qu'il faudra absolument essayer de rattraper le retard, lequel crée donc une différence de vitesse entre les deux flux.



Cette différence d'itinéraire et de temps bouscule les flux d'air. Celui d'en haut tente donc de combler naturellement le retard se créant par rapport à celui du dessous pour arriver en même temps au bord de fuite. Le résultat est une accélération du flux supérieur dès qu'il est engagé dans ce processus "d'inégalité".
Et, point essentiel, cette accélération fonctionne comme aspirateur pour le nouveau flux d'air qui arrive au bord d'attaque sur l'extrados. Ce perpétuel jeu "anti-vide" produit la "force aérodynamique". L'aile est bien contrainte à aller vers le haut, et, qui plus est, légèrement vers l'avant.


Voici les forces en présence :
























 

 

 

 

 

 

 

Forces exercées sur l'aile





 

Forces provoquant une poussée

  • En atteignant l'intrados, l'air se bouscule, se presse sous l'aile, et il en résulte une compression bien au-delà du profil.
  • En atteignant l'extrados, l'air ne peut continuer son chemin tout droit car sinon il y aurait le vide derrière l'aile.







Comme nous l'avons déjà dit, les filets viennent donc se coller au profil, et cette courbe a un effet de succion sur l'aile par la dépression qu'elle engendre. Passé le profil, la dépression continue puisqu'il faut que les filets s'écoulent en réagissant à l'effet de compression de l'intrados. Les deux effets s'additionnent (pression sous l'aile et succion sur l'aile), mais l'effet "aspirateur" de la dépression est bien plus puissant.


















C'est donc essentiellement de sa convexité qu'une aile tire ses performances.
Tout cela fonctionne très bien tant que les filets d'air restent "collés" sur l'aile, au plus près de l'avant. Mais une basse vitesse ou une mauvaise orientation de l'aile provoquent des décollements, puis des tourbillons néfastes.


En aviation, on appelle cela "décrocher": les filets de l'extrados se décollent et l'aile n'est plus aspirée… c'est la descente.



Ascendants et vol plané


Pour les oiseaux il y a une différence:

Plus une aile est large, plus elle génère de gros tourbillons. Et il s'en produit de tout les cotés de l'aile.
Certains, ceux générés par l'arrière, sont turbulents dans le mauvais sens et risquent de freiner l'oiseau. Pour contrer le phénomène, les grands planeurs qui étalent de larges ailes ont un bord de fuite où les plumes s'écartent. Le bord paraît ainsi dentelé. Cela n'annule pas le phénomène, mais transforme les grands tourbillons en petits.




Digitation des rémiges et petits tourbillons

Les grands oiseaux planeurs ont des rémiges digitées. Au bout de chacune un tourbillon spiralé se forme et revient vers l'aile en formant un rond. La succession de ces ronds forme un tunnel qui se rétrécit vers l'arrière et dans lequel l'air s'engouffre en étant accéléré. L'oiseau en retire un effet propulseur avec une consommation d'énergie nulle.






La pratique:


Revenons à la pratique, comment tourne un planeur, comment s'effecture un CHANGEMENT DE TRAJECTOIRE
???




Pour réaliser une mise en virage, on commence par "incliner" le planeur grâce aux ailerons. L’aileron de l’aile intérieure au virage se lève, diminuant la portance de cette aile, tandis que l’aileron de l’aile extérieure se baisse, augmentant le creux du profil et sa pôrtance. La résultante aérodynamique s’incline alors vers l’intérieur du virage et sa somme avec le poids constituer ce qu’on appelle une force centripète (dirigée vers l’intérieur du virage) qui provoque un changement de trajectoire du planeur dans le plan horizontal. Une fois l’inclinaison désirée obtenue, on relâche les ailerons.


Cette mise en virage provoque :

  Une force centrifuge due à l’inertie 
  Du lacet inverse 
  Du roulis induit

LE MOUVEMENT DE TANGAGE

 Axe de tangage Tangage provoqué par les gouvernes de profondeur à la queue de l'appareil


Axe de tangage
Le tangage résulte du mouvement de rotation autour de l’axe transversal d’un aérodyne. Il est provoqué par une poussée ou une traction sur le manche.






La force centrifuge

Le planeur en virage est soumis à une force supplémentaire due à l’inertie ; c’est une force centrifuge (dirigée vers l’extérieur du virage) et que l’on compose avec le poids propre pour former le poids apparent plus grand que le poids propre et que doit équilibrer la résultante aérodynamique. Pour équilibrer cette force il faut augmenter la résultante aérodynamique et augmentant l’angle d’incidence en tirant sur le manche pour diminuer l’angle de plané.







LE MOUVEMENT DE LACET
Axe de lacetLacet





Le lacet est le mouvement de rotation horizontal d’un aérodyne autour d’un axe vertical, ce mouvement est commandé par l’action sur les palonniers.


Lacet inverse :
Il apparait dès la mise en virage provoquée par l’inclinaison, le phénomène de lacet inverse se produit, l’aileron baissé (aile extérieure au virage) provoque plus de traînée que l’aileron levé (aile intérieure au virage), le planeur a tendance à pivoter vers l’extérieur du virage. On doit rétablir le planeur en vol "symétrique" par l’action sur la dérive par l’intermédiaire des palonniers dans le sens du virage. Cette action est appelée la conjugaison.

 


Axe de lacet
 
 
Le lacet est le mouvement de rotation horizontal d’un aérodyne autour d’un axe vertical, ce mouvement est commandé par l’action sur les palonniers.












LE MOUVEMENT DE ROULIS





Le roulis induit : pendant le virage, l’aile extérieure a une vitesse par rapport à l’air plus importante que l’aile intérieure ; elle est ainsi soumise à une portance supérieure à celle de l’aile intérieure, ce qui a pour effet d’augmenter l’inclinaison ; pour contrer cet effet, il faut agir sur les ailerons dans le sens contraire au virage. Pendant le virage, après l’inclinaison acquise grâce aux ailerons, on doit corriger simultanément les effets de l’inertie, du lacet inverse et du roulis induit pour garantir un virage symétrique à vitesse constante.

 
Axe de roulis
Axe longitudinal autour duquel un appareil tourne. La vitesse de cette rotation est aussi appelée taux de roulis. Ce mouvement est provoqué par une action latérale sur le manche.


 

Roulis induit

Expression complète : roulis induit par le lacet.
En aviation, c'est le mouvement de rotation autour de l'axe de
roulis (inclinaison latérale) obtenu par une rotation sur l'axe de lacet.

Cette rotation en lacet peut être obtenue :

  • involontairement, à cause du lacet inverse en virage. Le roulis induit par ce lacet est en sens contraire du roulis désiré, ce qui impose de contrer le lacet inverse en agissant sur la gouverne de direction,
  • volontairement, en agissant sur la gouverne de direction pour aider à la mise en virage. C'est aussi le seul moyen d'incliner l'avion quand il ne possède pas d'ailerons (planeurs radio-commandés "deux axes", avions de type "Pou du ciel").

Le roulis induit par le lacet dépend de l'effet dièdre de l'avion. Le roulis hollandais est une conséquence du roulis induit.

Il n'est pas recherché sur un avion de voltige, où l'on souhaite que chaque gouverne n'agisse que sur une seul axe.



Sous l'aile (l'intrados), l'air circule sans contrainte; le flux est constant, régulier. Il n'est légèrement dévié qu'à la fin. Au dessus de l'aile (l'extrados), le flux est dévié dès le début, obligé de contourner le profil.




Si le vol à voile vous tente après tous ces explications,   vous pouvez joindre le club du CICVVA Colmar les week-ends, pour voir le site officiel du club regardez dans la colonne des liens, mais voici le numéro de téléphone du club:

03.89.41.95.03

 

pour trouver le chemin, cliquez sur

 Aérodrome Colmar Houssen


Par Juliette - Publié dans : mécanique - Communauté : aéromodélisme
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Samedi 31 octobre 2009

La recette qui suit est tirée du blog "Sur le Zinc", le blog de Jean-Claude Petit, artiste peintre aéronautique et auteur
 
Merci Jean-Claude....

Vol à Voile & Vol-au-Vent: La Recette

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Le vol-au-vent est surtout un met estival du dimanche, savoureux, léger, peu onéreux, mais assez long à préparer. Il exige une bonne maîtrise des éléments et de la patience. Vous ne le réussirez qu'à l'issue d'un bon entraînement avec un chef chevronné, issu du moule de Challes-les-Eaux, de la Montagne Noire ou de Saint Auban.

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la_planante_opt
Briefing en cuisine. Notez l'importance de la gestuelle.

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Choisissez un jour et une heure propices aux ascendances. Il suffit pour cela d’observer les grands oiseaux tels que vautours, aigles, cigognes dont c’est le métier d’exploiter l’ébullition de l’air à peu de frais.

Celle-ci se manifeste surtout dans la seconde partie du jour, lorsque se forment les "cumuli" qui sont des petits paquets d'oeufs à la neige très décoratifs.

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rhune_opt

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Prenez un plateau de verdure bien dégagé, généreusement parsemé de fines herbes, orienté dans le sens du vent dominant et sur lequel vous aurez disposé :

- Un ou plusieurs Twin Astir de chez Grob, de finesse 38

- Un bon vieux Rallye MS-893 E remorqueur et son cocher

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drives_opt

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- Un câble muni d’anneaux à chaque bout

- Un pilote (ou deux) à Ray Bans muni(s) d’un parachute fessier et vêtu(s) d’un short, d’un T-shirt, de savates et coiffé(s) d’un bob.

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1_h_crochet_opt

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Des aides vélivoles bénévoles pour...

1- Accrocher le câble de traction aux crochets ad hoc

2- Maintenir l’aile horizontale lors du départ jusqu’à prise d’efficacité des ailerons

3- Ramasser le câble après largage

4- Attendre

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boun_opt

- A paciência é uma virtude, rapaz...


- Pois sim, minha Senhora, mas so para os que têm tempo!

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Préparation du vol au vent

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- Après mise en route, le remorqueur effectuera quelques pas au ralenti afin de bien tendre le câble de remorquage
- Le Rallye peut alors mettre toute la sauce face au vent
- Dès que le Twin Astir aura décollé, le maintenir en vol bien axé et bien horizontal, hors du champ de farine non tamisée et si possible hors de la turbulence engendrée par le batteur à pleine gomme
- Le Rallye ayant décollé à son tour, le suivre tranquillement à bonne hauteur
- L’altitude étant jugée à point, tirer sur la poignée de largage du câble et vérifier que ce dernier s’est bien désolidarisé du Twin

- Le Rallye peut alors plonger vers le plateau à l'issue d'une figure élémentaire de voltige non répertoriée qu'on nomme "break". Elle consiste, moteur tout réduit, à basculer l'avion sur la tranche et même au-delà.

A l'issue de sa plongée, il effectuera un passage bas afin de larguer sa ficelle serpentine.

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serpent_opt
L'oeil exercé peut discerner la ficelle à l'instant de son largage.
Un vrai serpent à sonnettes.

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- Attention la tête!

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Ce passage bas, généralement à grande vitesse, sera suivi d’une ressource et d’une oreille au cours de laquelle l’énergie se dégradera : sortir un cran de volets au sommet de l’oreille, puis deux crans en courte finale et se poser dans un mouchoir.

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- Recommencer l’opération avec le planeur suivant

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passage_opt
Au suivant

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Optimisation du vol-au-vent

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Le Twin Astir va alors laisser libre cours à son intuition et tenter de gagner de l’altitude en enroulant les ascendances appelées en cuisine « l’ascenseur à couillons ». Il se fiera à la position des « collègues » et surtout au « couineur », sorte de bouchon de cocotte minute qui émet un son aigu quand ça monte et grave quand ça descend.

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1_h_opt
Auxiliaire de cuisine au sol, scrutant les mouvements convectifs de la marmite

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Il pourra ainsi mijoter des heures à couvert, jouissant en silence des saveurs de l’air, s’imbibant à courts mouillements d’eau minérale et sans aucune autre dépense d’énergie que celle d'envoyer le pied dans le bon sens pour maintenir la bille au centre, c'est-à-dire la ficelle bien droite.

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boeuf_la_opt
Photo Aéro Club d'Evora, Alentejo
"Vigia o tuo fio, Filho"

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Ce mode économique non polluant est si vrai que les instruments vitaux sont réduits à leur plus simple expression: comme pour le "Boeuf à la Ficelle", on emploie un fil de laine pour visualiser l'écoulement du fluide.

Un certain Michel Leveillard, fameux pilote de ligne, a même réintroduit l'usage de la ficelle sur Boeing 737, afin de gérer le vol symétrique "aux petits oignons" et ainsi, économiser force carburant. Etonnant, non?

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le_bob_opt
Photo Aéro Club d'Evora, Alentejo

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Feliz quem como Ulisses fez tão bela viagem

Ou como o que buscou e conquistou o Tosão,

E prenhe regressou, de ciência e de razão,

A viver entre os seus o mais desta passagem...

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Heureux qui comme Ulysse etc...

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Quand les crampes se feront sentir, qu’il fera soif ou que l’ascenseur sera en panne, il reviendra sur le plateau pour une impeccable et majestueuse prise de terrain en « U ».

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aterro_opt
Observez la sortie judicieuse des aéro-freins jusqu'à réduction complète

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Dégustation:

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Le Vol-au-Vent ainsi préparé se déguste aussi bien en vol qu'au sol. Mais il est surtout recommandé de le savourer dans les airs, à chaud, en spiralant, bercé par le doux bruissement du fluide aérien relatif sur la couche limite, couche d'ailleurs réduite à peu de frottement, du fait de l'état de surface lisse et propre. On aura au préalable éliminé notamment les moustiques éventuellement collés sur les bords d'attaque. A l'éponge et à l'eau claire. Proscrire l'éponge abrasive.

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fort_opt
Bien débarrasser les surfaces des moucherons, papillons et moustiques qui perturberaient l'écoulement

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La dégustation dans ce cas est purement égoïste, hédoniste et solitaire. Ce n'est que de retour au sol que le plaisir peut se partager en confrérie, à la popote quand il y en a une. Elle prend alors un tour épicurien et collectif dans une apparence de secte où tous les acteurs, en communion, parlent le même langage, emploient les mêmes mots (ex: "pompe", "badin", "vario") et font les mêmes gestes du plat de la main.

Cet esprit de famille engendre d'ailleurs parfois des quiproquos entre adeptes pratiquants et adeptes rangés des vélos, sur le front desquels il n'est pas écrit "planeur".

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- Qu'est-ce qu'y fout ici, çui-là?


- Allez, on dégage s.v.p. !

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EPILOGUE

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La recette du Vol-au-Vent est une des recettes de l'amour fou. Elle est à conseiller à tous ceux qui s'ennuient dans la vie et passent leur temps à zapper dans l'inconsistance et l'incuriosité qu'engendrent les programmes télévisés.

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Trois hommes sur un plateau. Inutile de leur demander s'ils ont apprécié le Vol-au-Vent. Car vous l'aviez compris, Vol au Vent et Vol à Voile, mêmes initiales: V.A.V.

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Vol-au-Vent à Itxassou Airport au temps des cerises

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Boissons conseillées:

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Château Lapompe, Cristaline, Volvic
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Suggestion de dessert:

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Les fameuses cerises d'Itxassou, puisqu'on y est (Peloa, Xapata ou Beltza).

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Cerisiers en fleurs d'Itxassou ou "l'Art de greffer un planeur sur le cerisier du curé"

 

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Par Juliette - Publié dans : découverte vol à voile - Communauté : Les plus belles chose du Monde
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Samedi 31 octobre 2009

PRENDRE DE LA HAUTEUR :

LA VIE D’AERO-CLUB

par Mireille Morgan-Smith

 

http://nicus.club.fr/Besancon.htm

 

 

Suprême forme de vagabondage et d’intimité avec la ville, la promenade aérienne fait entrer l’observateur dans la troisième dimension de l’espace urbain, aiguisant son regard comme celui de l’aigle.
Cette connaissance de leur cité, les aviateurs de l’Aéro-club du Doubs peuvent se l’offrir chaque fois qu’ils décollent de leur aérodrome.
Nous tenterons dans cette ethnographie de rendre compte de leur façon de penser et de symboliser leur activité, de décrire leur imaginaire, leur naïveté parfois, en somme d’expliciter tout ce qui en fait une " tribu " moderne, unie par cette activité spécifique.

Dans l’aéroport international, l’aéronef est devenu un objet utilitaire, en contact superficiel et momentané avec ses usagers ; les pilotes eux-mêmes conduisent ces gros engins sans s’y investir affectivement.
C’est tout le contraire de l’Aéro-club où l’on " dorlote " les avions, où l’on pilote en symbiose avec l’appareil, où les aviateurs cultivent entre eux des liens par l’intermédiaire de cette passion commune.


C’est une société presque exclusivement masculine, où tous les âges sont représentés mais concentrés sur la classe d’âge des 45-54 ans, l’âge mûr où l’on possède la pleine puissance de ses moyens économiques et sociaux. L’aéronautique est en effet un loisir coûteux (l’heure de vol coûte environ 500 F), ce qui rend logique la forte proportion de professions à haut niveau de revenus : près de la moitié des membres appartient à la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures.

Pourtant cette société ne se crispe pas sur son identité masculine, ni sur la richesse financière de ses membres.
 Les femmes sont peu nombreuses parmi les pilotes, comme dans d’autres sports d’origine militaire et utilisant une technologie poussée, mais elles s’investissent intensément : l’une fait partie du conseil d’administration, une autre est pilote de chasse, une autre championne de France de voltige aérienne (Marianne Shaw ). Le Club comprend des catégories relativement moins argentées comme celle des étudiants (un quart des membres ; ceux-ci ont tendance à plutôt pratiquer le vol à voile), des retraités et d’autres (professions intermédiaires, commerçants et artisans, techniciens). Les membres se défendent de vouloir réunir une élite fortunée fermée à tout contact social autre que l’entre-soi des privilégiés.

 


Peut-être vient-on au Club non pour jouer de ses galons civils mais au contraire pour s’en dévêtir, ne serait-ce que momentanément, et en porter d’autres, ceux du pilote expérimenté, de son héroïsme... ou tout simplement pour retrouver un esprit de jeu. " Les pilotes sont de grands enfants, des gamins qui jouent avec de gros jouets sans peser lourd dans l’économie ", disent-ils.


Le Club est géré avec un grand sérieux institutionnel par ses membres : l’on reconnaît l’influence des nombreux cadres d’entreprise qui reproduisent là le schéma de gestion de leur propre société, le transposant dans cette association de loisirs. Il y a un bureau directeur, un conseil d’administration, dont les membres ont le titre de président, vice-président (on les nomme souvent ainsi, mi sérieusement, mi par plaisanterie) ; on parle de " chiffre d’affaires ", qui, en étant pour le Club de 1,7 million de F en 1996, exige qu’on le gère avec rigueur, avec un minimum de rationalité du moins. Des membres ayant du temps et de l’ancienneté dans l’Aéro-club sont " bénévoles " pour la gestion de l’association (seuls le chef pilote et le mécanicien sont salariés).

Pourtant, la forme associative demeure avec son nécessaire désordre. Expert en gestion, l’un des membres ne se privait pas de dire que l’Aéro-club était " une démocratie poussée à son paroxysme " avec " sur 150 avis, 149 contestations ", une situation tout simplement " ingérable " malgré l’important " parc machine ". " Tout le monde veut être président sans l’être " (pourtant cette année, pour la première fois, il y a moins de candidatures qu’il n’y a de postes à pourvoir dans le conseil d’administration). " Mais il y a de bons côtés, pas autant de rigueur et de difficultés dans les relations. On s’entend au moins sur les avions. " Mélange subtilement dosé, la forme associative et le cadre de l’entreprise donnent un reflet particulier au groupe.

En plus d’une petite cotisation annuelle, chaque membre crédite son compte personnel qui lui permet autant d’heures de vol qu’il le désire. Une " honnête moyenne " se situerait à 20 000 F par an (pour l’un des membres, gérant de société), mais ce budget est très variable suivant les individus. Si l’on tient compte aussi de l’achat d’avions auquel on peut prendre part, cette activité peut se révéler très chère .


L’espace de l’aérodrome

Ce terrain d’aviation a été installé dans la plaine de Thise sur une vaste étendue d’herbe plane, encadrée au nord par le chemin de fer, et au sud séparée du Doubs par une digue sur laquelle passe la route nationale vers Belfort. Cette digue n’empêche pas la rivière de déborder certains hivers et de transformer le terrain en lac où voguent les planches à voile, ou en patinoire si le froid est assez vif. C’est d’ailleurs parce qu’il est inondable que ce terrain a été épargné des promoteurs immobiliers. Cet inconvénient n’a pas l’air de gêner les pilotes qui de toute manière ne volent pas par mauvais temps et profitent de l’hiver pour faire les réparations nécessaires. L’aérodrome reste un espace ludique utilisable en toute saison.

Il est réduit à sa plus simple expression, ce qui contraste fortement avec ce que l’on connaît des grands aéroports. Trois bâtiments suffisent à son fonctionnement : un " club house " et un bar constituent l’espace de rencontre; quant au pôle technique, il est formé par les hangars devant lesquels s’ouvrent les pistes. Les tout premiers aérodromes des années 1910-20 étaient aménagés sur le même schéma. Cette simplicité des lieux correspond à la simplicité de la pratique toute tournée vers le plaisir de la promenade aérienne, loin de l’angoisse de l’univers anonyme des aérogares modernes.


Le premier bâtiment que l’on remarque en arrivant, le " club house ", est une petite maison construite à côté du bar. Fraîchement rénovée, elle sert aux besoins administratifs du Club. Elle comporte dans un angle la tour de contrôle, matérialisée par sa baie vitrée et la radio utilisée lors des meetings aériens. Avant qu’il n’existe, le " club " se trouvait dans le bar, invitant chacun à boire un coup avant de voler, cimentant les relations entre les membres et entretenant la convivialité du Club; le fait qu’il en soit séparé maintenant lui donne moins de chaleur. Une carte d’aviation est affichée au mur, à côté du registre de vol et des clefs des avions; il y a aussi un tableau d’annonces, et dans un cadre suspendu à l’entrée le " Serment d’Icare " ... Les modélistes et les vélivoles possèdent leurs propres locaux, bricolés à l’intérieur des hangars, et qui servent à la fois d’espaces de rangement, de salle de réunion, de bureau, d’atelier pour la fabrication et la réparation des aéronefs.


Quand quelqu’un arrive à l’Aéro-club, il commence par serrer la main à tous ceux qui sont présents, hommes et femmes. Il regarde le temps, la manche à air, et décide s’il va voler ou non.

Si les conditions météorologiques ne sont pas suffisamment idéales, s’il y a trop de vent ou s’il pleut, il va boire un coup à la buvette, au " T6 " (du nom d’un ancien type d’avion militaire américain). Ceux qui travaillent à proximité de l’Aéro-club viennent souvent y déjeuner, face au grand planisphère qui couvre tout un mur et fait rêver de longs trajets jusqu’en Amérique du Sud. En hiver on installe la table devant la cheminée où brûle un bon feu et on déguste avec les copains une cuisine simple et familiale préparée par la tenancière. Derrière la baie vitrée une terrasse peut accueillir les pilotes et leurs familles quand il y a un rayon de soleil.


Les immenses hangars abritent à la fois les avions et les ateliers. En tôle ondulée et un peu rouillés, ils datent de 1930 et ont une charpente remarquable : les deux hangars accolés sont très larges, pourtant les poutrelles d’acier sont disposées de telle sorte que, par une habile composition des forces, il n’y a aucun pilier qui soutienne la voûte au centre, ce qui permet le rangement des avions de grande envergure. Le sol à l’intérieur est bétonné, ainsi que devant les hangars et jusqu’au bout du " taxiway ", piste en dur qui conduit au milieu du terrain d’atterrissage. Très exceptionnels, ces hangars devraient être classés un jour monuments historiques. Les vitres du haut se souviennent encore des mitrailles des chasseurs tirant en rase-mottes durant la Deuxième guerre mondiale : la trace des balles est restée dans le verre et la tôle. La brochure de l’Aéro-club commente qu’en 1965 les hangars se sont transformés en " cathédrale " le temps d’une messe solennelle avec bénédiction des aéronefs, révélant l’importance symbolique dont les pilotes les investissent: ces hangars sont l’écrin précieux de leurs avions, là où ils accomplissent presque rituellement tous les gestes nécéssaires à leur entretien, à la préparation des vols, etc. Tout vénérables qu’ils soient, ils n’en ont pas moins subi le passage de graffiteurs sur la façade arrière.

Comme dans un aéroport, la piste de décollage et les hangars sont interdits aux non-membres, par mesure de sécurité. On réprime avec sévérité ceux qui osent s’approcher de trop près des avions sans permission. Des pancartes disséminées sur l’aérodrome indiquent les autres interdictions comme une muette police des espaces (ne pas fumer près de la pompe à essence, ne pas s’aventurer sur la piste...). Par contraste, la piste est un espace de liberté. Cette grande étendue de gazon rappelle qu’on pratique ici un sport de plein air. Des daims, des lièvres et d’autres animaux la traversent souvent. Les pilotes remarquent le vol immobile des busards guettant une proie ou les apparitions d’oiseaux rares... D’une certaine façon, ils sentent qu’ils leur sont apparentés.

Les personnages
Être pilote, c’est faire partie d’une grande famille dont les limites dépassent les frontières. Cette pratique, liée à leur amour des avions et de tout ce qui touche à l’aéronautique, unit les membres du Club et établit la communion avec tous les autres pilotes français et de l’étranger. Les pilotes partagent le même système de valeur, qui tout en les haussant à leur statut de pilote, installe aussi une hiérarchie entre eux. La valeur d’un pilote, c’est son expérience, code international de reconnaissance dans ce milieu. Les pilotes déclinent leur nombre d’heures de vol comme s’il s’agissait de leur carte d’identité. Les élèves prennent des leçons avec le chef pilote ou l’un des instructeurs du Club - il faut environ 15 heures pour obtenir son brevet de base. Le jour où ils sont " lâchés ", prouvant qu’ils savent piloter sans l’instructeur à leurs côtés, ils entrent dans la grande famille des pilotes. On peut ensuite passer les brevets supérieurs, pour transporter des passagers, voler aux instruments sans visibilité... A partir de ce moment et à condition qu’il vole régulièrement, le pilote comptabilise soigneusement ses heures de vol, indicateurs de son expérience. Le chef pilote, qui pilote depuis toujours et par tout temps, a plus de 17 000 heures de vol à son actif, mais la plupart des membres ont seulement quelques centaines d’heures. De jeunes pilotes ayant dans l’aviation une visée professionnelle sont " stagiaires "; ce seront de futurs pilotes de ligne, ou des pilotes de chasse s’ils sont militaires, les premiers étant mieux payés, mais les seconds ayant le prestige. L’Aéro-club leur sert de tremplin à la carrière aéronautique. Leur brevet en poche, ceux qui ont un avion privé partent pour de grandes randonnées jusqu’en Afrique, en Italie, ou dans le Sud de la France ; les autres volent avec les avions du Club dans un périmètre restreint au-dessus de Besançon. Les anciens du Club, dont certains sont là depuis les années cinquante, essaient d’assurer une présence permanente au Club, au cas où, par exemple, des avions voudraient se ravitailler à la pompe à essence - c’est un devoir d’être présent pour les camarades en difficulté - mais surtout pour cultiver l’" ambiance aéro-club ", dont ils sont les détenteurs et qu’ils voudraient transmettre aux plus jeunes.


Les pilotes forment aussi une famille au sens strict : on est souvent pilote de père en fils. Le milieu familial a une influence sur le choix de ce loisir : quand le père ou l’oncle a été pilote, ou plus largement quand des membres de la parenté ou des amis proches ont touché de près au monde de l’aviation, il est courant que l’on devienne aviateur. Le plus jeune des élèves-pilotes de l’Aéro-club a avoué être l’arrière-petit-fils de l’instructeur de Saint-Exupéry : une illustre ascendance ! L’imaginaire familial impressionne sûrement les individus, de même le prestige de l’Armée de l’Air ou de l’Aviation Civile : quel rêve de devenir pilote de chasse ou commandant de bord sur un Boeing !

Il est courant que des pilotes pratiquent l’alpinisme et la voile, sports bourgeois mais aussi sports d’altitude et de vitesse, usant comme l’avion de la force des éléments naturels, de la mer, de la montagne. Certains ont bricolé leur propre bateau comme ils ont bricolé de toutes pièces leur avion. Il est à remarquer qu’en dehors d’une certaine ostentation sociale à être pilote, il y a aussi un goût du risque, de la hauteur, peut-être symbolique d’une hauteur sociale, significative d’une recherche de " distinction " selon le terme de Bourdieu, ou de l’aspiration à former avec l’objet technique un tout maîtrisé comme un prolongement du corps, un " montage " socio-technique comme le conçoit Marcel Mauss .


Le Club emploie un mécanicien pour entretenir les avions. Ancien militaire, il parle de ces avions comme de ses enfants. Il leur voue de tendres sentiments, connaît les " faiblesses " de chacun. Il vient les voir même pendant son jour de congé.

De nombreux membres possèdent leur avion privé, et la plupart l’entretiennent eux-mêmes. Certains pilotes l’ont construit eux-mêmes, alors qu’il aurait été moins cher de l’acheter d’occasion. Mais c’est incomparable : quand on conçoit soi-même son avion, il devient unique, toutes les pièces sont faites sur mesure. Les plans sont achetés, un peu modifiés ou complétés ; on acquiert le moteur et on le modifie un peu. Faire faire les réparations par un atelier serait très onéreux, explique-t-on. On bricole seul, en glanant éventuellement des conseils parmi ses amis. On s’approprie ainsi son aéronef, comme les motards font avec leurs motos, en fouaillant dans leurs entrailles. "
C’est sympa de l’entretenir. On préfère le faire soi-même, comme cela on est sûr que ce sera bien fait... C’est comme cultiver son potager. Aller à Carrefour acheter les légumes, c’est moins cher et moins fatigant, mais ce n’est pas la même chose... " Les pilotes sont d’accord sur ce point : dans l’Aéro-club, ils possèdent de " vrais " avions. Ce ne sont pas des Boeing qui ont l’air de bus, d’où on ne voit rien et où on ne sent rien en vol. Même si maintenant leurs avions ont tendance à être plus simples, plus policés, plus anonymes qu’avant, soupire le chef-pilote…

Les vélivoles

Parmi les pilotes, ceux qui pilotent les planeurs sont à part. Les vélivoles sont aux pilotes d’avion à moteur ce que les navigateurs en voilier sont aux pilotes de bateau à moteur.

Contrairement au vol moteur, le vol à voile est considéré comme un sport exigeant une fine perception de l’environnement aérien, des courants d’air ascendants, moteur du planeur. Il faut être en bonne condition physique.

Par rapport aux avions à moteur compacts et lourds, les planeurs ont l’élégance de leurs longues et fines ailes blanches ; n’ayant pas de moteur ils ne connaissent que peu d’ennuis mécaniques. Pour eux, il ne s’agit pas de parcourir une longue distance (sauf en compétition) mais de voler le plus longtemps possible, pour le plaisir de se trouver en harmonie avec cet environnement aérien.



Comme dans un sport collectif, les vélivoles cultivent la solidarité, l’entraide, le travail en équipe. On a besoin en effet d’être plusieurs pour mettre en route un planeur : il faut que quelqu’un tienne l’aile au décollage pour l’équilibrer et que quelqu’un d’autre pilote le remorqueur.

 Puis si le pilote a " fait une vache ", c’est à dire qu’il s’est posé dans un champ sans pouvoir retourner à l’aérodrome, les " copains " doivent amener la voiture et la longue remorque, éventuellement déménager les clôtures en chemin ou couper les barbelés, s’épuiser en manœuvres compliquées pour passer avec l’encombrante remorque dans les petits chemins caillouteux et les virages serrés, car il arrive que le beau champ aperçu du ciel par le pilote soit en fait un endroit presque inaccessible en voiture. Un dépannage peut prendre toute une journée, il arrive même que le retour se fasse à deux heures du matin, à l’épuisement général.

Ces histoires de vaches sont rocambolesques. Certains aviateurs du Club se sont vachés en plein centre ville à Dole, d’autres dans le creux d’un torrent, broyant le planeur en mille morceaux. Parfois, si c’est un beau champ, et que toutes les conditions de sécurité sont respectées, le remorqueur vient lui-même chercher le planeur. Le lendemain, celui qui s’est vaché doit payer une omelette géante bien arrosée aux braves copains qui l’ont secouru. Les histoires que l’on transmet ainsi font la culture et le " folklore " des vélivoles, l’occasion de faire durer le plaisir en les racontant encore et encore...

Il y a tout sorte d’histoires drôles ou mystérieuses sur les avions eux-mêmes et les péripéties que les pilotes ont eu à leur bord. Parmi les moments les plus forts, ces derniers racontent les peurs bleues qu’ils se sont faites en vol : l’entrée par accident dans un nuage qui n’en finissait pas (c’est très dangereux : on peut percuter un autre avion), un atterrissage difficile dans les montagnes suisses, mais aussi des émotions agréables comme l’accueil chaleureux d’une hôtesse sur l’un des aérodromes visités, la beauté du paysage enneigé d’un autre terrain d’atterrissage, découvert à la descente d’avion...

Les vélivoles ont en permanence dans leur local de quoi festoyer. Bières fraîches et victuailles servent à réconforter le groupe resté à terre dans le froid - ou la chaleur - pour garder le contact radio avec le vélivole et attendre son tour, pendant que le copain évolue en lentes spirales ascendantes. Durant ces longues attentes, on joue aux cartes, on discute, ce sont des heures qui soudent le groupe. Le président de l’association, forte personnalité, professeur d’expression à l’université et acteur de théâtre, a l’art et la manière de raconter les histoires de vaches et les autres aventures extravagantes et loufoques qui n’arrivent qu’aux vélivoles.

Compte tenu de son moindre coût et de sa dimension sportive, le planeur est pratiqué par une population plus jeune et moins fortunée : les étudiants. Souvent, le père pilote un avion à moteur tandis que le fils pilote le planeur. Cela correspond à une sorte d’ascension sociale que d’accéder au pilotage des avions à moteur. Le président rappelait d’ailleurs les vertus éducatives du vol à voile : " il faut se botter les fesses pour monter dans un planeur " ; il faut du temps et de l’énergie pour s’en occuper, le ranger, le nettoyer, le mettre sous housse, récupérer les vaches, et tout le reste. Autres passionnés d’aéronautique mais plus discrets, les Aigles Comtois modélistes se différencient du " vol grandeur " principalement par le budget investi : trois mille francs suffisent pour s’offrir un modèle réduit de taille moyenne, qu’ils construisent ou achètent comme les autres pilotes. Ils pratiquent le soir, sur la pelouse à l’extrémité de l’aérodrome, à des horaires définis par les règlements municipaux à cause du bruit. L’aérodrome de La Vèze organise régulièrement des meetings de modélisme où l’on exhibe toute sorte de modèles de planeurs, d’avions à moteur. Les modélistes font bon ménage avec les pilotes d’avions grandeur nature, même s’ils ne les voient pas beaucoup; ils y comptent des amis. Les pilotes d’ULM sont encore plus discrets, ne pilotant que le week-end leurs " tondeuses ".


L’activité de pilotage
Piloter dans l’Aéro-club est une activité de loisir, un sport.


L’association permet une grande liberté de pratique à ses membres : il suffit de s’inscrire sur le registre, de prendre les clefs de l’avion, de procéder au tour d’inspection de l’appareil pour s’y installer et décoller sans autre formalité pour une petite excursion au-dessus de Besançon, par des conditions météorologiques qu’on choisit les meilleures. On vient voler quand on a le temps, à l’heure du déjeuner, ou après le travail, ou le week-end seulement. On peut aussi prendre des leçons àtoute heure du jour. Il arrive qu’on parte en groupe faire la fête à 100 km, en Suisse ou en Allemagne, afin d’entretenir les relations avec les aéro-clubs des environs, par delà les frontières. Plus rarement, on fait des randonnées aériennes jusqu’en Afrique. On " budgette " le voyage, puis on le réalise en s’y mettant à plusieurs. Certains font de la compétition de voltige ou de vol à voile.



Les mots

Voler est une sensation particulière qui donne un plaisir intense,
une détente délicieuse.
Les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des pilotes sont "
rêve ", " plaisir ", " passion ".

Être en l’air, "
partir la tête dans les nuages ",

c’est se dégager des ennuis terrestres, de la pesanteur quotidienne pour évoluer en toute liberté dans les cieux.

Certains qualifient cet état de "
prise de conscience métaphysique ". " On oublie les soucis, on est tranquille, la terre devient toute petite, les soucis restent en bas ".

 En l’air, on se sent le maître, on se laisse griser par l’altitude,
" comme si l’on escaladait le Pic du Midi. "

 Le pilote, en s’élevant dans les nuages, quitte tout d’un coup la société des hommes ordinaires, et en intègre une autre, privilégiée, qui le rend condescendant pour ceux du sol, les "
rampants ".
 Dans les airs, il peut se prendre pour un demi-dieu, de ceux qui ont des ailes comme les anges ou les Walkyries. C’est en l’air qu’il peut entrer dans la légende, alors que les terriens restent collés au sol, englués dans leurs problèmes .


La dimension onirique imprègne l’imaginaire du pilote qui se définit lui-même comme un rêveur et un aventurier.

 Il aime raconter ses exploits aux autres, il prend le temps de le faire, un verre à la main (le bar prépare spécialement des cocktails sans alcool pour rester suffisamment sobre aux commandes de l’appareil).

Chaque pilote ajoute ainsi sa pierre au corpus mythologique transmis de génération en génération de pilotes. Ceci explique l’existence d’une très riche littérature sur l’aviation et les exploits aéronautiques en général, à commencer par Saint-Exupéry, Richard Bach et bien d’autres.


Par contraste, le pilote doit être d’une grande rigueur dans le respect du règlement, la vérification de l’avion, la check-list. C’est une question de vie ou de mort, car une panne en plein ciel peut être fatale. La courte inspection générale qui précède obligatoirement le départ est aussi un moyen de s’approprier symboliquement l’aéronef, quand il ne lui appartient pas personnellement : tout pilote "
fait le tour " de son avion avant de partir, que ce soit un Boeing ou un petit biplane, pour s’assurer que la direction marche bien, qu’il ne manque pas une vis ici ou là...
Les aviateurs disent volontiers qu’ils pilotent " avec leur cul ", résumant de façon truculente ce rapport intime qui relie le pilote à sa machine, un contact tactile, sensitif, direct. Le pilote, assis sur son siège, avec aux pieds le " palonnier " (les pédales) et tenant dans la main le " manche à balai ", ressent profondément dans son corps toutes les trépidations de l’avion, les soubresauts de la machine, ce qui lui permet de comprendre les réactions de l’aéronef à l’environnement et de le guider. Aux débuts de l’aviation, alors que les avions bondissaient plus qu’ils ne volaient encore, les pilotes devaient être des athlètes chevronnés pour réussir à faire décoller leurs engins. Emmanuel Chadeau dans Le rêve et lapuissance raconte " l’art du pilotage " que c’était à cette époque. " Maintenant c’est de la voiture ", dit le chef pilote, ce n’est plus si extraordinaire de voler. Pourtant il reste ces " sensations " particulières, d’autant plus fortes que l’avion est petit. Les pilotes de ligne ont à cause de cela moins de plaisir à voler. L’automatisation du cockpit y rend la présence du pilote à peine nécessaire, l’ordinateur étant capable de manœuvrer seul, et l’avion est tellement lourd et massif que cela atténue toute sensation de voler. En résultat, ils sont assez frustrés et s’inscrivent dans un aéro-club pour voler dans de " vrais " avions.


Pas même le danger ne vient entacher le plaisir de voler. D’après les pilotes, il est minime : " La phase la plus dangereuse est entre chez vous et l’aérodrome. On a plus de chance d’avoir un accident en voiture qu’en avion ". Ils insistent sur les qualités de lucidité que possède le pilote, pour agir vite dans les moments critiques, sur sa maîtrise de la machine.


Pour ceux qui n’ont jamais été à un meeting aérien, voici un exemple d’évolution spectaculaire en planeur, il s’agit des " vrilles " : "
sacrée sensation, l’aile qui est en haut décroche en premier, et on passe sur le dos tout d’un coup. Au début on a très peur, ensuite on en refait. Le must est de déclencher sa vrille et de savoir l’arrêter, le nez exactement à tel endroit. Là on commence à prendre son pied, quand on maîtrise vraiment l’avion. L’homme dépasse alors l’oiseau car on n’a jamais vu d’oiseau sur le dos ".

Le parler des aviateurs
Le discours des pilotes conjugue un jargon technique aéronautique et un argot propre aux aviateurs. Ces expressions se transmettent à partir d’anecdotes enjolivées. En voici quelques échantillons.



L’alphabet aéronautique : Alpha, Bravo, Charly, Delta, Echo, Fox(trot), Golf, Hotel, India, Juliette, Kilo, Lima, Mike, November, Oscar, Papa, Quebec, Romeo, Sierra, Tango, Uniform, Victor, Whisky, X-ray, Yankee, Zoulou.
On indique l’immatriculation des avions par des mots au lieu de lettres simples (l’avion du Club dont le code est MZ s’appelle Mike Zoulou). Ces associations de lettres et d’images créées par les aviateurs (de langue anglaise), évoquent certains thèmes : les voyages lointains (Lima, capitale du Pérou, le Québec, la Sierra...), l’aviation américaine (Yankee, Charly...), l’armée (l’Uniform, les X-ray de la visite médicale...), la gloire et la célébrité (Bravo...), l’héroïsme (Oscar, Victor...), les bars (Whisky, Hotel, Tango...), les aventures amoureuses (Roméo et Juliette...), la peur (Papa...), l’excentricité (Zoulou...). Les tours de contrôle utilisent toujours ces codes, et le non-initié qui dans le cockpit de l’avion écoute ces conversations radio, avec ces noms exotiques mêlés d’indications très techniques, tombe dans un surréalisme inattendu.


Autre thème de conversation, l’environnement aérien, quand il n’est pas décrit avec un jargon scientifique (phénomènes météorologiques, aérologiques, orographiques, ascendances turbulées, etc.),
apparaît dans les expressions comme un gigantesque tube digestif qui malmène l’avion : on parle de
dégueulantes (un trou d’air ou courandescendant ; le contraire est une pompe) ; s’écraser, c’est se vomir. Cet environnement aurait même des caractères sexués, comme la biroute, la manche à air. Une belle météo, avec de très bonnes conditions de vol, c’est un temps de curé. Pour les planeurs, quand il y a de belles ascendances, on dit que ça pompe des plaques d’égout (les courants ascendants sont tellement forts qu’ils pourraient soulever ces lourdes plaques de fonte). L’ascenseur à couillon, c’est quand la forme de la pente provoque une ascendance qui permet de rester en l’air sans se fatiguer. Quand le planeur parvient à rester en l’air, on dit qu’il accroche (au plafond).


 Un avion
décroche quand sa vitesse ne lui permet plus de voler (en dessous de 60 à 80 km/h avec les avions du Club).
L’évolution de l’avion dans les airs se traduit par les termes suivants : avoir du Badin, c’est aller vite, le contraire d’avoir un Badin dans le coma : l’avion ne va pas assez vite et risque de décrocher (le Badin porte le nom de son inventeur, c’est un petit appareil qui mesure la vitesse, appelé aussi anémomètre). Avoir un Badin joufflu, c’est prendre trop de vitesse. Un avion sur la tranche : fortement incliné, il commence à prendre de l’accélération ; faire un virage en table de bistro, c’est faire un virage facile où l’avion reste horizontal, car le pilote est peu expérimenté et a peur de faire tomber l’appareil . En voltige, se retourner la crêpe, c’est passer sur le dos; prendre une gamelle, c’est quand on ne contrôle plus l’avion pendant un court moment; faire une patate, c’est rater un looping. Aller aux pâquerettes, faire du rase-bitume, du radada, raser les moustaches (les pilotes sont censés arborer de belles moustaches), c’est voler au ras du sol, en rase-mottes, ce qui est interdit car trop dangereux.


Phase finale du vol,

 l’atterrissage est investi d’une importance spéciale pour le pilote : premièrement il sait qu’il est "
sauvé ", deuxièmement il lui faut terminer en beauté car cela impressionne les camarades et " c’est très satisfaisant " pour l’amour-propre. Pour cela, il y a toutes sortes de façons de qualifier le style de l’atterrissage, le sien ou celui des autres. Quelqu’un qui se pose trop loin ou trop long a mal calculé sa vitesse d’atterrissage : il a effacé toute la piste, ce qui est ennuyeux car il ne laisse plus de place pour se poser ensuite, comme si la piste avait disparu sous l’avion (il faut remettre les gaz, et refaire toutes les manœuvres). Quelqu’un qui a oublié de sortir le train d’atterrissage se vautre sur le gésier, au grand amusement des autres. Quelqu’un qui se pose doucement, sans rebond, l’atterrissage parfait, se pose sur des oeufs ; le contraire, c’est emboutir la planète ou avec plusieurs rebonds faire un atterrissage de colonel (" Je t’en compte trois ! " : les spectateurs ne manquent pas ensuite de donner leur appréciation). Il arrive qu’on redécolle pour exécuter un atterrissage plus réussi.

Un " montage " socio-technique Comme nous l’avons vu précédemment, dans l’Aéro-club les pilotes sont très proches de leurs avions. Ils entretiennent un rapport physique et corporel à la machine. Ils en sont tellement proches qu’ils finissent par se fondre avec eux.


En apparence, il y a peu de ressemblance entre le pilote, matière vivante et pensante, et l’aéronef, masse de métal et de plastique inanimée. Mais du point de vue social et de l’imaginaire, la différence est déjà beaucoup moins nette.


En premier lieu, le langage des pilotes montre leur tendance à animer la machine (littéralement, à lui donner une âme), et au contraire à se transformer eux-mêmes en machine, par une sorte d’homogénéisation de la matière dans le tout compact, dans l’unité de sens que forme le pilote avec (dans) son avion.

D’autre part, dans l’organisation sociale du Club, il est clair que n’importe qui ne conduit pas n’importe quel avion, que ceux-ci, loin d’être seulement manipulés, sont aussi des acteurs sociaux, ce qui amène à penser l’objet comme un " hybride socio-technique ", selon le mot de Bruno Latour .


L’avion, dans l’imaginaire langagier des pilotes, est logiquement apparenté à la famille des oiseaux, mais c’est un oiseau au corps hybride : les coucous de Thise ont des plumes aux ailes, un gésier, une queue. Par ailleurs, ils n’ont pas de bec mais un nez, pas de bouche mais des cure-dents (l’hélice) comme les hommes. Ils ont même des poux : un morpion de carlingue est une personne qui ne rate pas une occasion de faire un tour en avion. Un avion qui grimpe aux arbres, comme s’il avait quatre pattes est un avion qui a une forte puissance ascensionnelle.


Un planeur qui a du mal à s’élever
gratte ou morpionne la pente. Les planeurs se reposent, comme les petits d’homme, dans des berceaux. Une observation plus poussée aurait pu peut-être faire apparaître une anatomie plus sophistiquée de l’avion, comme c’est le cas pour le kayak dans l’imaginaire esquimau : une partie se nomme la vulve, une autre le pénis, etc. .


Ces mots tirés du registre animalier ou humain et transposés à l’avion tirent leur origine, évidemment de leur ressemblance avec des éléments de l’avion, mais surtout de la représentation globale que le pilote a de sa machine : prolongement de son bras, outil obéissant par l’intermédiaire duquel le pilote est mis en contact avec son environnement aérien et peut apprendre à le connaître, jouer avec, comme l’aveugle explore le monde avec sa canne. L’avion est en ce cas le membre qui manque à l’homme pour voler, et qui, depuis son invention, le complète enfin.

D’autres expressions montrent en effet que le pilote élargit son enveloppe corporelle à la carcasse de l’avion ; alors le pilote et l’avion font un.

En atterrissant doucement, sans rebond, l’avion fait
un kiss landing, il embrasse le sol, comme un geste tendre du pilote pour sa terre nourricière.
L’avion qui se pose trop loin devient un monstre vorace :
il a bouffé toute la piste ! On dit que ça booste aussi bien pour un pilote en forme que pour un moteur qui marche bien. Un bel avion devient digne de qualités humaines, ou du moins animales. Par contre, un mauvais avion redevient de la matière inerte, une machine (ce qu’il n’a cessé d’être) : un tacot, une trapanelle, une lampe à souder, un fer à repasser lourd et peu maniable.


Parallèlement à l’animation de la machine, le vocabulaire des pilotes laisse apparaître une " machinisation " de l’homme.

On dit par exemple pour un pilote qui n’a pas l’air dans son assiette qu’
il n’a pas tous ses tours (de moteur) ou bien qu’il marche en IFR (Instrument Fly Rules : sans visibilité, vol aux instruments, au radar), qu’il ne contrôle pas tous ses paramètres.

On appelle les pilotes âgés de
vieilles tiges (...de fer ; ce n’est pas péjoratif : il existait l’Association des Vieilles Tiges à Thise).


Ainsi, dans leur imaginaire, les pilotes forment avec leur avion un tout. Par osmose, ils se transmettent réciproquement leurs caractéristiques : l’avion devient humain, et l’homme devient une machine sophistiquée.


Familiers du Club, objets d’investissements émotionnels grandissant avec les années (chaque membre se souvient des péripéties de tel ou tel avion du Club), les avions quittent rapidement leur statut de marchandise importée pour devenir membre du Club à part entière. L’achat d’un avion est une affaire qui concerne tout le Club ; chacun des membres peut dire son mot. Il aurait été intéressant de comprendre comment se porte le choix sur tel ou tel type d’avion, quels enjeux sociaux se nouent. La construction de l’avion dans le hangar ne crée-t-elle pas de nouveaux liens entre les membres ? Elle pourrait presque prendre la forme d’un chef-d’œuvre compagnonnique, consécration de la carrière de pilote. Ceux qui finissent par posséder un avion acquièrent grâce à lui un autre statut social.


Conclusion

Appartenir à l’Aéro-club de Thise, et plus largement être pilote, c’est faire partie d’une micro-société qu’une sociabilité spécifique lie au monde de l’aéronautique. Les pilotes ont le sentiment de faire partie d’une grande famille, au sens figuré comme au sens propre, puisque on est souvent pilote de père en fils. Leur point commun est la passion de voler. Désir de distinction et souci de transmission y sont intimement mêlés. A Thise, on pérennise l’histoire, dans la tradition des premiers aviateurs, à l’abri de hangars vénérables. De nombreux membres inscrits depuis plus de vingt ans sont les gardiens de la culture du groupe.

Pourtant, on peut se demander comment se combinent continuité et évolution de l’Aéro-club avec les événements politiques et économiques de la région. Y a-t-il changement social ? Le terrain d’aviation est de façon latente menacé par la promotion immobilière, les pilotes de ligne, autrefois les stars du système, connaissent le chômage, on cherche à muséifier le hangar, à lui donner le statut de monument historique pour le préserver du temps, le transport aérien se démocratise et se transforme à grande vitesse... La région de Besançon est riche en aérodromes. Il y en a huit : Dijon, Vesoul, Belfort, Pontarlier, deux à Mulhouse, et deux à Besançon. Peut-être sont-ils même en surnombre ? La réglementation, d’après le chef pilote, est de plus en plus contraignante et tend à tuer l’aviation légère en augmentant sans cesse les coûts de vol. Cela va devenir trop cher pour les petits propriétaires. " On fait faire des tours de piste réglementaires, explique-t-il, des approches de type avion de ligne, plus plates, avant l’atterrissage ; on oblige les avions à circuler dans certaines zones, les équipements sont de plus en plus coûteux (transpondeur, radio, etc.). Cela peut dissuader les gens de faire de l’avion. " De plus, des lobbies se forment contre les aérodromes à cause des nuisances sonores ; les gens qui ont nouvellement emménagé aux alentours sont les plus irascibles. La croissance de la ville, l’encombrement des voies aériennes, etc. rendent la survie de ces aéro-clubs incertaine.

Mais tous ces obstacles sont-ils des menaces réelles ou viennent-ils renforcer la beauté de l’envol, vrai défi à toutes les pesanteurs ?












Par Juliette - Publié dans : Histoires et récits des vols - Communauté : Loisirs & Passions
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Samedi 31 octobre 2009
http://surlezinc.blogs.com/jcp/2007/03/vol_voile_prtem.html
cet article est tirée du blog "Sur le Zinc", le blog de Jean-Claude Petit, artiste peintre aéronautique et auteur. Merci Jean Claude ;-))  Un mois après avoir rencontré Jean Claude sur le net, j'apprends le décès de cette figure  historique. Artiste peintre bien connu du monde de l'Armée de l'Air, n'hésitez pas à aller sur ces blogs pour découvrir son esprit hors du commun:  http://surlezinc.blogs.com/jcp/  
 
dégustation de son talent d'écrivain:

 

 

 Vol à voile, prête-moi tes plumes...

On ne dira jamais assez combien le vol à voile est une école qui forme des aristocrates au sens noble du mot.

Une école de talent, de dépassement de soi, d'intuition et d'intelligence, de science aérologique, de sérénité, de poésie et de contemplation. Car tenir des heures en l'air, sans le secours de l'énergie pétrolière une fois le câble largué, ne relève pas du miracle, mais bien de toutes ces qualités humaines combinées.

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Ambiances planantes

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La bucolique

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Vous êtes sur un terrain dégagé, silence. Vous entendez vaguement une alouette chanter dans le lointain. Et puis soudain, un sifflement comme une plainte, des hurlevents estompés. Vous levez la tête en direction de ces sirènes. Et c'est un planeur qui épuise sa dernière énergie avant de rejoindre la branche du circuit d'approche, dite vent arrière.

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Vous ne le quittez plus des yeux. Il vire majestueusement, car tout, dans le planeur, est majesté, j'allais dire

Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté

Courte étape de base, dernier virage, il est aligné. Deux taches rouges émergent de ses fines ailes: les aérofreins. Nez bas il file encore, rase le gazon et puis touche. Bruit de roue, blam blam blam...Il s'immobilise. Une aile s'incline doucement, pose délicatement son extrémité dans l'herbe tendre.

Quelqu'un ou quelque une a volé.

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La compétitive

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Parfois, c'est une tout autre histoire. Vous êtes sur un terrain plein comme un oeuf de caravanes, de tentes et de remorques. Un camp de gens du voyage ailé. Allemands, Suisses, Hollandais...

Vous voyez quelque chose de fin et blanc se pointer à l'horizon lointain. Pas de doute, c'est une grande plume. Et elle va vite. Elle se rapproche au ras du sol. Combien? Un bon 200 à l'heure? Probable. Les plumes sont incurvées vers le haut. Sifflement crescendo. Et puis le fuselage lâche un brouillard d'eau qui se disperse en voile vaporeux.

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Crédit photo Daniel Saint Sanvain (D520) sur Tagazous où vous verrez cette splendide image en très grand

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Le planeur amorce alors une vertigineuse et majestueuse remontée. Les ailes ploient un peu plus, la vitesse décroît. Virage en U, finale. Le fin du fin est que le planeur s'est posé non loin de la caravane où s'amusent quelques gamins. Certains sont déjà dans le bain...

Papa ou Maman sont de retour. Peut-être ont-ils battu un record de durée ou de distance ou de gain d'altitude. Ils sont fous ces parents...

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L'énergie, tout est là !

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Cliquez, ça booste !

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Il y a quatre sortes d'énergie utiles au vélivole.

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L'énergie potentielle

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Une certaine masse à une certaine altitude. Plus on est haut, plus il y en a. Faites le calcul, ça descend tout seul. Mais comme les planeurs sont de plus en plus fins, ils rallongent le point où ils vont toucher terre et le plancher des vaches. Car c'est faire "une vache" que de se poser en campagne dans un champ quelconque, mais bien choisi pour éviter tout dommage.

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Schleicher ASK 13

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Certains planeurs frisent ou atteignent aujourd'hui une finesse de 60. Dingue!

L'ASK 13 des années 66/80, n'obtenait qu'une finesse 27, ce qui ne l'empêcha nullement d'effectuer de belles distances.

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Crédit photo Aéro Club d'Evora (Portugal, Alentejo)

Là, ça monte encore un peu, c'est du zéro positif au variomètre.

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L'énergie thermique

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Rushmore II, Acrylique JCP sur papier 60 x 40.

Disponible. Conditions, voir ma Galerie Air

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C'est la plus mystérieuse. Elle est contenue dans l'air et se visualise grâce aux nuages dont la forme, la position, l'imbrication est une mine de renseignements pour le vélivole.

Pour faire simple, sous un petit cumulus, il y a des chances que ça monte quelque part. Mais ce qui monte descend aussi. Et c'est là que se manifeste l'art d'utiliser les mouvements convectifs du chaudron de sorcière.

Y pas de'hélice, hélas, c'est là qu'est l'os,

disait fameusement Bourvil dans La Grande Vadrouille où il s'échappait en planeur avec l'encombrant De Funes, au nez et à la barbe de la Wehrmacht.

Les oiseaux sont très bons en vol à voile, tels les vautours, les aigles, les cigognes...(Voir note en fin d'article sur Michel Mouze).

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Par temps "fumant", il y a de la joie dans l'air...

Montage JCP

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L'énergie dynamique

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C'est de l'énergie éolienne dirigée dans le sens qui intéresse le vélivole ou le goéland.

Pourquoi croyez-vous que les planeurs "astiquent" les pentes des montagnes aller-retour sans se lasser? C'est parce que le vent, rencontrant la pente, monte, monte et redégringole de l'autre côté, celui qui n'intéresse personne.

Ce vent peut être dû à la différence d'énergie qui existe entre la pente exposée au soleil et celle à l'ombre. Adret, ubac.

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Effet_de_pente_opt

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Il peut être dû tout simplement à son orientation générale. Un mistral rencontrant les Alpilles intéressera toujours les vélivoles, même si le fond de l'air est frais. Alors qu'un vent nul un plafond bas...

Le goéland joue au même jeu à l'aplomb des falaises. Qui n'a pas vu de goéland émerger soudain du vide, immobile mais montant, frétillant des rémiges, puis filant comme le vent au sommet pour revenir taquiner l'ascendance iodée qui fouette la craie, fait cheminée, puis meurt en caressant les bruyères.

On a le même spectacle à Challes-les Eaux, sous La Croix du Nivolet. Pas de goélands, mais des planeurs qui jouent au goéland.

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L'énergie ondulatoire

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Elle est voisine de la précédente, mais elle se manifeste par effet d'onde générée par le vent sur le relief. Elle peut être redoutable, au sens efficacité du mot.

J'en connais un qui s'y connaît. Il est jeune retraité. Il s'est acheté un planeur motorisé au lieu de faire construire une piscine qui est une source de tracas et un gouffre à budget.

Quand il voit de petits bérets blancs s'empiler sur la montagne, il fonce au terrain, sort son planeur à décollage autonome. En 200 m de course, il est en l'air. Et il grimpe, grimpe sous les bérets basques, les nuages d'ondes, dits lenticulaires du fait de leur forme de lentille.

Son planeur est un 18m d'envergure. Sa finesse est de 50. Dès que l'onde lui assure un vario bien positif, il coupe et rétracte le moteur qui se loge dans le dos. Ni vu ni connu. C'est un planeur. Il se place face au vent, ajuste sa vitesse propre à celle du courant. Silence, on vole! Vitesse sol quasi nulle. Il encaisse des + 5m/seconde et à ce train là, on est vite à 5000 m. Oxygène nécessaire. Mais qu'importe le masque pourvu qu'on ait l'ivresse!

Lisez au passage ce court article relatif au phénomène, observé sur "La Montagne de Reims", une montagnette de 250m. Beau record, mais rien à voir avec les vols d'onde sur la Cordillère des Andes où s'est illustré Steve Fossett avec ses moyens ahurissants. Mais ce n'est déjà plus du vol à voile, c'est du cosmonautisme.

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Steve_fossett_opt

Steve Fossett et Einar Enevoldson, 30 août 2006. 59 699 pieds (15 453 m) atteints à bord d'un DG 505 modifié: pressurisation et chauffage pour endurer les - 57°C à cette altitude.

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Dis, JCP, peins-moi un planeur...

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Un comme ça?...

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Crédit photo Aéro Club de Gruyère

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...ou un comme ça?

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Crédit photo Aero Club de Gruyère, mais c'est un montage JCP

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Ou bien un que personne n'aurait encore jamais vu?

Un comme en pratique et en a magnifiquement photographié Vincent Daudon?

C'est sur le forum TARMACS.

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Crédit photo Vincent Daudon

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Crédit photo Vincent Daudon

Ou enfin une échappée dans le monde merveilleux et secret des vélivoles à plumes et à toile...

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Esquisse légère...composition en X

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Notes:

A lire ou relire Vol à Voile et Vol-au-Vent: la recette. Un billet que j'avais écrit pour mater (du verbe ibérique matar) ma nostalgie du Pays basque et du vol à voile. Itxassou, pays des cerises et du vol à voile, pratiquement l'unique aérodrome du Pays basque à l'exception de Biarritz Parme.

A lire sans retenue l'extraordinaire reconversion d'un biologiste dans l'observation des oiseaux, en tant que vélivoles: Michel Mouze nous conte l'extraordinaire talent naturel du vautour fauve appliqué au vol à voile. Contact est pris: nous correspondons.

Un autre pro du vautour fauve, Alain-Marc, parapentiste. Voir son site enchanteur l'Aquarelliste en voyage.

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Par Juliette - Publié dans : découverte vol à voile - Communauté : aéromodélisme
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Samedi 31 octobre 2009


Vous avez dit passion?

http://www.youtube.com/watch?v=ypyqXHCRPtY&feature=related

Marc Lasalle, un pilote parapente essaie de mettre en mots ce que nous pouvons ressentir en vol, ce qui nous passionne tant en vol,
ce qui nous charme tant.
 Cette réflexion résonne   tellement fort pour moi, 
 que je n'ai pas hésité
à la citer
et la placer dans mon blog sur le vol à voile!  

Pour les impatients, pour ceux qui sont venu pour les  explications techniques, allez à l'article 2: "la mécanique ludique"!



Laissons parler Marc, merci Marc pour cet article tellement bien écrit!
 

Je quitte le Mont Veyrier et je pars en transition vers le Semnoz.
 L'air est particulièrement calme, la lumière magnifique.

 Sous mes pieds, quelque 2000 mètres plus bas, défilent lentement la ville d'Annecy à ma droite et le célèbre lac à ma gauche.

 Un immense sentiment de plénitude et de joie m'envahit alors et je me demande avec quels mots je vais pouvoir tout à l'heure communiquer à mes amis mes sentiments lorsque j'aurai atterri.

 Quelle parole peut-elle, sans trahir la réalité, témoigner de l'intensité de ce que nous avons l'immense privilège de ressentir ?


Je serai tenté sans doute, comme cela est souvent le cas, de mettre en avant les émotions esthétiques qui sont en effet les plus faciles à faire comprendre : la vue sur le lac et sur les rangées de montagnes se succédant jusqu'à l'horizon était si belle,

les sillages des bateaux dessinaient de fines dentelles argentées sur l'étendue immense de l'eau immaculée du lac, tout le massif du Mont-Blanc était éblouissant de glaciers scintillant au soleil, le survol de la ville d'Annecy était magique, etc.


 Bien sûr, tout cela correspond à des émotions réellement ressenties pendant ce vol, mais est-ce bien là la source du sentiment de plénitude évoqué plus haut ?



Analyser la joie ressentie dans la pratique des sports de nature à travers la beauté de ce qui est vu me semble en fait très réducteur et déformant. Les alpinistes gravissent-ils les montagnes avec pour objectif principal la vue qu'ils auront du sommet ? Il suffit, par exemple, de demander aux centaines de candidats qui se pressent chaque année en espérant atteindre le sommet du Mont Blanc s'ils préfèrent atteindre celui-ci un jour où la visibilité est masquée par le brouillard, ou bien s'arrêter, à cause de la fatigue, au Dôme du Goûter un jour de grand beau temps avec une vue magnifique ?


Ainsi je pense que les émotions esthétiques sont bien sûr présentes et recherchées dans la pratique de nos activités sportives dans la nature, mais elles ne constituent pas fondamentalement le moteur de notre passion, ni l'objectif premier de nos projets. Elles sont la cerise sur le gâteau, mais elles ne sont pas le gâteau !


Quelles sont donc alors les raisons qui nous font tant vibrer ?





Le fait d'atteindre le but que l'on s'est fixé (tel parcours réussi en volant, tel sommet en montagne enfin atteint, telle voie d'escalade réussie, etc.) est-il ce noyau constitutif de l'intensité des émotions ressenties en pratiquant telle ou telle activité ?



Nous savons bien tous qu'il n'en est rien !

 Si cela était le cas et si le simple fait d'atteindre l'objectif que l'on se donne était la source de la joie que l'on éprouve,
 le plaisir devrait alors être le même d'effectuer son premier grand vol en solo ou en biplace, de boucler tel triangle de 50 km en paramoteur ou en parapente, d'atteindre le sommet du Mont Blanc à pieds ou en hélicoptère, de franchir le Col du Galibier en vélo ou en voiture, etc.


Même si celui-ci est bien sûr important, le but lui-même n'est pas vraiment l'essentiel, et, comme pour la plupart des activités humaines, c'est le chemin qui y mène et les moyens utilisés pour l'atteindre qui apportent le sens, le sentiment de création personnelle et la satisfaction d'avoir réussi à faire les choix nécessaires tout au long du chemin que l'on avait choisi pour atteindre l'objectif visé.


 Gandhi disait déjà : "La fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la semence."























Alors, tout en admirant la ville d'Annecy défiler lentement sous mes pieds, je me remémore les moments qui m'ont permis d'arriver là où je me trouve.


Une heure plus tôt, je me trouvais au décollage de Coche Cabanne à côté de La Forlaz; c'était alors la deuxième fois que je décollais à partir de ce site. Une fois en l'air, je me souviens avoir cherché assez longtemps à prendre de l'altitude, alors que je voyais très haut au-dessus de moi des voiles qui partaient rapidement en cross. Je sais bien qu'il faut parfois s'éloigner du relief pour trouver les bonnes ascendances. D'ailleurs j'ai vu deux pilotes, sans doute habitués du site, décoller, partir tout droit en s'éloignant du relief, accrocher le premier thermique rencontré et quitter les lieux par le haut juste après avoir décollé.



J'ai cherché à les imiter, mais je n'ai su ni repérer ni rester dans les ascendances et je suis retourné au relief sachant que là, même si on ne monte pas, il est au moins facile de ne pas descendre ...

Petit à petit, j'ai quand même réussi à m'extraire de la zone de départ et à rejoindre la Pointe de la Rochette puis le Rocher du Roux. Impatient de poursuivre, je n'ai pas fait le plafond nécessaire et je me suis engagé trop bas dans la transition vers le Lanfonnet pour me retrouver à nouveau les pieds dans les sapins !


Cependant, tout a soudain basculé : j'ai rejoint le pied de la falaise, en deux allers-retours je me suis retrouvé au-dessus, transition immédiate vers les Dents de Lanfon puis vers le Mont Veyrier où, depuis l'altitude de 1600 m,

 j'ai trouvé une ascendance incroyable, large et régulière qui m'a hissé d'un seul coup à la vitesse de six mètres par seconde jusqu'aux barbules à 2500 m, d'où je suis parti en transition vers le Semnoz pour essayer de boucler le tour du Lac (que je ne réussirai d'ailleurs pas ce jour-là, mais ceci est une autre histoire ...).


 En me rappelant ainsi ce début de vol, il devenait clair que l'intensité de l'émotion ressentie venait précisément de ce qui s'était passé avant :

difficultés rencontrées au début du vol, puis,
 à force de motivation et de patience,
 réussite dans la phase initiale,
suivie elle-même d'une grande impression de facilité
au fur et à mesure que le vol se déroulait.
J'avais réussi à utiliser mes modestes
 compétences techniques
pour me diriger vers l'objectif que je m'étais fixé.


Cette superbe transition entre Veyrier et Semnoz constituait ainsi
en quelque sorte l'aboutis- sement
et la concrétisation de l'énergie
et de la motivation qui avaient nourri le début du vol.


Comme pour l'alpiniste atteignant le sommet désiré ou le grimpeur franchissant enfin le passage difficile qu'il convoitait, je pense que le sentiment profond ressenti est bien davantage de l'ordre
de la conquête plutôt que de celui de la contemplation.

 
Il ne faut pas prendre le mot de conquête dans le sens d'imposer par la force quelque chose, mais bien plutôt dans celui d'appropriation ou de maîtrise.

 Les alpinistes parlent bien de conquérir les montagnes
 (cf. "Les conquérants de l'inutile" de Lionel Terray),
et le terme de conquête correspond bien quelque part
 à la nature profonde de l'émotion vécue.


Il est clair que l'intensité des émotions n'est pas liée au niveau du pilote,
mais bien au contraire aux circonstances et aux motivations de chacun.

Un premier grand vol peut laisser un souvenir aussi impérissable
qu'un titre de Champion du Monde ou un cross de 200 km,
 bien que les chemins qui mènent
à ces différentes situations soient quelque peu différents !


Le parapente (
et le vol à voile ;-))  ) est un sport magique
 qui a l'immense mérite
de proposer de multiples facettes selon les motivations et les goûts de chacun :
 vols tranquilles en local sur site,
 vols de durée en dynamique,
vols de distance,
vols en bord de mer,
 vols de plaine, 
compétitions,
records,
 voltige, ...

A chacun le chemin qui lui convient et qui lui permettra de savourer les joies associées à son type de pratique.


De plus, le renouvellement des émotions est constant, car un vol est toujours une expérience nouvelle :
l'aérologie, le contexte, la présence des amis ou pilotes de rencontre, sont autant de facteurs qui évoluent et se renouvellent et
 qui font de chaque vol un projet neuf à vivre.
 Des amis non pilotes me demandent souvent si je ne trouve pas monotone de faire ce qu'ils appellent "toujours les mêmes vols".

 Je crois qu'ils n'ont pas vraiment compris la nature profonde de notre passion.

Autant demander à un marin si la mer est monotone et toujours la même !



Pour répondre à la question que je posais au début de cet article : "que dire à mes amis pour leur communiquer les raisons de ma joie?",

 cela dépendra de ceux avec lesquels j'aurai à communiquer. Je dirai sans doute à ceux qui ne sont pas pilotes combien la vue sur le lac était superbe et la lumière magnifique.
A mes amis pilotes, je sais que je pourrai utiliser un jargon technique hermétique pour les autres : force des ascendances, vitesse de montée, son du vario, transition, barbules, turbulences, comportement de la voile, etc.


Chacun de ces deux discours contient une parcelle de vérité et éclaire la réalité selon un aspect particulier.


Mais il est possible également de trouver des phrases plus courtes qui synthétisent notre passion et qui laissent les portes ouvertes à de multiples interprétations possibles. Je vous propose par exemple celle-ci : "On est si bien là-haut ....".


De : Marc Lassalle

Du 31/03/2003

http://www.experience-parapente.com/cadre.php?contenu=http://www.experience-parapente.com/recits/recit.php?id=1




 





Par Juliette - Publié dans : découverte vol à voile - Communauté : Loisirs & Passions
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Samedi 31 octobre 2009

Comment volent les avions

Une Description Physique de la Portance ©

par David Anderson et Scott Eberhardt

Traduction de Philippe Marbaise

trouvé sur le site: http://pierre.rondel.free.fr/portance.htm

link


Bonjour! j'ai trouvé intéressant cette discussion sur les explications de comment vole un planeur, je n'ai pas encore le temps de vous rapatrier les photos, mais ça viendra... en attendant pour les courageux de lire ces lignes passionnante mais toute de même plutôt physiques:






Presque tout le monde aujourd'hui a déjà pris l'avion. Beaucoup posent la simple question "Qu'est-ce qui permet à l'avion de voler"? La réponse qu'ils reçoivent le plus fréquemment est déroutante quand elle n'est pas carrément erronée. Nous espérons que les réponses fournies ici corrigeront beaucoup d'idées fausses à propos de la portance et que vous adopterez notre explication quand vous devrez l'expliquer à d'autres. Nous allons vous montrer qu'il est plus facile de comprendre la portance quand on démarre avec Newton plutôt qu'avec Bernoulli. Nous allons aussi vous montrer que l'explication la plus populaire que la plupart d'entre nous ont appris, est déroutante au possible et que la portance est due au fait que l'aile dévie l'air vers le bas.



Commençons par définir les trois descriptions de la portance les plus utilisées dans les livres et les manuels. La première consiste en ce que nous appellerons la Description Aérodynamique Mathématique utilisée par les ingénieurs en aéronautique. Cette description utilise des opérations complexes et/ou des simulations par ordinateur pour calculer la portance générée par une aile. Il s'agit d'outils de conception efficace lorsqu'il s'agit de calculer la portance mais qui ne permettent pas d'avoir une compréhension intuitive du vol.



La seconde description, que nous appellerons la
Description Populaire, s'appuie sur le principe de Bernoulli. Le premier avantage de cette description est qu'elle est facile a comprendre et qu'elle a été enseignée pendant des années. A cause de sa simplicité, elle est utilisée pour décrire la portance dans la plupart des manuels. Son principal désavantage est qu'elle repose sur le "principe des temps de transitions égaux" qui est fausse. Cette description se concentre sur la forme de l'aile et empêche la compréhension d'important phénomènes tel que le vol inversé, la puissance, l'effet de sol et la dépendance de la portance avec l'angle d'incidence de l'aile.



La troisième définition que nous défendons ici, nous l'appelons la
Description Physique de la portance. Cette description est basée principalement sur les lois de Newton. La description physique est utile pour comprendre le vol, et est accessible à tous ceux qui veulent en savoir plus. Un peu de mathématique est nécessaire pour effectuer une estimation des associés au vol. Cette description apporte une compréhension claire et intuitive de phénomènes tel que la courbe de puissance, l'effet de sol, et les décrochages à haute vitesse. Cependant, contrairement à la description aérodynamique mathématique, la description physique ne donne pas des possibilités de conception ou de simulation.




La description populaire de la portance


On enseigne aux étudiants en Physique et en Aérodynamique qu'un avion vole par application du principe de Bernoulli, qui dit que si la vitesse de l'air augmente la pression diminue. Donc une aile génère de la portance parce que l'air se déplace plus vite sur le dessus créant ainsi une zone de basse pression, et donc de la portance. Cette explication satisfait généralement les curieux et peu sont ceux qui osent remettre ces conclusions en question. Certains se demandent pourquoi l'air se déplace plus vite sur le dessus de l'aile et c'est à ce moment que l'explication populaire se démonte.


Afin d'expliquer pourquoi l'air se déplace plus vite sur l'extrados de l'aile, nombreux sont ceux qui s'appuient sur l'argument géométrique qui veut que la distance que l'air doit parcourir est directement liée à sa vitesse. L'argument habituel étant que quand l'air se sépare au bord d'attaque, la partie qui passe par l'extrados doit correspondre avec la partie qui parcoure l'intrados. C'est le fameux "principe des temps de transition égaux".

Comme argumenté par Gail Craig (Stop Abusing Bernoulli! How Airplanes Really Fly, Regenerative Press, Anderson, Indiana, 1997), supposons que cet hypothèse soit vraie. La vitesse moyenne de l'air sur et sous l'aile peut aisément être déterminée parce que nous pouvons mesurer les distances, donc calculer les vitesses. Du théorème de Bernoulli, nous pouvons déterminer les forces de pression et donc la portance. Si nous effectuons un calcul simple, nous trouvons que pour générer la portance nécessaire pour un petit avion normal, la longueur de l'extrados devrait être 50% plus longue que la longueur de l'intrados. La Figure 1 montre à quoi ressemblerai le profil de l'aile dans ce cas. Maintenant, imaginez ce à quoi une aile de Boeing 747 devrait ressembler!




Fig. 1 Forme de l'aile tel que définie par le principe des temps de transitions égaux



Si on considère l'aile d'un petit avion standard, dont la surface supérieure n'est plus longue que de 1.5 à 2.5% par rapport à sa surface inférieure, nous découvrons qu'un Cessna 172 devrait voler à plus de 600 km/h pour générer suffisamment de portance. Il est évident que quelque chose dans cette description de la portance ne vas pas.

Mais, qui a dit qu'il fallait que les deux flux d'air devait absolument se rejoindre au bord de fuite en même temps? La Figure 2 montre le flux d'air sur une aile dans une soufflerie simulée. Dans la simulation, de la fumée colorée est introduite régulièrement. On remarque que l'air passant sur l'extrados arrive bien avant celui qui passe en dessous de l'aile. En fait, une inspection minutieuse montre que l'air passant sous l'aile est ralenti du "courant libre" de l'air. C'en est trop pour le principe des temps de transition égaux.





Fig. 2 Simulation du flux d'air sur une aile en soufflerie, avec "fumée" colorée
pour montrer l'accélération et la décélération de l'air.



L'explication populaire implique aussi l'impossibilité du vol inversé. Elle s'applique encore moins aux avions de voltige avec des ailes à profil symétrique (La surface supérieure et inférieure ont la même longueur), ou comment une aile réagi pendant les grands changements de charge tel qu'un piqué ou pendant un virage serré.

Alors, pourquoi l'explication populaire a-t-elle prévalu pendant si longtemps? Une réponse est que le principe de Bernoulli est facile a comprendre. Il n'y a rien de faux dans le principe de Bernoulli en ce qui concerne le fait que l'air se déplace plus vite sur le dessus de l'aile. Mais, comme le suggère l'explication précédente, notre compréhension ne peut être complète avec cette explication. Le problème est qu'il nous manque un élément vital quand nous appliquons le principe de Bernoulli. Nous pouvons calculer la pression autour de l'aile si nous connaissons la vitesse de l'air au dessus et en dessous de l'aile, mais comment déterminer la vitesse?

Un autre raccourci de l'explication populaire est que la notion de travail est ignorée. La portance réclame de la puissance (qui est un certain montant de travail par unité de temps). Comme nous le verrons plus tard, la compréhension de la puissance est la clé qui permet de comprendre beaucoup des phénomènes intéressants de la portance.






Les Lois de Newton et la Portance


Alors, comment une aile génère-t-elle de la portance? Pour commencer à comprendre la portance, nous devons retourner dans nos cours de physique du collège et réviser les première et troisième lois de Newton.(Nous introduirons la deuxième loi un petit peu plus tard). La première loi de Newton stipule qu'un corps au repos reste au repos, et qu'un corps en mouvement continue en suivant un mouvement rectiligne à moins qu'il soit soumis à l'application d'une force extérieure. Cela signifie que si l'on observe une déviation dans le flux de l'air, ou que si l'air à l'origine au repos est accéléré en mouvement, une force y a donc été imprimée. La troisième loi de Newton stipule que pour chaque action il existe une réaction opposée de force égale. Par exemple, un objet qui repose sur une table exerce une force sur cette table (son poids) et la table applique une force égale et opposée sur l'objet qu'elle soutient. De façon à générer de la portance, l'aile doit faire quelque chose à l'air. Ce que fait l'aile sur l'air est l'action tandis que la portance est la réaction.



Comparons les deux Figures utilisée pour montrer les flux d'air (ligne de courants) autour d'une aile. Sur la Figure 3 l'air arrive en ligne droite sur l'aile, la contourne, et continue en ligne droite derrière l'aile. Nous avons tous déjà vu des images similaires, et ce même dans des manuels de vol. Mais, l'air quitte l'aile dans le même état qu'il était à l'avant de l'aile. Il n'y a donc pas d'action nette sur l'air donc il ne peut y avoir de portance! La figure 4 montre les ligne de flux comme elle devrait être dessinée. L'air passe au dessus de l'aile et est dévié vers le bas. La déviation de l'air est l'action. La réaction est la portance de l'aile.




Fig. 3 Illustration commune du flux d'air autour d'une aile.
Cette aile ne porte pas.





Fig. 4 Véritable flux d'air autour d'une aile générant
de la portance, montrant le flux montant et le flux descendant.



L'aile en tant que pompe


Comme le suggère les lois de Newton, l'aile doit modifier quelque chose dans l'air pour obtenir de la portance. Des modifications du moment de l'air résultera des forces sur l'aile. Pour générer de la portance, l'aile doit dévié de l'air vers le bas, beaucoup d'air.

La portance d'une aile est égale à la modification du moment de l'air qu'elle dévie vers le bas. Le moment est le produit de la masse par la vitesse. La portance d'une aile est donc proportionnelle à la quantité d'air dévié vers le bas multipliée par la vitesse verticale de cet air. C'est aussi simple que cela. (Ici nous avons utilisé une version dérivée de la seconde loi de Newton qui lie l'accélération d'un objet à sa masse ainsi qu'à la force qui y est appliquée, F=m.a) Pour obtenir plus de portance, l'aile peut soit dévier plus d'air (masse) ou augmenter la vitesse verticale de cet air. Cette vitesse verticale derrière l'aile est appelée " flux descendant ". La figure 5 montre comment le flux descendant apparaît du point de vue du pilote.(ou dans une soufflerie) la figure montre aussi comment le flux descendant pourrait être visualisé par un observateur au sol qui regarde l'aile avancer. Pour le pilote, l'air quitte l'aile en suivant en gros son angle d'attaque. Pour l'observateur au sol, s'il était capable de voir l'air, l'air semblerai quitter l'aile presque verticalement. Plus l'angle d'attaque augmente, plus la vitesse verticale est élevée. De même, si pour le même angle d'attaque la vitesse de l'aile augmente, la vitesse verticale est aussi augmentée. Ainsi schématiquement, aussi bien l'augmentation de vitesse que l'augmentation de l'angle d'attaque participent à l'allongement de la flèche représentant la vitesse verticale. C'est cette vitesse verticale qui donne à l'aile sa portance.

 


Fig. 5 Comment le flux descendant apparaît au pilote et à l'observateur au sol.



Comme établi précédemment, un observateur au sol verrait l'air descendre derrière l'avion. Cela peut être aisément démontré en observant l'étroite colonne d'air formée derrière une hélice, un ventilateur domestique ou sous le rotor d'un hélicoptère, qui ne sont rien d'autres que des ailes en rotation. Si l'air sortait des pales avec un certain angle, l'air en mouvement aurait la forme d'un cône plutôt qu'une étroite colonne. Si l'avion venait à survoler une balance géante, la balance enregistrerait le poids de l'avion.

 
Effet du vent généré par un rotor.

Si nous estimons la moyenne de la composante verticale du flux descendant pour un Cessna 172 qui se déplace à 110 noeuds comme étant égale à plus ou moins 9 noeuds, alors pour générer les 1000 kg de portance nécessaire l'aile devrait pomper un paquet de 2.5 tonnes d'air à chaque seconde! En fait, comme nous en parlerons plus tard, cette estimation s'avérera trop faible selon un facteur de deux. La quantité d'air dévié vers le bas par un Boeing 747 pour générer assez de portance pour son poids au décollage de 362000 kg est réellement incroyable.

Pomper ou dévier autant d'air vers le bas est un argument fort contre une portance résultant seulement d'un effet de surface comme sous-entendu par l'explication populaire. En fait, afin de pouvoir dévier 2,5 tonnes /sec, l'aile du Cessna 172 doit accélérer l'air compris au dessus de l'aile jusqu'à 2m75 de celle-ci. (L'air pèse +/- 1 kg par mètre carré au niveau de la mer) La Figure 6 illustre l'effet de la déviation de l'air vers le bas exercé par une aile. Un trou béant est embouti dans le brouillard par le flux descendant généré par l'avion qui le survole.

 




Fig. 6 Flux descendant et vortex de l'aile dans le brouillard
(Photographe Paul Bowen, courtoisie de Cessna Aircraft Co.)


Mais comment une aile aussi fine peut-elle dévier autant d'air ? Quand l'air contourne le sommet de l'aile, il tire sur l'air se situant au dessus de lui et accélère cet air vers le bas, sinon il y aurait des vides au dessus de l'aile. L'air est tiré d'en haut pour éviter les vides. Cette traction entraîne la diminution de la pression au dessus de l'aile. C'est l'accélération de l'air au dessus de l'aile en direction du flux descendant qui génère la portance. (Pourquoi l'aile dévie l'air avec assez de force sera discuté dans la prochaine section).



Comme nous avons vu sur la Figure 4, une complication dans l'image de l'aile est l'effet de " flux montant " au bord d'attaque de l'aile. Comme l'aile se déplace, l'air est non seulement dévié vers le bas à l'arrière de l'aile mais est aussi attiré vers le haut au bord d'attaque. Ce flux montant contribue à une portance négative et plus d'air doit être dévié vers le bas pour compenser. Nous aborderons ce point à nouveau lorsque nous considérerons l'effet de sol.

Normalement, si on regarde l'air s'écouler sur l'aile dans le cadre de référence de l'aile. En d'autres mots comme le pilote, l'air se déplace et l'aile est fixe. Nous avons déjà établi que pour un observateur au sol l'air semble sortir de l'aile presque verticalement. Mais que fait l'air au dessus et en dessous de cette aile? La Figure 7 montre un instantané des mouvement des molécules d'air au moment ou l'aile passe. Rappelez vous que c'est l'air qui était au repos au départ et que c'est l'aile qui se déplace. En avant du bord d'attaque, l'air se déplace vers le haut (flux montant). Au bord de fuite, l'air est dévié vers le bas(flux descendant). Au dessus de l'aile, l'air est accéléré vers le bord de fuite. En dessous, l'air est à peine accéléré vers l'avant voire pas du tout.




Fig. 7 Direction des déplacement d'air autour d'une aile du point de vue d'un observateur au sol.


Dans la description aérodynamique mathématique de la portance cette rotation de l'air autour de l'aile donne naissance au modèle dit du "vortex intégré " ou de " circulation ". Les origines de ce modèle, et les opérations mathématique complexes qui y sont associées, conduisent à une compréhension immédiate des forces agissant sur une aile. Cependant, les mathématiques employées exigent des étudiants en aérodynamique un certain temps avant d'être maîtrisées.


Ce que nous observons à partir de la figure 7 est que la surface supérieure de l'aile fait beaucoup plus pour déplacer l'air que l'inférieure. La surface supérieure est donc la surface la plus critique. Ainsi, les avions peuvent transporter des charges extérieures, telles que des réservoir largable, sous les ailes mais pas au dessus car elle interféreraient avec la portance. C'est aussi pour cela que les haubans en dessous des ailes sont courantes alors que les haubans au dessus de l'aile ont été si rare dans le passé. Un hauban, ou n'importe quelle obstruction, sur le sommet de l'aile interférerait avec la portance.




L'emport de charge sous voilure interfère moins avec la portance.



L'air a une viscosité

La question évidente est " comment l'aile dévie l'air vers le bas ? ". Quand un fluide en mouvement, tel que l'air ou l'eau, entre en contact avec une surface courbe il aura tendance à suivre cette surface. Pour démontrer cet effet, tenons un verre d'eau horizontalement en dessous d'un robinet de telle façon qu'un mince filet d'eau touche juste le côté du verre. Au lieu de continuer de couler vers le bas, la présence du verre conduit l'eau à s'enrouler autour du verre comme illustré par la figure 8. Cette tendance des fluides à suivre une surface courbe est connu comme étant l'effet Coanda. De la première loi de Newton nous savons que pour que le fluide s'enroule il doit y avoir une force qui agit dessus. De la troisième loi de Newton, nous savons que le fluide doit exercer une force égale et opposée sur l'objet qui cause la déviation du fluide.



Fig. 8 L'effet Coanda

Pourquoi un fluide devrait-il suivre une surface courbe ? La réponse est la viscosité : la résistance à l'avancement qui donne à l'air une sorte d' " adhérence ". La viscosité de l'air est très faible mais est suffisante pour que les molécules d'air se collent à la surface. La vitesse relative entre la surface et les molécules d'air les plus proche est absolument nulle.( C'est pour cette raison que la poussière reste sur les voitures et pourquoi il y a de la poussière sur l'arrière des pales d'un ventilateurs dans une soufflerie.) Un peu au dessus de la surface, le fluide a un peu de vitesse. Plus on s'éloigne de la surface, plus la vitesse du fluide s'élève jusqu'à atteindre la vitesse du flux extérieur.



La portance comme fonction de l'angle d'attaque


Il y a beaucoup de type d'aile : conventionnelle, symétrique, conventionnelle en vol inversé, les ailes des premiers biplans qui ressemblent à des plaques tordues, et même la très connue "porte de grange". Dans tous les cas, l'aile dévie l'air vers le bas ou plus exactement tire l'air du dessus vers le bas. Ce que toutes les ailes ont en commun est leur angle d'attaque par rapport à l'air qu'elles traversent. C'est cet angle d'attaque qui est le premier paramètre déterminant de la portance. La portance d'une aile inversée peut être expliquée grâce à son angle d'attaque, et ce malgré l'apparente contradiction avec l'explication populaire s'appuyant sur le principe de Bernoulli. Le pilote ajuste l'angle d'attaque pour ajuster la portance à la vitesse et à la charge. L'explication populaire de la portance qui se concentre sur la forme de l'aile ne donne au pilote que la possibilité d'adapter la vitesse.

Pour mieux comprendre le rôle de l'angle d'attaque il est utile d'introduire un " véritable " angle d'attaque, définit de telle façon que l'angle de l'aile par rapport à l'axe du vent donnant une portance nulle soit définit comme étant zéro degrés. Si on change l'angle d'attaque aussi bien vers le haut ou vers le bas, on remarque que la portance est proportionnelle à cet angle. La Figure 9 montre le coefficient de portance (portance normalisée à la taille de l'aile) pour une aile standard en fonction de l'angle d'attaque effectif. Une relation similaire entre portance et angle d'attaque peut être trouvée pour toute les ailes, indépendamment de leur conception. C'est aussi vrai pour une aile de 747 que pour une porte de grange. Le rôle de l'angle d'attaque est plus important que les détails de la forme du profil dans la compréhension de la portance.




Fig. 9 Coefficient de portance en fonction de l'angle d'attaque effectif.


Généralement, la portance commence à décroître à partir d'un angle d'attaque de 15 degrés. Les forces nécessaires pour dévier l'air à un angle aussi grand sont plus grandes que ce que la viscosité de l'air peut supporter, et l'air commence à se séparer de l'aile . Cette séparation du flux d'air du dessus de l'aile est un décrochage.


L'aile comme une " écope " à air


Nous voudrions introduire une nouvelle image mentale de l'aile. Nous sommes habitués à imaginer l'aile comme une fine lame qui découpe l'air et développe de la portance comme par magie. La nouvelle image que nous voudrions vous faire adopter est celle d'une aile comme une écope déviant une certaine quantité d'aile de l'horizontale à plus ou moins l'angle d'attaque , comme montrer à la figure 10. Cette écope peut être décrite comme une structure invisible montée sur l'aile à la fabrication. La longueur de cette écope est égale à la longueur de l'aile et sa hauteur plus ou moins égale à la corde de l'aile (distance du bord d'attaque au bord de fuite de l'aile). La quantité d'air interceptée par cette écope est proportionnelle à la vitesse de l'avion et à la densité de l'air, et rien d'autre.



Fig. 10 L'aile en tant qu'écope.


Comme établi précédemment, la portance d'une aile est proportionnelle à la quantité d'air déviée vers le bas multiplié par la vitesse verticale de cet air. Si l'avion augmente sa vitesse, l'écope dévie plus d'air. Tant que la charge sur l'aile, c'est-à-dire le poids de l'avion, n'augmente pas la vitesse verticale de l'air dévié doit être diminuée proportionnellement. Ainsi, l'angle d'attaque est diminué pour maintenir une portance constante. Quand l'avion prend de l'altitude, l'air devient moins dense et l'écope dévie moins d'air pour une vitesse identique. Donc pour compenser l'angle d'attaque doit être augmenter. Les principes de cette section vont être utilisés pour comprendre la portance d'une manière non réalisable avec l'explication populaire.



La portance à besoin de puissance


Quand un avion passe au travers d'un air précédemment calme il se retrouve avec une vitesse verticale négative. Ainsi, l'air se trouve en mouvement après le passage de l'avion. L'air a donc reçu de l'énergie. La puissance est de l'énergie, ou travail par unité de temps. Donc la portance doit avoir besoin de puissance. Cette puissance est fournie par le moteur de l'avion ( ou par la gravité et les thermiques pour un planeur ).


Combien de puissance avons nous besoin pour voler ? La puissance nécessaire pour la portance est le travail ( énergie ) par unité de temps et est proportionnel à la quantité d'air dévié vers le bas multipliée par la vitesse de cet air dévié au carré. Nous avons déjà établi que la portance d'une aile est proportionnelle à la quantité d'air dévié vers le bas multiplié par la vitesse verticale de cet air. Ainsi, la puissance nécessaire pour porter l'avion est proportionnelle à la charge (ou poids ) multipliée par la vitesse verticale de l'air. Si la vitesse de l'avion est doublée, la quantité d'air déviée vers le bas double. L'angle d'attaque doit alors être diminué pour obtenir une vitesse verticale équivalent à la moitié de l'angle original pour obtenir la même portance. La puissance nécessaire pour la portance a été divisée par deux. Cela montre que la puissance nécessaire à la portance diminue quand la vitesse de l'avion augmente. En fait, nous avons montré que la puissance nécessaire pour créer la portance est proportionnelle à un divisé par la vitesse de l'avion.


Cependant, nous savons tous que pour aller plus vite (en vitesse) nous devons appliquer plus de puissance. Donc il doit y avoir plus à alimenter que la puissance nécessaire à la portance. La puissance associée à la portance, comme décrit précédemment, est souvent appelé la puissance " induite ". La puissance est aussi nécessaire pour contrecarré ce que nous appelons la traînée " parasite ", qui est la traînée associée au déplacement des roues, haubans, antennes, etc... dans l'air. L'énergie que l'avion transmet à une molécule d'air à l'impact est proportionnelle à la vitesse au carré. Le nombre de molécules atteinte en une fois est proportionnelle à la vitesse. Ainsi la puissance parasite nécessaire pour vaincre la traînée parasite augmente avec la vitesse au cube.

La Figure 11 montre la courbe de puissance induite, de puissance parasite et le total de puissance qui est la somme de la puissance induite avec la puissance parasite. De nouveau, la puissance induite est égale à un sur la vitesse et la puissance parasite est égale à un sur la vitesse au cube. A basse vitesse, les besoins en énergie nécessaire au vol sont dominés par la puissance induite. Plus lent est le vol, plus faible est la quantité d'air dévié et donc plus l'angle d'attaque doit être augmenté pour maintenir la portance. Les pilotes pratique le vol sur " l'arrière de la courbe de puissance ", de fait, ils reconnaissent que l'angle d'attaque et la puissance nécessaire pour rester en l'air à basse vitesse est considérable.




Fig. 11 Besoin en puissance par rapport à la vitesse.


En vitesse de croisière, les besoins en puissance sont dominés par la puissance parasite. Comme cela évolue à la vitesse au cube une augmentation de la taille du moteur permettra un taux de montée plus rapide mais n'améliorera que peu la vitesse de croisière de l'avion.

Depuis que nous savons comment les besoins en puissance varie avec la vitesse, nous pouvons comprendre la traînée, qui est une force. La traînée est simplement de la puissance divisée par la vitesse.


La Figure 12 montre la puissance induite, parasite et totale en fonction de la vitesse. Ici la traînée induite varie selon un sur la vitesse au carré et la traînée parasite comme la vitesse au carré. En regardant ces courbes, on peut déduire certaines choses à propos de comment les avions sont conçus. Les aéroplanes plus lent, comme les planeurs, sont conçus pour diminuer la traînée induite (ou puissance induite), qui domine à basse vitesse. Les aéroplanes plus rapides sont plus concernés par la traînée parasite (ou puissance parasite).




Fig.12 La traînée en fonction de la vitesse.


L'efficacité de l'aile.


En vol de croisière, une quantité non négligeable de la traînée d'une aile moderne est de la traînée induite. La traînée parasite d'une aile de Boeing 747, qui domine en vol de croisière, est seulement égale à celle d'un câble de 1 cm de diamètre de la même longueur. Nous pouvons nous demander ce qui affecte l'efficacité d'une aile. Si la longueur de l'aile venait à être doublée, la taille de notre écope doublerais aussi, déviant deux fois plus d'air. Donc, pour la même portance, la vitesse verticale (et donc l'angle d'attaque) devrait être réduit de moitié. Donc l'efficacité de la portance est proportionnelle à un sur la longueur de l'aile. Plus l'aile est longue, moins nous avons besoin de puissance induite pour produire la même portance, malgré que cela soit obtenu avec une augmentation de la traînée parasite. Les aéroplanes lents sont plus affectés par la traînée induite que les aéroplanes rapides et donc dispose de plus longue ailes. C'est pourquoi les planeurs, qui évoluent à basse vitesse, ont de si longues ailes. Les chasseurs supersoniques, d'un autre côté, subissent les effets de la traînée parasite plus que nos avions d'entraînements lents. De ce fait, les aéroplanes rapides ont des ailes plus courtes pour diminuer la traînée parasite.


Une fausse croyance soutenues par certains dit que la portance n'a pas besoin de puissance. Cela vient de l'aéronautique dans les études sur la théorie des tronçons d'ailes idéaux (profils). Quand on parle d'un profil, c'est dans le cas d'une aile avec une envergure infinie. Comme nous avons vu que la puissance nécessaire à la portance est proportionnelle à un sur la longueur de l'aile, une aile de longueur infinie n'a pas besoin de puissance pour porté. Si la portance n'avait pas besoin d'énergie, les avions auraient la même portée à plein comme à vide. De plus, les hélices (qui ne sont que des ailes rotatives) n'auraient besoin d'aucune énergie pour fournir la traction. Malheureusement, nous vivons dans le monde réel où aussi bien la portance que la propulsion demande de la puissance.


Puissance et charge alaire.


Considérons maintenant la relation entre charge alaire et puissance. Avons nous besoin de plus de puissance pour transporter plus de passager et de cargo? Et, est-ce que la charge affecte la vitesse de décrochage ? A vitesse constante, si la charge alaire augmente, la vitesse verticale doit être augmentée pour compenser. Cela est fait par l'augmentation de l'angle d'attaque. Si le poids totale l'avion était doublé (disons dans un virage sous 2-g) la vitesse verticale de l'air est doublée pour compenser l'augmentation de la charge alaire. La puissance induite est proportionnelle à la charge multipliée par la vitesse verticale de l'air dévié, qui ont tous deux doublés. Ainsi, la puissance induite nécessaire à été augmentée par un facteur de quatre ! La même chose serait vraie si le poids de l'avion était doublé par l'ajout de carburant, etc...


Une façon de mesurer la puissance totale est de regarder le taux de consommation de carburant. La Figure 13 montre la consommation en carburant par rapport au poids total pour un gros avion de transport se déplaçant à vitesse constante( obtenue à partir de donnée récente). Comme la vitesse est constante, la modification de la consommation est due à la modification de la puissance induite. Les données sont affecté d'une constante (puissance parasite) et par un terme qui évolue en suivant le carré de la charge. Ce second terme est juste ce que nous avons prédit dans notre discussion Newtonienne à propos de l'effet de la charge sur la puissance induite.

 

Fig. 13 Consommation de carburant par rapport à la charge pour un gros avion de transport évoluant à vitesse constante.


L'augmentation de l'angle d'attaque lorsqu'il y a augmentation de la charge à une conséquence autre que juste le besoin de plus de puissance. Comme illustré par la Figure 9, une aile pourra décrocher quand l'air ne pourra plus suivre la surface supérieure, c'est-à-dire, lorsque l'angle d'attaque critique sera atteint. La figure 14 montre l'angle d'attaque auquel une aile décroche en fonction de la vitesse pour une charge fixe lors d'un virage à 2-g. L'angle d'attaque auquel l'avion décroche est constant et ne dépend pas de la charge de l'aile. La vitesse de décrochage augmente comme la racine carrée de la charge. Ainsi augmenter la charge dans un virage à 2-g augmente la vitesse à laquelle l'avion décrochera de presque 40%. Une augmentation d'altitude augmentera encore plus l'angle d'attaque lors d'un virage à 2-g. C'est pourquoi les pilotes s'entraînent au " décrochage accéléré " qui démontre qu'un avion peu décrocher à n'importe quelle vitesse. Quelque soit la vitesse il y a une charge qui pourra conduire à un décrochage.

 


Fig. 14 Angle d'attaque par rapport à la vitesse pour un niveau de vol constant dans un virage à 2-g.



Les vortex d'ailes


Certains peuvent se demander à quoi peut bien ressemble le flux descendant d'une aile. Le flux descendant " sort " de l'aile comme une feuille et sa forme est liée à la distribution de la charge sur l'aile. la Figure 15 illustre, via la condensation, la distribution de portance d'un avion pendant une manoeuvre à haut facteur de charge. De l'illustration, nous pouvons voir que la distribution de portance évolue de l'emplanture de l'aile jusqu'au saumon. Ainsi, la quantité d'air dans le flux descendant doit aussi évoluer le long de l'aile. La portion d'aile située près de l'emplanture " écope " plus d'air que celle située à l'extrémité. Comme l'emplanture dévie autant d'air, l'effet évident est que la feuille de flux descendant va commencer à s'enrouler vers l'extérieur autour d'elle même, tout comme l'air s'enroule autour du sommet de l'aile à cause du changement de vitesse de l'air . C'est le vortex de l'aile. L'étroitesse de l'enroulement du vortex de l'aile est proportionnel au taux de modification de la portance le long de l'aile. A l'extrémité de l'aile la portance devient rapidement nulle causant l'enroulement le plus étroit. C'est le vortex d'extrémité d'aile qui est juste une petite partie (la plupart du temps visible) du vortex de l'aile. Revenons à la Figure 6, nous pouvons remarquer clairement le développement des vortex d'ailes ainsi que les vortex d'extrémités.

 
Fig.15 Condensation montrant la distribution de portance le long d'une aile. Les vortex d'aile sont aussi visible.
(extrait de Patterns in de Sky, J .F. Campbell et J.R. Chanbers, NASA SP-514.)


Les Winglets (ces petites extension verticales à l'extrémité de certaines ailes) sont utilisés pour améliorer l'efficacité d'une aile en augmentant la longueur effective de l'aile . La portance sur une aile normale doit atteindre zéro à l'extrémité parce que le dessous et le dessus se rejoignent autour du bout. Les winglets empêchent cette communication de telle façon que la portance peut s'étendre plus loin sur l'aile. Comme l'efficacité d'une aile augmente avec sa longueur, cela contribue à augmenter l'efficacité. Le piège est que la conception de winglets est difficile et qu'il peuvent faire plus de mal que de bien lorsqu'ils ne sont pas bien conçus.


L'effet de sol.


Un autre phénomène commun mal compris est l'effet de sol. Il s'agit de l'augmentation de l'efficacité d'une aile quand elle vole à une altitude inférieure à la longueur de sa corde par rapport au sol. Un avion à aile basse va subir une diminution de traînée de 50% juste avant de toucher le sol. Il y a un certain nombre de confusion à propos de l'effet de sol. Beaucoup de pilotes ( et l'Exam-O-Gram n°47 de la FAA VFR) croient à tort que l'effet de sol résulte de la compression de l'air entre l'aile et le sol.

Pour comprendre l'effet de sol il est nécessaire d'avoir bien compris ce qu'est le flux montant. Pour les pressions concernées par le vol à basse vitesse, l'air est considéré comme incompressible. Quand l'air est accéléré au dessus de l'aile et dévié vers le bas, il doit être remplacé. Donc une certaine quantité d'air doit se déplacer autour de l'aile (en dessous et vers l'avant puis vers le haut) pour compenser, de la même façon que l'eau autour d'une pagaïe de canoe quand on rame. C'est ce qui est la cause du flux montant.


Comme établi précédemment, le flux montant accélère l'air dans le mauvais sens pour la portance. Donc une plus grande quantité de flux descendant est nécessaire pour compenser le flux montant en même temps qu'il produit la portance nécessaire. Ainsi plus de travail est fait et donc plus d'énergie est nécessaire. Près du sol, le flux montant est réduit car le sol atténue la circulation de l'air autour de l'aile. Donc moins de flux descendant est nécessaire pour fournir la portance. L'angle d'attaque est réduit et donc la puissance induite, rendant l'aile plus efficace.

Précédemment, nous avions estimé qu'un Cessna volant à 200 km/h noeuds doit dévié à peu près 2.5 tonnes d'air par seconde pour obtenir sa portance. Dans nos calculs, nous avions négligé le flux montant. De l'importance de l'effet de sol, il est clair que la quantité d'air est probablement plus proche de 5 tonnes d'air dévié par seconde.


Conclusions.


Révisons ce que nous avons appris et faisons nous une idée de comment la description physique nous a donné une plus grande capacité à comprendre le vol. D'abord, ce que nous avons appris :

La quantité d'air dévié par l'aile est proportionnelle à la vitesse et à la densité de l'air.

La vitesse verticale de l'air dévié est proportionnelle à la vitesse de l'aile et à l'angle d'attaque.

La portance est proportionnelle à la quantité d'air dévié multiplié par la vitesse verticale de cet air.

La puissance nécessaire pour la portance est proportionnelle à la portance multipliée par la vitesse verticale de l'air.

Examinons maintenant certaines situations du point de vue physique et du contexte de l'explication populaire.

La vitesse de l'avion est réduite. La vue physique dit que la quantité d'air dévié est diminuée donc l'angle d'attaque doit être augmenter pour compenser. La puissance nécessaire à la portance a aussi augmenté.

L'explication populaire ne peut justifié cela.

La charge de l'avion est augmentée. La vue physique dit que la quantité d'air déviée est la même mais l'angle d'attaque doit être augmenter pour obtenir la portance supplémentaire. La puissance nécessaire pour la portance a aussi augmenté.

De nouveau, l'explication populaire ne peut le justifier.

Un avion vole sur le dos. L'explication physique n'a pas de problème avec cela. l'avion ajuste son angle d'attaque pour obtenir la portance nécessaire. L'explication populaire implique que le vol inversé est impossible.

Comme nous pouvons le voir, l'explication populaire, qui se concentre sur la forme de l'aile, peut contenter certains mais ne fourni pas les outils pour réellement comprendre le vol. La description physique de la portance est simple à comprendre et est beaucoup plus efficace.


David Anderson
Fermi National Accelerator Laboratory
Batavia IL 60510
dfa@fnal.gov
  Scott Eberhardt
Dept. of Aeronautics and Astronautics 
University of Washington 
Seattle WA 91895-2400 
scott@aa.washington.edu
Scott's Home Page 

Le texte original en anglais de cet article est disponible sur le site de Scott Eberhardt à l'adresse suivante : http://www.aa.washington.edu/faculty/eberhardt/lift.htm


Par Juliette - Publié dans : mécanique - Communauté : aéromodélisme
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Samedi 31 octobre 2009

Aérodynamique
phénomènes remarquables

 
 
 
    Qu'est-ce que le décrochage ?


 On parle par habitude du décrochage d'un avion mais en réalité, le phénomène qui nous intéresse est le décrochage de l'aile. Les filets d'air circulant autour d'une aile en épousent à peu près la forme. Toutefois, si on sollicite trop cette aile en lui demandant plus qu'elle ne peut d'un point de vue aérodynamique l'écoulement de l'air autour du profil va se décoller de l'aile dans sa partie supérieure. Du coup le rendement de l'aile va s'écrouler, sa portance va diminuer brutalement. On dit alors que l'aile a décroché. Lorsque ce phénomène se produit sur un avion en vol, la perte de portance est telle que l'aile n'assurant plus sa fonction sustentatrice, l'avion "tombe" ou du moins continue sur sa trajectoire par inertie mais le poids, qui n'est plus compensé par rien finit par l'emporter! Le cas le plus classique utilisé à titre de démonstration lors de l'apprentissage du pilotage consiste à ralentir l'avion en palier jusqu'à arriver au décrochage de l'aile. L'avion généralement pique du nez, s'enfonce, il ne reste plus au pilote qu'à accompagner ce "piqué" le temps de reprendre suffisamment de vitesse pour que l'avion puisse être remis en vol horizontal. Cet exercice ne présente aucun danger s'il est réalisé à une altitude suffisante.

Beaucoup de pilotes débutants, pensent à tort que le phénomène du décrochage est conditionné uniquement par la vitesse. C'est une erreur importante. Le décrochage n'est conditionné que par l'incidence, c'est à dire l'angle avec lequel l'air "attaque" l'aile. Cette incidence varie, elle, simultanément en fonction de la vitesse et du facteur de charge auquel est soumis l'avion. Pour faire apparaître le phénomène de décrochage, il suffit d'amener cette incidence à la valeur maximale supportable pour le profil (environ 17° sur un profil standard). Cette incidence peut être obtenue à toutes les vitesses du domaine de vol ou presque en faisant varier le facteur de charge. Lorsque l'on définit une vitesse de décrochage, celle-ci s'entend, sauf spécification, sous un facteur de charge de 1g.

La vitesse de décrochage évolue selon la racine carrée du facteur de charge. En d'autres termes, un DR400-108 qui décroche à 100 km/h sous 1g, décrochera vers 200 km/h c'est-à-dire à sa vitesse de croisière s'il est soumis à un facteur de charge de 4g. Comment obtenir 4g? C'est simple, on peut faire un virage serré à 75° d'inclinaison ou faire une bonne ressource après un piqué. Bref, on a là les trop classiques "virage serré au dessus de la maison des amis en radada" ou encore "le piqué et le passage genre Papy Boyington au dessus de la maison des parents de la copine" qui, malheureusement tuent tout les ans quelques pilotes de par le monde. Cette méconnaissance des effets du facteur de charge est donc à l'origine de nombreux accidents lors de vols effectués en évolutions serrées à basse altitude.

 
    Qu'est-ce que la vrille (autorotation)?


Mon père me disait avoir vu dans un hangar, lorsqu'il était adolescent, cet écriteau:
"la perte de vitesse c'est la vrille, la vrille c'est la mort".

Ceci témoigne du côté quasiment mythique et de la crainte qu'inspirait ce phénomène. La vrille est un décrochage dissymétrique entretenu. On l'obtient en amenant l'avion au décrochage et en le plaçant en vol dissymétrique. Lorsqu'un avion est installé en vrille, une de ses ailes est décrochée, l'autre non. L'avion tournoie sur lui-même avec le nez bas décrivant une spirale très serrée en descente verticale lorsque le phénomène est établi. Pour sortir de vrille, il faut faire cesser la dissymétrie en utilisant le plein débattement de la gouverne de direction puis, presque simultanément, "rendre la main" (pousser sur le manche) afin de réduire l'incidence de l'aile pour empêcher cette dernière d'atteindre ou de rester à ou au-delà de l'incidence de décrochage. On veillera à acquérir suffisamment de vitesse ensuite afin de pouvoir appliquer le facteur de charge nécessaire pour redresser l'avion sans se retrouver à nouveau à l'incidence de décrochage.

De nos jours la vrille est mieux connue et les avions mieux conçus. Les techniques de pilotage ont elles aussi évoluées et la vrille ne présente plus le danger d'autrefois à condition de la contrer rapidement, certains appareils étant plus ou moins long à sortir de vrille si elle est bien installée. Elle est aujourd'hui une figure de voltige parfaitement maîtrisée par les pratiquants de cette discipline. Il n'y a plus de raison de la craindre, mais, comme tout phénomène "décroché", l'autorotation entraîne une importante perte d'altitude et nécessite donc d'être raisonnablement haut pour prétendre y faire face efficacement.

 
  Qu'est-ce qu'un virage engagé?


Le virage engagé ressemble un peu à l'autorotation ou à la vrille en ce sens que l'avion décrit une spirale descendante très serrée. Ces deux phénomènes sont pourtant radicalement différents. En effet, lors d'une vrille on observe un décrochage d'une aile et une dissymétrie, tandis que lors d'un virage engagé, l'avion vole parfaitement normalement à ceci près qu'il est en virage très serré avec une très forte attitude à piquer.

Si, comme le veut le (mauvais) réflexe naturel du pilote, il tire sur le manche pour tenter de faire cesser la descente et de redresser le nez de l'avion, celui-ci poursuit sa trajectoire en la serrant davantage. La vitesse augmente rapidement et tout effort à cabrer sur les commandes ne fait qu'empirer la situation. L'avion se retrouve soumis à de très forts facteurs de charge mais décroche rarement tant sa vitesse est importante. Par contre, au-delà d'un certain seuil, ce facteur de charge n'est plus supportable par les structures de l'avion qui cèdent, entraînant généralement la rupture de l'aile, ce qui conduit bien évidemment au crash.

La sortie de virage engagé, pour peu qu'on l'ait diagnostiqué correctement est très simple et totalement efficace. L'avion étant en virage, il suffit d'annuler son inclinaison en utilisant les ailerons puis, une fois l'inclinaison annulée, redresser la trajectoire à piquer. Le danger restant correspond à la vitesse excessive acquise et qui nécessite la plus grande douceur aux commandes pour éviter d'endommager la cellule de l'avion. On veillera à réduire les gaz vers plein ralenti simultanément afin de ne pas aggraver la situation de survitesse déjà présente.

Le virage engagé est un piège subtil et pernicieux pour les pilotes volant aux instruments sans visibilité extérieure. L'analyse du phénomène à partir des indications des simples instruments n'est pas toujours aisée et la récupération demande sang-froid et rigueur dans la procédure de sortie qu'il faut mener dans le bon ordre et totalement même si l'envie de tirer encore et toujours sur le manche est envahissante dans ce genre de situation. Dans le cas du vol aux instruments, la meilleure prévention est la concentration sur l'horizon artificiel afin d'éviter de laisser l'avion se mettre seul dans cette posture fort impressionnante et pour le moins inconfortable.

 
    Stabilité/instabilité

La stabilité est une notion de physique qui dit que lorsqu'un système en équilibre est soumis à une perturbation qui l'éloigne de sa position d'équilibre, il y revient tout seul. A l'inverse un système instable éloigné de sa position d'équilibre s'en éloignera davantage. Par exemple: un fil à plomb est en équilibre stable car si on bouge le plomb, celui-ci oscillera et reviendra à sa position initiale. A l'inverse, un balai en équilibre à l'envers sur le bout d'un doigt est en équilibre instable. Si on le pousse un peu (et que la main qui le tient reste immobile), il tombe en s'éloignant de sa position initiale.

Pour un avion, on peut définir un équilibre aérodynamique stable ou instable. Un avion stable qui subit une rafale faisant augmenter sa portance de façon transitoire, "répondra" en créant un couple piqueur qui s'opposera à cet accroissement de portance et l'avion reviendra à sa position d'équilibre. Si l'avion est instable, la même rafale, propre à augmenter la portance, créera un couple cabreur venant accentuer le phénomène, ce qui créera un nouveau couple cabreur supplémentaire etc... Le phénomène est divergent et donc instable.

En pratique à part quelques prototypes, il existe peu d'avions instables. Ceux-ci ne sont pilotables qu'au travers de calculateurs tant la réponse à une perturbation ou à une sollicitation aérodynamique quelconque doit être rapide et parfaitement quantifiée tant en sens qu'en valeur absolue. On peut concevoir des avions à l'équilibre indifférent, c'est à dire ni stables, ni instables. Là encore la conduite de tels avions nécessite l'utilisation de calculateurs affectés aux commandes de vol. L'intérêt de ce genre d'avion tient au fait qu'ils sont beaucoup plus maniables et économes encore que cette dernière particularité n'est pas actuellement un argument sensible. La recherche dans le domaine du vol instable est aujourd'hui réservée plutôt au domaine militaire et à l'étude de la manœuvrabilité.

 
    Qu'est-ce que le lacet inverse ?


Le lacet inverse est un phénomène qui fait pivoter l'avion sur son axe de lacet lorsqu'on l'incline et ce, dans le sens opposé à l'inclinaison commandée. Le lacet inverse n'existe que durant le temps où la commande de roulis est actionnée.

L'aileron levé génère moins de traînée que l'aileron baissé. Sur le schéma, on représente le phénomène en remarquant que l'aileron baissé oppose une plus grande surface à l'avancement. Cette différence de traînée crée un couple qui fait pivoter l'avion autour de son axe de lacet.

Ce phénomène est d'autant plus marqué que la déflexion des commandes est importante et que l'aileron est placé loin du centre de gravité. Il sera donc important sur les machines de grande envergure évoluant à basse vitesse c'est à dire les planeurs. Sur ce type de machine le lacet inverse est tel, qu'il faut utiliser la déflexion maximale du palonnier pour le contrer à quasiment chaque mise en virage (à basse vitesse). On peut facilement faire tourner ainsi le planeur de 30° ou plus à droite en l'inclinant à gauche. Les rares étourdis ayant décollé avec une éclisse sur la direction peuvent témoigner de l'extrême délicatesse qu'il y a à piloter un planeur sans moyen de contrer le lacet inverse!

Afin de limiter cet effet secondaire, la cinématique des tringleries de commandes d'ailerons est conçue de telle sorte que l'aileron qui se baisse, se baisse moins proportionnellement que ne se lève l'autre aileron, ceci afin de limiter la traînée différentielle.

 
    Qu'est-ce que le lacet et le roulis induit ?


 Le lacet et le roulis induit, même s'ils concernent chacun un axe différent, ont tous deux la même cause. En virage, l'aile extérieure est plus loin du centre du virage que l'aile intérieure. En conséquence de quoi, l'aile extérieure (haute) parcourt une plus grande distance que l'aile intérieure. Or, les deux ailes mettent le même temps à parcourir un tour complet donc si elles parcourent des distances différentes dans le même temps, c'est qu'elles n'ont pas la même vitesse. L'aile haute avance plus vite que l'aile basse. On observe un phénomène semblable sur les voitures où, en virage, la roue extérieure tourne plus vite, ceci imposant la présence d'un différentiel.

Donc, nos deux ailes n'avancent pas à la même vitesse.

 

  • L'aile la plus rapide génère plus de portance et plus de traînée que l'autre. L'aile haute "porte" plus, elle à tendance à se lever davantage: L'avion s'incline de lui-même de plus en plus, il s'agit du roulis induit.
  • L'aile la plus rapide traîne plus et est retenue en arrière: le nez de l'avion tend à être "retenu" à l'inverse du virage c'est le lacet induit.

 

Pour contrer ces deux phénomènes, en virage stabilisé, le pilote "mettra" en permanence un peu d'aileron à l'extérieur pour éviter la tendance de l'inclinaison à augmenter. (Ceci est une des causes de la mise en virage engagé par distraction en vol aux instruments). Cette petite déflexion générera un lacet inverse qui compensera en partie le lacet induit, sinon, le pilote appliquera légèrement les palonniers dans le sens du virage pour compenser le lacet induit.

Tous ces phénomènes ne sont que très peu voire pas du tout sensibles sur avion (de tourisme ou non vu la faible envergure et donc le petit bras de levier), par contre en planeur, ils sont très présent ce qui fait du vol à voile une école de pilotage incomparablement plus formatrice car elle nécessite un pilotage très fin et relativement complexe. J'ai retrouvé une complexité comparable en hélicoptère où les effets secondaires sont assez délicats à maîtriser au début en vol stationnaire, particulièrement sur les hélicos à piston.

 
Par Juliette - Publié dans : mécanique - Communauté : aéromodélisme
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Samedi 31 octobre 2009
Afin d'appréhender une activité, il est toujours intéressant de revenir sur les mythes qui constituent ces activités. Avant l'histoire du petit prince il fut celle de Dédale et Icare: 



DEDALE et ICARE

Icare est le fils de l'ingénieur athénien Dédale et sa mère est une esclave du roi crétois Minos. Dédale était un ingénieur de génie, admiré par ses contemporains. Cependant, il ne supportait pas la concurrence, c'est ainsi qu'un jour il veut tuer son élève Talos, qui le surpasserait bientôt en talent. Athéna sauve Talos de la mort en le transformant en oiseau. Effrayé par son crime, Dédale s'exile et se met au service du roi de Crète, Minos. Celui-ci avait reçu du dieu de la Mer, Poséïdon, un magnifique taureau blanc, qu'il devait lui redonner en sacrifice. Minos garde l'animal et Poséïdon lui fait payer en lançant un charme sur son épouse Pasiphaé. Elle tombe amoureuse du taureau sacré et demande de l'aide à Dédale. L'ingénieur construit une génisse en bois, où Pasiphaé se cache. Elle s'unit au taureau. De cette union, naît le minotaure.Minos ordonne à Dédale de réparer son erreur en construisant le labyrinthe de Cnossos, où il enferme le minotaure. Il oblige ensuite les athéniens à offrir des jeunes gens pour nourrir la bête. Dédale s'insurge contre cela, et donne à Ariane le secret pour retrouver son chemin dans le labyrinthe. Minos l'apprend, et emprisonne Dédale et son fils Icare dans le fameux labyrinthe.

 

 

 

Il décida tout simplment de s'évader de la tour en volant comme un oiseau. Il appela son jeune fils, Icare, et lui demanda de ramasser toutes les plumes qu'il pouvait trouver. Puis il fabriqua quatre armatures en forme d'ailes sur lesquelles il fixa les plumes avec de la cire. Enfin, il attacha, à l'aide de courroires, les deux paires d'ailes, l'une sur ses épaules, l'autre sur les épaules de son fils.

 

Dédale et Icare se mirent alors à battre l'air de leurs bras le plus régulièrement possible, comme le font les oiseaux avec leurs ailes: Ils se sentirent peu à peu emportés par le ciel. Miracle ! Ils pouvaient voler. Icare ne sentait plus de joie: il pouvait à volonté, frôler le sable blanc de la plage ou éffleurer de ses pieds l'écume des vagues.

Dédale le regardait avec fierté, mais aussi avec inquiétude. Il l'appela et lui dit : - Icare, mon fils, nous allons à présent nous envoler. Aucun humain n'a encore voyagé dans les airs, et je veux que tu écoutes attentivement mes instructions. Tu dois te maintenir à une altitude modérée, car, si tu voles trop bas, le brouillard et l'écume embarrasseront tes aies, mais si tu voles trop haut, la chaleur fera fondre la cire qui les maintient. Reste près de moi et tout se passera bien.

Dédale embrassa Icare, vérifia une dernière fois l'attache des ailes de son fils, qui, dans le soleil éteincelant, ressemblait à un ravissant oiseau, puis il s'éleva dans les air et invita Icare à le suivre.

Père et fils survolèrent les îles de Samos et de Délos. Tout se passait bien lorsque, grisé par une merveilleuse sensation de liberté, Icare perdit toute prudence: Il se mit à battre des ailes pour s'élever dans le ciel bleu, plus haut, toujours plus haut, à la rencontre du soleil.

Sous l'effet de la chaleur, la cire se mit peu à peu à fondre. Des petites plumes se détachèrent et tombèrent lentement. Icare n'en tint pas compte. Au lieu de redescendre vers la terre, il continuait à monter. Le soleil devint alors si brulant que toutes les plumes se détachèrent. Icare cessa de monter...

Il agita les bras frénétiquement. Trop tard... Il tombait ! Dédale ne compris le drame que lorsqu'il vit les plumes qui flottaient librement dans l'air. Il assista, horrifié, au spectacle de son fils tombant en chute libre vers la mer. Il se précipita pour lui porter secours, mais en vain.

Eploré, Dédale récupéra le corps inerte de l'enfant, et l'emporta comme il put sur la première île qu'il rencontra: c'est là qu'il l'enterra.

L'île, qui se trouve à l'ouest de Samos, dans la mer Egée, porte aujourd'hui le nom d'Icarie, en souvenir de l'enfant qui voulut voler vers le soleil.

Source: Contes et poèmes du monde entier - collection "Je découvre"

 http://humanum.online.fr/Site/icare/index.html
http://mythologica.fr/grec/dedale.htm


Une autre version: http://mythologica.fr/grec/dedale.htm

 

 

La naissance de Dédale est discutée. Selon certains, c'est Alcippé qui est sa mère, selon d'autres c'est Mérope, selon d'autres encore c'est Iphinoé. Et chacun lui attribue un père différent mais il est généralement admis qu'il appartient à la maison royale d'Athènes. C'était un merveilleux forgeron qui avait été instruit dans son art par Athéna en personne.


Un de ses apprentis, Talos ou Perdix, fils de sa sœur Polycasté, l'avait déjà dépassé en habileté alors qu'il n'était âgé que de douze ans. Un jour, Talos ramassa la mâchoire d'un serpent et, s'étant aperçu qu'il pouvait l'utiliser pour couper un bâton en deux, il fit la même en fer et ainsi inventa la scie. Cela, ajouté à d'autres inventions lui assura une très grande réputation à Athènes, et Dédale, qui prétendait avoir lui-même forgé la première scie, éprouva bientôt à son égard une jalousie insurmontable. Ayant conduit Talos sur le toit du temple d'Athéna sur l'Acropole, il indiqua du doigt quelque chose au loin et, brusquement, il le jeta dans le vide. Dans une légende Athéna le changea en perdrix avant qu'il ne s'écrase au sol.

 

Cependant, et malgré sa jalousie, il n'aurait jamais fait aucun mal à Talos s'il ne l'avait suspecté de rapports incestueux avec sa mère Polycasté. Dédale se hâta de descendre au bas de l'Acropole et enfouit le cadavre de Talos dans un sac, avec l'intention de l'enterrer en secret. Mais son crime fut bientôt découvert. Traduit en justice, l'Aréopage le bannit pour meurtre. Talos, était aussi le nom d'un serviteur de Minos: il était en bronze et sa tête était d'un taureau. Ce serviteur lui avait été donné par Zeus comme gardien de la Crète. Il avait été forgé par Héphaïstos en Sardaigne, et il avait une veine unique qui partait du cou et qui descendait jusqu'à la cheville où elle était fermée par une épingle en bronze. Il avait pour tâche de faire tous les jours trois fois le tour de l'île de Crète au pas de course et de lancer des rochers sur tout navire étranger; et aussi de traverser trois fois par an, à une allure plus modérée, les villages de Crète en montrant les lois de Minos inscrites sur des tablettes de bronze. Médée tua Talos en retirant l'épingle de sa cheville de sorte que tout son sang s'échappa de son corps.

 

Dédale se réfugia dans un dôme de l'Attique, dont les habitants furent appelés Dédalides d'après son nom; puis, à Cnossos, en Crète, où le roi Minos fut heureux d'accueillir un artiste aussi habile. Il vécut là paisiblement, pendant un certain temps, et entouré de considération jusqu'au jour où Minos, avant appris qu'il avait aidé Pasiphaé à s'unir au taureau blanc de Poséidon l'enferma quelque temps dans le labyrinthe avec son fils Icare mais Pasiphaé les libéra tous les deux.
Il n'était pas facile de s'échapper de Crète car Minos faisait garder par des soldats tous ses navires et venait d'offrir une récompense à qui capturerait Dédale.


Chute d'Icare par SARACENI
(© Gallerie Nazionali di Capodimonte, Naples)

Alors celui-ci se fabriqua une paire d'ailes pour lui et une pour Icare; les grandes plumes étaient cousues mais les petites plumes tenaient avec de la cire. Pendant qu'il fixait les ailes d'Icare, il lui dit en pleurant: " Mon fils, prends garde, ne vole pas trop haut car le soleil ferait fondre la cire, ni trop bas, car les plumes seraient mouillées par les embruns de la mer.
Ils avaient laissé derrière eux Naxos, Délos et Paros sur la gauche, et dépassaient Lébynthos et Calymnos sur la droite lorsqu' Icare, enfreignant les ordres de son père, s'éleva et monta vers le soleil, tout heureux de se sentir porté par ses grandes ailes.


Lamentations pour Icare d'après DRAPER 1898

Et, lorsque Dédale se retourna, il ne vit plus Icare, mais dans la mer au-dessous de lui, des plumes flottaient sur les vagues. La chaleur du soleil avait fait fondre la cire, Icare était tombé dans la mer et s'était noyé. Dédale tournoya dans les airs autour de l'endroit jusqu'à ce que le cadavre fût remonté à la surface puis il le porta dans l'île voisine, appelée aujourd'hui Icaria, où il l'enterra. L'île a maintenant donné son nom à la mer qui l'entoure. Dédale, continuant de voler vers l'ouest, s'arrêta à Cumes, près de Naples. Là il dédia ses ailes à Apollon et lui construisit un temple avec un toit d'or. Ensuite il se rendit à Camicos en Sicile, où il fut très bien reçu par le roi Cocalos. Il vécut là, parmi les Siciliens, entouré; d'honneurs, et construisit de beaux édifices.
Pendant ce temps-là, Minos avait rassemblé une flotte importante et s'était mis à la recherche de Dédale. Il avait emporté une coquille d'escargot et, partout où il allait, il promettait une forte récompense à qui saurait y passer un fil, sachant fort bien que seul Dédale était capable de le faire. Arrivé à Camicos, il proposa la coquille à Cocalos qui se chargea d'y faire passer un fil; bien entendu, Dédale découvrit un moyen.

Il attacha un fil très léger à une grosse fourmi, il fit un trou au sommet du coquillage et attira la fourmi dans les spirales en enduisant de miel les bords du trou. Puis il attacha le fil à l'autre extrémité et tira. C'était fait. Cocalos rendit la coquille enfilée et réclama la récompense. Or Minos était, maintenant, certain d'avoir trouvé le lieu où se cachait Dédale et il demanda qu'il lui fût livré. Mais les filles de Cocalos ne voulaient pas perdre Dédale qui leur avait confectionné de si beaux jouets, et avec son aide, elles tramèrent un complot. Dédale fit passer un tuyau dans le plafond de la salle de bains, par lequel elles firent couler de l'eau bouillante sur Minos qui se délassait dans son bain. Cocalos, qui ne voulait pas être impliqué dans le complot, renvoya le cadavre aux Crétois en disant que Minos s'était pris les pieds dans un tapis et était tombé dans une cuve d'eau bouillante.
Les gens de la suite de Minos l'enterrèrent en grande pompe et Zeus en fit un juge des Morts au Tartare, avec son frère
Rhadamanthe et son ennemi Eaque.

Quant à Dédale, il quitta la Sicile pour retrouver Iolaos, neveu et conducteur du char d'Héraclès de Tirynthe, qui se rendit en Sardaigne à la tête d'un corps d'armée composé d'Athéniens et de Thespiens. Beaucoup de ses édifices ont survécu jusqu'à nos jours en Sardaigne; on les appelle les Dédalies.

 

 

 

 

 









Voici une interprêtation sur le plan psychanalytique trouvé sur le net:

Nous pouvons lire dans ce mythe, le conflit perpétuel qu'offre la Jeunesse à la Vieillesse, dans son affirmation.
Une affirmation qui est suscitée par la volonté de se détacher de "l'attraction parentale", dans la formation de l'Identité propre.
On pourrait présenter à cette interprétation l'expression : "voler de ses propres ailes" ; c'est à dire devenir "Autonome", en un sens général.

Cette notion d'affirmation à travers l'autonomie, présente la seconde interprétation de ce mythe, qui se divise en deux sens :
Le premier serait la représentation des Hommes qui prennent de la Hauteur

 

et qui retombent, parce qu'ils ne peuvent assumer ce que cette élévation leur demande en contrepartie, en responsabilités ou contraintes par exemple

Le second, serait la représentation de la quête d'un absolu, voulant prouver "au monde entier". que chaque individu veut donner raison à ses convictions. Des convictions qui se veulent prouver par "l'expérience", la mise en pratique.
Il pourrait se dire, en illustration de cette pensée: "nous avons raison, et nous allons le prouver".

Mais, cette quête est souvent conduite à l'echec faute d'une témérité, peut être démesurée, dont le but est de tenter de franchir et vaincre les obstacles qu'imposent les régles (ce qui est mesure).

Il nait également cette volonté cachée de : "violer les interdits", c'est à dire aller au delà de ce qui est permis, de ce qui est conseillé.

Il apparait alors l'idée de Provocation, c'est à dire l'incitation à Découvrir.... ce qui est inconnu, ce qui est caché, voilé.  

 


http://www.youtube.com/watch?v=yjzEoPp3-b8


 

 

 

Par Juliette - Publié dans : Histoires et récits des vols - Communauté : un p'tit coin de paradis
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Samedi 31 octobre 2009

Hallmann: "J'ai écrit ce texte de mémoire sur mes vols" :

Impressions de vol.

Sensations de vol.

Sensation, au petit matin, de se sentir seulement, uniquement, surtout aviateur, de n’avoir en tête que l’atmosphère, le besoin irrépressible et inné de voler, qui comme moi se réveille, esprit embrumé, piste embrumée, l’aérodrome, les odeurs inoubliables, indescriptibles, des avions et des planeurs dans le hangar, de voir la piste encore vide, mais pas pour longtemps.

Les posters de la Patrouille de France, de Mirage dans le club house, dans le hangar.

Un énorme Morane Saulnier 733 Alcyon jaune réformé de l’Aéronavale qui s’ennuie au fond du hangar.

Ouverture des énormes portes du hangar, lourdes.

Déhousser tous les planeurs.

Sortir de leurs housses tous les parachutes, les vérifier, les installer dans leurs planeurs respectifs.

Idem des batteries remises à charger tous les soir.

Aller chercher les cartes météo à la station de la base militaire voisine avec un vieux Solex dans la fraicheur du matin.

Sortir les 33 planeurs du hangar, les emmener sur la piste soit en les poussant à la main, soit tractés au pas par une voiture.

Si on utilise la piste 028, ça va vite, le seuil de piste est proche, mais si c'est la 010, il faut les emmener à l’autre bout des 800 mètres de piste.

C'est long, très long.

10 h 30 : briefing général du chef pilote.

On est tous réunis, assis sur des chaises, des bancs, en face de lui, avec nos notes, consignes. On prend les consignes pour la journée, priorité aux vols d’entraînement, un peu de double, d’école, probablement des lâchés solos pour la première fois, il ne faudra pas trop étaler les circuits sur la campagne aujourd’hui, zones militaires réservées pour la journée, etc.

Savoir que nous sommes dans un aéro club historique.

Qui a connu Guynemer et l’escadrille Lafayette, Hélène Boucher et ses records du monde de vitesse dans les années 1930 en Caudron Rafale, les avions allemands puis américains pendant la seconde guerre mondiale et l'Otan.

Impression émouvante que si j’ouvre la porte de la salle de briefing sur le hangar, que je ne serai absolument pas étonné de voir un Guynemer et son Spad décoller, une Jaqueline Auriol et son Mirage IIIC se préparer à un record du monde de vitesse à mach 2, un Mermoz s’installer dans son Laté 28 ou dans son Couzinet Arc En Ciel, ou bien encore un Turcat monter dans son Griffon pour aller voler à mach 2.

Sensation incroyable d’être là, moi, gamin de 18 ans, assis entre un champion du monde de vol à voile, une future championne du monde de voltige, une recordwomen du monde de vitesse en planeur, des pilotes de chasse et des pilotes de ligne.

Je crois rêver debout…

Moi qui, il y a quelques mois seulement rêvait de Mermoz et de Chuck Yeager sur les banc de mon lycée.

Et j’écoute et note les consignes de notre chef pilote, pilote de Super Mystère B2, religieusement.

Midi / midi trente.

On a tout juste fini de mettre les 33 planeurs en piste.

On est crevés.

Sauf ceux, toujours les mêmes qui ont regardé les autres travailler.

10 qui bossent, 30 qui regardent.

Comme partout, comme toujours.

Repas froid mais copieux vite fait.

Salade de tomates, jambon, thon, œuf, salade, fromage, maïs, etc.
Yaourt, bananes.
Avalé en un quart d’heure par nos organismes jeunes et solides.

Sensation juste avant le vol, de se demander si on a bien fait sa prévol, si le parachute est bien réglé et vérifié, si la carte est prête, les documents de vols prêts et signés par le chef pilote, si on a bien pris à manger et à boire, parachute réglé, gueuses installées, lunettes de soleil, casquette, etc.

Sensation de se demander à chaque fois par quel miracle moi, simple quidam de la ville, en suis arrivé là, pilote parmi les pilotes, à qui on confie un planeur de plusieurs millions de francs.

Sensation à hurler de bonheur face à tout l’univers d’être admis parmi les aviateurs.

Jubilation infinie d’être de ceux vers qui tend le but ultime de l’évolution depuis les premières cellules vivantes : évoluer et explorer les espaces nouveaux pour y insuffler la vie, pour y chercher un biotope nouveau pour y perpétrer la survie, pour fuir un biotope terrien qui s’essouffle, exsangue de nourriture, d’eau potable, d’atmosphère respirable.

Avoir son aéronef à soi, une merveille en résine, fibre de verre et gelcoat de 37 de finesse, machine d’une pureté inouïe dont des Eric Nessler et des Lilienthal n’auraient jamais osé rêvé de leur vie.

Avoir réussi on ne sait pas comment les brevets, les heures de double commande, les épreuves en vol, les épreuves théoriques à Athis Mons.

Se demander comment se fait il que l’on soit passé de ce petit gosse qui rêvait de Mermoz, de Clostermann, de Neil Armstrong à jeune adulte aviateur.

Oui, c’est bien moi, parachute de secours ajusté sur le dos, avec mon planeur pour la journée.

Ne plus avoir envie de rien dire, savoir que désormais tout mot est inutile.

Savoir que tous les livres de Saint Exupery, Clostermann, Mermoz lus des dizaines de fois pendant les récréations au collège, les week end, les vacances mortellement ennuyeuses avec les parents et la famille sont présents à l’esprit de chacun de nous tous, et surtout, tellement exacts !!

Tellement stupéfaits que ce que décrivent Saint Exupery et Clostermann de leurs vols on le retrouve tellement exactement dans nos petits vols en planeur !

Se demander pour la cent milliardième fois pourquoi moi je pensais déjà à tout ça dès le collège alors que les autres ça ne leur effleure l’esprit pas une seule seconde de leur vie !

Prier très fort de ne jamais avoir la réponse à cette question, mais en ressentir tellement profondément le sens ultime…

Comprendre ce que les copains pilotes pensent et font seulement en les regardant.

Ne déjà plus faire partie de cette planète.

Avoir un trac monstre. Mais l’entraînement qui fait faire chaque geste qui doit être fait. Prévol, Cris…

Se demander se que feraient Mermoz, Neil Armstrong, Chuck Yeager, Jaqueline Auriol, tous ces aviateurs et aviatrices qui ont fait l’aviation telle qu’on la connaît.

Se demander ce que pense notre chef pilote en attendant que les première ascendances se déclanchent, ce pilote de Super Mystère B2 supersonique.

Regarder les gens qui restent au sol à se bronzer sur le bord de la piste avec l’impression évidente d’être déjà à des années lumières de ces gens là. De ne plus faire partie de leur monde, mais ai je jamais fait partie du monde de ces gens là pour en être arrivé où j’en suis aujourd’hui.

Ils sont sur un aérodrome, des avions, des planeurs, des moto planeurs à disposition et ils restent au sol !!!!!

Inconcevable !!!

" La plage c’est pour les gens couchés avec des cervelles de plomb, l’aérodrome c’est pour les gens debouts avec des ailes dans la tête "

Ca, c’est de moi.

Je serais sur Mars à leur construire leurs stations-hôtel de touristes qu’ils seront toujours plantés sur Terre à se bronzer !

Les premières petites rafales douces et molles d’air tiède des ascendances qui commencent à se réveiller.

Le chant des oiseaux dans le ciel.

L’herbe de la piste à perte de vue.

Le soleil qui tape.

Les trois avions remorqueurs alignés cote à cote sur le bord de la piste, verrières ouvertes, les pilotes assis à leurs places qui attendent l’ordre du chef pour la mise en route et la mise en l’air des planeurs.

Les oiseaux qui chantent, dans un air qui commence à chauffer.

Les 33 planeurs alignés l’un derrière l’autre en trois colonnes de 11.

Prêts au décollage.


Alignés avec leurs grandes ailes blanches comme des F14 avant le catapultage sur leur porte avions.

Frime puérile : on se ballade inutilement avec le parachute négligemment porté par une brettelle à l’épaule devant les touristes derrière les barrières, bloqués par le panneau " interdit au public ", que nous franchissons à l’aise devant eux, assis à la terrasse du club house de l’aéro club, faisant admirer les avions et les aviateurs à leur marmaille, c’est leur sortie du week end, comme on va à Disney Land ou à la foire du Trône.

Bonheur d’être aviateur alors que les autres préfèrent, par ce temps, bronzer, s’étaler sur l’herbe et ne rien faire, écouter une musique simpliste et ridicule faite par des humains qui n’ont jamais été dans le ciel, qui me laisse indifférent.

Sensation de victoire, de jubilation d’être à la bonne place au bon moment.

De ne pas faire partie de ceux qui restent à terre, mais d’être de ceux qui vont explorer un nouveau monde.

Après les océans, l’atmosphère.

Et au delà de l’atmosphère : l’espace !!!

Ceux qui vont dans le ciel, et ceux qui restent par terre.

S’installer dans le cockpit.

Gestes éternels du pilote qui s’installe dans son cockpit, par la gauche, toujours par la gauche.

Trac qui disparaît comme par miracle.

Les bretelles du parachute.

Les bretelles du siège.

L’énorme poignée métallique ronde en bleu.

Glang, glang, glang, glang, glang, pour chaque bretelle énorme, solide.

Ca y est, on ne fait plus partie de cette planète.

On pense naturellement que dans quelques heures, quelques jours, quelques semaines, on sera en orbite, sur la Lune, sur Mars.

Cris. Commandes, réglages, instruments, sécurité…

Odeur inimitable, indéfinissable, inoubliable de cockpit.

On referme la verrière.

Dernier réglage de l’altimètre.

Re vérification de la radio vhf.

Toute cette préparation, mise en place devient tellement évidente, normale.

Ca y est, on est dans son monoplace, le sien.

Dans une bulle de plexiglas, impression d’être dans un Mirage qui va nous emmener à mach 2.2 à 20 000 mètres.

Mieux, dans un X15, celui de Neil Armstrong qui va vous emmener à 107 000 mètres à 7 000 km/h au delà de l’atmosphère, dans l’espace, là où on ne pilote plus avec des commandes aérodynamiques mais avec des fusées d’attitude, les mêmes que sur les vaisseaux Mercury de Shepard et Glenn plus tard, là où l’atmosphère est quasi inexistante, là où il ne reste qu’un pas à faire pour la Lune, pour Mars.

Le stagiaire ou le copain qui reste au sol parce que fatigué, grippé, chacun son tour, moi, c'était la semaine dernière, qui accroche le câble de remorquage, l’avion remorqueur qui vient se placer devant dans mon axe.
On vérifie pour la centième fois la poignée bleue des aéro freins rentrés verrouilles, la petite poignée verte du compensateur un peu en avant à piquer.

Le stagiaire qui vérifie la sécurité du circuit, si personne dans le circuit de piste et si le b.o., la roulette de queue, est retiré.

Je lève le pouce pour lui indiquer que le décollage est possible.

Qui mets les ailes à l’horizontale.

Le pilote du remorqueur qui regarde dans son rétroviseur et sait à ce signe qu’il peut décoller.

Le câble qui se tend., légèrement élastique, tendu par les à coups et les mouvements à droite, à gauche de l’avion.

Les gaz en grand, couple moteur de l’avion remorqueur corrigé au palonnier.

C’est parti.

Le planeur qui accélère.

Ca a toujours été automatique chez moi, à chaque décollage, un large sourire qui se fige sur mon visage à chaque accélération du décollage.

Mottes de terre qui font sautiller le planeur.

Les réflexes appris qui agissent, garder les ailes horizontales, s’axer dans l’axe du remorqueur avec le palonnier tant que le planeur est au sol.

Gestes devenus automatiques à force de travail épuisant avec un instructeur qui vous même la vie dure ; à raison !

Et chaque fois ce miracle qui coupe le souffle et qui fait couler des larmes.

Plus de vibrations, les ailes ont pris le relais sur le train d’atterrissage, elles portent !

Ces ailes de 15 mètres d’envergure et de largeur moyenne de 1 mètre qui soulèvent 350 kg à 80 km/h !

Les commandes qui ont de l’effet dans l’air, par quel miracle à chaque décollage ?

Ca y est, après des millions d’années d’évolution humaine, je suis enfin en l’air, arraché à cette planète ancestrale qui nous a nourri avec patience depuis des milliards d’années.

" La Terre est notre berceau ".
A.C. Clarke.

" La Terre est notre berceau, mais on ne reste pas indéfiniment dans son berceau. "
Alexandre Tsiolkovski.

Extension de mon esprit sur les ailes au travers des commandes mécaniques, des câbles, des tiges, des renvois, des ailerons, profondeur, dérive, pour faire évoluer cette merveille de planeur de 15 mètres, blanc brillant aux courbes parfaites, magnifiques, pures comme le ciel.

Le remorqueur qui corrige sa dérive, on reste pile dans son axe pour ne pas lui infliger des efforts de travers qui lui rendraient le pilotage difficile et dangereux.

L’horizon qui s’éloigne.

Le sol qui s’éloigne.

De plus en plus de détails au fur et à mesure que le sol et l’horizon s’éloignent.

Ca y est !!

Le moment rêvé depuis gosse, tous les jours, pendant les cours d’école ennuyeux est arrivé !

Je suis en l’air !

Je pilote !

Il y a 5 minutes encore je me demandais ce que je faisais là, par quelle hallucination collective on nous avait tous foutu dans les esprits qu’on allait voler !

Sensations des mouvements légèrement en retard du planeur dans l’atmosphère, dus à la souplesse des ailes et à l’élasticité de l’air, des mains et pieds qui corrigent automatiquement sans qu’on en ait vraiment conscience.
Gestes qui ont appris à subtilement anticiper par automatismes avec l’entraînement.

Le soleil qui chauffe à travers la bulle de plexiglas.

L’air de plus en plus frais sur les pieds et dans les aérations.

Réglages fins et sensations du câble qui se tend, se détend, s’étire, un peu élastique pour ne pas casser net sous les à coups brutaux des pilotes débutants et des turbulences fortes.

300 mètres on rentre le train d’atterrissage.

La grosse poignée noire, lourde, la roue et son système qui pèsent et qu’il faut remonter et verrouiller.

L’horizon qui se dérobe.

Qui ne montre en fin de compte que toujours la même chose : lotissements de pavillons tous identiques, routes, autoroutes, stations essences, supermarchés, casernes, fermes, château d’eau, lignes à haute tension, relais téléphoniques, champs, fermes, patelins tous identiques vu d’en haut, lignes de chemin de fer, gares, zones industrielles, cimetières, carrières, toujours l’étalage humain à perte de vue, d’un horizon à l’autre, finalement répandu sur toute la surface de la planète.

Noyés sous la brume de chaleur et de pollution.

Alors on regarde en l’air.

C’est plus joli.

Là est notre futur.

Loin de cette planète sursaturée de pollution, de bruit, d’humains excités et bruyants.

Ils en sont toujours à se chamailler avec leurs petits problèmes relationnels infantiles que nous nous sommes déjà là haut, au dessus d’eux, partis pour les étoiles.

Tout à l’heure, juste à l’aide des ascendances thermiques je serais à 2500 mètres.

Et mine de rien entre les limites de l’espace interplanétaire et mon planeur à 2500 mètres il ne me restera au dessus de moi que les ¾ de pression atmosphérique avant l’espace..

Un bon habitacle, une bonne combinaison spatiale, un bon moteur, des moteurs d’attitude et cela suffit pour aller voir là haut à plus de 80 km d’altitude, là ou on sort de l’atmosphère, là ou on est dans l’espace, là ou un simple véhicule spatial, de l’oxygène, de la nourriture et du carburant suffisent pour aller visiter les planètes du système solaire.

Facile.

50 ans qu’on sait faire ça.

50 ans que nos politiques ne se décident toujours pas.

Lamentable.

500 mètres.

Battement des ailes du remorqueur ordonnant le largage,
je devais rêver, d’habitude on a pas besoin d’attendre que le pilote du remorqueur s’impatiente pour qu’on se largue.

Poignée jaune.

Clong !

Les anneaux d’acier libérés qui bondissent loin devant, le câble se détend en ondulant, et le pilote de remorqueur, pressé de redescendre parce que je ne suis pas le seul à faire décoller, passe sur le dos, tire sur le manche, plonge vers le sol, le câble qui suit l’avion dans une longue et élégante courbe à 200 km/h. Les becs de bord d’attaque des ailes du remorqueur qui s’ouvrent sous la forte accélération.

Moi qui tire doucement sur le manche pour transformer mes 150 km / h en un petit 100 mètres de gain d’altitude.
Et je me retrouve à 95 km / h à spiraler dans ma première ascendance.

Pas le moment de rêver, il faut s’accrocher, gagner les 2500 mètres, la base noire des cumulus.

Serrer le virage dos au vent, l’élargir face au vent.

Pas d’angoisse à avoir, un planeur c’est fait pour résister à 2.5 g et encore il y a une marge de sécurité. Je peux incliner jusqu’à plus de 60 degrés.

Les pilotes de ligne ont horreur de faire ça.

Les pilotes de chasse, habitués à la voltige et au supersonique eux savent qu’on peut le faire, alors ils le font. Pas un problème pour eux, Les limites ils savent où elle sont, eux.

Les ascendances ne sont jamais bien rondes, bien circulaires.

Il faut les visualiser dans sa petite caboche, se faire une simulation visuelle personnelle comme un ordinateur se fait sa simulation informatique 3d, interpréter les informations du variomètre, des sensations au fesses, au manche, à la vue, au badin, à l’altimètre, les variations plus ou moins rapides, les retards et accélérations des aiguilles plus ou moins importants et se faire une représentation mentale 3d de l’air que l’on traverse.

A chaque fois, corriger le lacet inverse au palonnier, l’incidence et le roulis induit au manche.

Aider un peu le planeur à s’incliner en poussant un poil sur le palonnier du côté du virage.

Ne jamais relâcher une seconde sa concentration sur les informations données par le fil de laine qui indique la direction relative de l’air par rapport au planeur, la bille qui indique la direction du poids apparent (si on dérape à l’extérieur du virage ou si on glisse à l’intérieur, si on est bien symétrique en virage), les différents variomètres qui indiquent la vitesse verticale de l’air par rapport au planeur, le badin (la vitesse) et l’altimètre.

Et surtout, presque le principal, les sensations dans les commandes, au moins aussi importantes que les indications quantitatives du tableau de bord, quoi que certaines sont aussi un peu qualitatives.

Et au bout de plusieurs tours, on sait si on est dans une ascendance en forme de croissant, d’œuf, hachée, écrasée par le vent, stable, régulière ou non, une suite de bulles, etc.

Et de modifier chaque seconde de son évolution pour coller au plus près à la partie la plus chaude de la " pompe ", ascendance en jargon de pilote.

Pas le temps de regarder le paysage.

Pas le temps de penser à ce que font les autres restés lamentablement par terre.

Le paysage au sud de la région parisienne, pour ce qu’il a d’intéressant, toujours les mêmes activités humaines citadines au sol de toute manière.

Constatation à chaque fois angoissante : plus on monte et plus les activités humaines vues semblent lentes, les rues de plus en plus désertes, les trains de plus en plus lents, les voitures de petites fourmis lentes insignifiantes.

Plus on monte, plus la présence humaine au sol ralentit et disparaît.

De toute manière, voler c’est aller vers le haut, pas regarder en bas, vers le sol.

Pas le temps de penser à ce qu’on va bouffer le soir au club house.

Pas le temps de penser à la nulasse restée au sol et qui n’a d’autre préoccupation pour sa petite vie de rampante que de se trouver un mec à marier, pour se " caser " s’assurer son pauvre petit avenir de citadine aux crocs du mâle reproducteur qui assura sa subsistance et sa descendance.

Et les premières barbules sont là.

Les petits nuages cotonneux au bord des cumulus et plus bas que leur base noire et glaciale comme l’enfer.

2500 mètres.

L’air est glacial.

30 degrés au sol, -5 sous les cumulus.

On est au dessus des barbules qui orbitent autour de la base du cumulus mais plus bas.

L’ascendance, comme toujours avec l’altitude s’est élargie, stabilisée, est devenue régulière, stable et large, mais considérablement renforcée.

Il ne faut pas y rester sous peine de finir aspiré dans le cumulus noir d’enfer glacial.
Et oui, vu du sol un cumulus ça à l’air joli, inoffensif, mais il ne faut pas se fier aux apparences.

On s’est fixé un cap général 200, presque sud, on regarde comment est le temps vers ce cap là, et on fonce sous le cumulus le plus proche de ce cap.

C’est un tantinet plus compliqué que ça bien sur, des tas de paramètres sont à observer, comme la direction du vent, la nature du sol, l’angle du soleil, entre autre.

Et c’est parti pour aller se balader sur la campagne.

Loin de Paris, de son bruit, de son excitation de sa bulle de pollution immonde qui se répand et s’étale sur les campagnes environnantes.

Dôme gris jaune atroce qu’on voit à des centaines de kilomètres.

Et à chaque tour dans l’ascendance, voir au loin, au nord est, Paris, noyé sous un gigantesque dôme de brume grise et jaune de pollution qui s’étale sur les côtés.

Nettement mieux là dans l’air pur d’altitude !

Prendre comme vitesse indiquée ce que donne le MacCready, petite couronne transparente graduée plaquée sur un variomètre, pour perdre le moins de temps possible entre deux ascendances, donc perdre le moins d’altitude possible.

En général dans les 120 / 140.

Cela peut durer des heures comme ça.

Vol dont on ne peut jamais savoir si ce sera un vol de routine, ou un vol plein de surprises.

Titiller le sommet de la couche d’inversion brumeuse, y replonger pour aller chercher une autre ascendance.

Faire des rencontres.

D’autres planeurs avares d’informations qui se la jouent silence radio, qui ne veulent rien dire de ce qu’ils sont trouvé comme conditions atmosphériques, de leurs projets de vol.

Bonjour le vol d’équipe.

Des hélicos, des avions de tourismes aux trajectoires des plus incertaines et douteuses, qui affichent leur correction de dérive des plus approximativement, pas vraiment sûrs d’eux, des busent qui prennent les mêmes ascendances, qui grimpent plus vite et plus serré, qui vous grattent vite fait bien fait dans le cœur de l’ascendance, jetant un couac et un coup d’œil méprisant à cet engin blanc énorme, lourd, pataud qu’elle dépassent sans beaucoup d’effort.

Des Mirage, des Jaguar, des Puma, des Fouga qui passent très vite et très bas en dessous.

Un Noratlas qui s’amuse à passer 50 mètres en dessous.

Un militaire hilare qui vous regarde dans la bulle de l’astrodome au dessus en arrière du cockpit.

Impression d’être un miniature plongeur de chez Cousteau qui se fait frôler par une baleine volante colossale.

Soudain impression pendant une demi heure que le ciel est vide. Personne ne parle à la radio, personne à l’horizon.

La première fois on panique.

Catastrophe mondiale ?

Seul rescapé ?

Malaise ? Perte de la vision, de l’audition ?

Seul dans un volume de plusieurs centaines de kilomètres.

Et d’un seul coup ils sont tous là à vous frôler.

Et re seul dans l’atmosphère.

Visions de centrales nucléaires au loin, de Mont Saint Michel, de champs, de fermes, de hameaux, de monorail en béton pour aérotrain, de base militaire, d’avions militaires qui s’y posent et y atterrissent.

Sensation de l’atmosphère qui évolue au fur et à mesure de la journée.

Frais qui se dégourdit et se réveille en milieu de journée, chaud, turbulent, dur, excité par le soleil à 15 heures, qui se calme par à coups et par phases en fin d’après midi et jusqu’au soir, de moins en moins réchauffé par le soleil qui descend sur l’horizon.

S’imaginer que tous les aviateurs des années 20/30, de la guerre de 40, des années 50/60/70/80 on tous eu les mêmes altimètres, badins, variomètres, billes et fil de laine, manche à balais, palonniers, compensateurs, aéro freins à manipuler et utiliser, que ce soit dans un Morane, un Latécoère, un Mirage, un F86, un Spitfire, un Mustang, un avion fusée X1 ou X15.

Se rappeler les formules et courbes inscrites au tableau noir par l’instructeur, les journées de mauvais temps où ils nous faisait des cours de mécanique du vol, les formules de cx, cz, énergie cinétique, énergie potentielle, polaires, etc.

Penchés sur les calculatrices scientifiques à calculer des tas de courbes sur du papier froid, dans un hangar glacé par les courants d’air.

Et les comprendre en essayant des petits trucs en l’air quand le chef est loin.

18 heures.

Le soleil baisse, l’air est nettement moins chaud, moins turbulent, les ascendances deviennent difficiles, molles, faiblissantes.

Trois heures avant elles étaient puissantes et violentes, maintenant il faut exploiter finement la moindre bulle un peu tiède.

Il y a encore un heure c’était du pilotage presque d’avion de chasse, à la dure, maintenant cela ressemble plus à du pilotage de ligne, beaucoup plus doux, un autre genre, à la fois calme, presque trop calme mais reposant.

Le plafond des cumulus est doucement passé de 2500 à 1400 mètres, il faut commencer à se la jouer tout en finesse pour rentrer, parce que bientôt il ne sera plus qu’à 700 mètres et les ascendances des plus faibles et délicates à exploiter.

Et on se pose dans un air qui commence à s’humidifier, de la rosée sur le bord d’attaque des ailes, et au niveau des longerons, le soleil bas qui rougit, les myriades de moucherons et moustiques écrasés contre le nez et les ailes qui commencent à puer.

Luminosité du soir, couleurs du soir, odeurs du soir, humidité du soir, longues ombres du soir.

L’heure où les hirondelles sortent en bandes chasser le moustique et le moucheron haut dans les ascendances.
Traverser les bancs d’hirondelles en se demandant par quel miracle jamais une seule ne touche le planeur !

Meilleures pilotes et voltigeuse que les humains, assurément.

Les douleurs et la fatigue qui se font connaître au cerveau et au corps.

Coups de soleils sur le visage et les avant bras, les fesses et le dos meurtris en compote, la sueur qui brûle les yeux, les ampoules éclatées dans la main droite qui a manipulé sans relâche le manche, les doigts meurtris, raidis douloureux d’être restés crispés sur le manche et les autres commandes, la vessie qui s’est retenue pendant des heures, douloureuse, gonflée à exploser.

Cervelle totalement emplie du pilotage, manœuvres difficiles du début du vol devenues une deuxième nature à la fin du vol.

Le planeur qui occupe tout l’esprit, pièce par pièce, incrusté dans les neurones au fil de la journée, à force de s’être totalement concentré pilotage.

Chaque mouvement, bruit, infime, qu’un pilote débutant ne ressentirait pas, qui en raconte énormément sur son état, sur l’air traversé…

Machine qui fait partie intégrante de l’esprit du pilote dans chacun de ses atomes. Ressentir jusqu’au renvoi de commande planqué quelque part dans l’aile que l’on sait commencer à manquer un peu de graisse ou pas assez serré, les infimes efforts de la profondeur monobloc qu’on ressent presque comme si elle nous faisait de la transmission de pensée.

Intimité homme machine volante absolue.

Ressentir l’infime et subtile dégradation des performances des ailes dont les bords d’attaque sont recouverts de moucherons écrasés.

Ressentir l’infime et subtile variation de comportement des filets d’air sur les gouvernes à chaque changement de masse d’air, infimement plus vif là, infimement plus mou là.

Sensation que seule une machine avec qui on a fourni des efforts pour rester en l’air pendant des heures daigne vous délivrer un peu.

Comme on ne connaît bien quelqu’un qu’après des années de choses communes vécues ensemble, épreuves et moments magiques à la fois.

Avoir ressenti le léger mouvement infime de la profondeur de ce type de planeur qui a telle réaction au moment de l’entrée dans une masse d’air de telle composante de mouvement vertical.

Et savoir en analyser la masse d’air et l’attitude du planeur et faire le mouvement à peine visible à l’œil nu sur le manche à balais qui s’impose logiquement.

Et le planeur est content en ne vous infligeant pas des réactions parce que vous l’avez laissé faire, alors qu’un débutant aurait tenté une réaction trop anticipée, exagérée, inutile aux commandes pour corriger ce que le planeur corrige en fait de lui même, aérodynamique parfaite.

Savoir laisser faire la Nature lorsque c’est nécessaire.

Elle sait mieux que nous la Nature.

La fatigue et l’émotion qui assaillent.

Le cerveau fatigué qui revient petit à petit à sa condition initiale de terrien, douloureusement, les souvenir d’une autre vie au sol tellement lourde, terre à terre, usante, comme un fardeau, qui se réinstallent un à un dans un cerveau fatigué, douloureux.

Se demander avec mauvaise humeur si le pilote qui prendra ce planeur demain saura ressentir et aimer mon Charlie 10 aussi bien.

Magouiller pour le refiler à un pilote de chasse plutôt qu’à un stagiaire, encore moins à un pilote de ligne que le laissera à trop bas à 700 mètres alors que les autres grimperont sans problème à 2500 !

Sourire puéril de savoir qu’on va larguer, ce soir dans le bureau, aux autres un : " oh moi, 7 h 45 de vol aujourd’hui ".

A ceux qui n’ont fait que leur petite heure peinarde, juste pour faire le minimum d’heure de vol requis pour conserver la licence, juste pour épater une nana draguée pour le week end… Minable.

Ceux dont on ne sait pas à quoi ils ressemble.

Qui arrivent au club quand on est déjà en l’air, qui repartent quand on est encore en l’air.

Quel gâchis !

3 ou 4 fois 20 minutes de vols ce matin pour essayer des planeurs après leur visite technique annuelle. Le circuit de 300 km peinard à petite vitesse, (les épreuves de performances en circuit ce n’est pas pour moi, par contre la voltige et les longs vol à l’altitude maximale, alors là, je me régale), deux baptêmes de l’air entre 17 et 18 heures, et le vol crépusculaire de 1 heure 40.

Les images fortes, les sons, les différents bruits de l’air sur les surfaces du planeur, légers tourbillons qui viennent faire un plop plop mou sur le fuselage, sifflement chuintant, on dirait un fantôme, de l’air dans les interstices des aérofreins, les sensations des moments difficiles tout comme des moments magiques qui s’incrustent dans l’esprit, dans les oreilles, dans les sens.

Epuisé, vidé de toute substance, mais rempli de sensations de vols pour la vie, (une vie de galère pour une seule journée de vol, ça vaut largement le coup !), le parachute dégrafé sur le dos, on se dirige vers le bureau du chef pilote pour remplir son carnet de vol, satisfait, très satisfait.

On peut tutoyer Neil Armstrong. Chuk Yeager serait à côté descendant de son X1 on trouverait ça des plus normal.

Muroc. (Edwards AFB)

Les films et les articles des journaux aéronautiques sur les Lifting Body, du X15, du X20, des avions fusées X1, X1B X2 de Chuck Yeager, Scott Crossfield, Neil Armtrong, largués d’un B29 ou d’un B52 et qui partent foncer à mach 2 ou mach 7 à une altitude où il faut remplacer les gouvernes par des fusées d’attitude.

Que l’on se repasse dans l’esprit à volonté la semaine au boulot ou dans les transports en commun ou le midi pendant la pose déjeuner avec les collègues..

Revivre un vol crépusculaire dans le bus ou pendant le repas du midi.

Et les autres, à quoi pensent’ils ?

Faire un atterrissage peinard, avoir la piste de 800 mètres pour soi tout seul, découvrir que la plupart des autres ont déjà rentré leurs planeurs dans le hangar depuis longtemps, qu’on est l’avant dernier à se poser.

Le copain sympa qui est resté vous attendre en piste qui nous apprend qu’ils sont déjà tous partis bâfrer au restaurant ou rentrés chez eux dans la banlieue parisienne sordide puante.

Découvrir comme d’habitude que la plupart des gens sont rentrés chez eux à des heures " raisonnables ", c’est à dire dans les 17 heures, heures de bureau imprimés dans leurs cerveaux de citadins indécrottables.

Pour ne pas louper quelque chose à la télé, pour ne pas se coucher trop tard, parce qu’on est invité chez la belle mère, parce que demain on travaille vous comprenez.

Moi aussi je travaille demain et non je ne comprend pas.

Et dans 20 ans que raconteront ils à leurs enfant ?

Avoueront ils un jour qu’ils ont préféré rentrer douillettement à la maison plutôt que de faire un vol crépusculaire ?

Moi je sais bien que non.

Ressentir la planète tourner, traverser le terminateur.

Découvrir qu’en quelque mots, rires, sourires, plaisanteries les derniers posés se racontent un vol rempli de péripéties, et que quelques regards, gestes, mots suffisent pour tout se raconter.

" Ah oui, le front pluvieux à l’est de Châteaudun toi aussi tu as vu comme il s’est super vite développé ? "

" Oui, j’ai essayé de le traverser avant qu’il soit trop important mais j’ai fait demi tour en moins de deux minutes ! "

" La pluie c’est pire que les aéro freins grands ouverts !"

" Bin oui ça c’est sur ! "

" Alors j’ai foncé sur la pompe de service au nord de la base et je me suis refait jusqu’à 2100 quand même et je suis reparti vers le sud ouest pour rallonger ma branche ".

" Super. "

" Bin moi un Jaguar est passé à côté de moi tout sorti, aux grands angles, à basse vitesse pour venir m’identifier, je suis passé un peu limite de la zone interdite de Chateaudun ".

" Yeaaaahhh "

" Il croyait m’impressionner mais je lui ai fait une telle démo de voltige qu’il a eu peur il a foutu le camp pc allumée ! "

" Bin voyons, mais oui, mais oui "

Découvrir qu’il faut, comme d’habitude, comme presque tous les soirs, prendre une ou deux voitures avec une remorque planeur pour aller chercher ceux qui se sont posés dans un champ, bien sur à 100 / 150 km de là à côté d’un patelin paumé qu’on trouve à peine sur la carte, qu’il va encore falloir faire le démontage du planeur dans sa remorque dans les 23 heures à la nuit, dans un champ on sait très vaguement où.

Que l’on va mettre une heure à chercher, lampe torche sur la carte.

Qu’au retour il va falloir le remonter, que je nettoie mon planeur, que je range et vérifie mon parachute dans sa housse spéciale dans la pièce climatisée, que je mette la batterie en charge, nettoyer les ailes, la verrière, la dérive, la profondeur à la peau de chamois, housser les ailes, le cockpit, ranger le fragile tube pitot (tube en acier chromé délicat qui sert de prise d’air pour le badin principalement) dans sont logement spécial dans le cockpit.

Et enfin pouvoir manger, prendre une douche et dormir.

Ah non, toute la paperasserie.

Inscrire les heures de vol des pilotes sur les carnets de vols, les cahiers pour la comptabilité et la facturation, mes heures de la journée dans mon carnet de vol et dans le carnet de bord de mon aéronef.

Sortir du hangar, dans la nuit chaude de l’été, sentir les odeurs de la piste, du tarmac, du hangar encore chauds de la journée.

Se rappeler que quelques heures avant un Jaguar est venu me renifler de près à 2000 mètres au large de Châteaudun.

Curieusement être plus ému par mon atterrissage très doux dans un soirée bien avancée, que par ma bagarre dans les ascendances.

Regarder le ciel et la piste qui se demandent ce que je fous là par terre comme un péquenot bouseux aux jambes et à l’esprit plantés, enraciné depuis des millénaires dans son champs de terrien. Lourd, très lourd, la pesanteur a repris ses droits !

Mais pas pour longtemps !

D’ici quelques générations…. Nous serons sur la Lune avec son sixième de g et sur Mars avec son tiers de gravité.

Des gens qui réapparaissent dans le noir, de je ne sais d’où.

Un ancien pilote de ligne, de ceux qui étaient pilote de chasse ou de bombardier pendant la deuxième guerre mondiale, abattu, déporté, évadé non pas une, mais quatre fois, pas le genre à écrire ces choses là dans un livre et à réclamer la légion d’honneur, qui ont défriché les lignes africaines d’Air France avec des DC3, DC4, DC6 et cette merveille absolue de Lookheed Constellation ; dans les années 1950 / 1960.

Et qui se met à nous faire un cours d’astronomie.

Tout simplement, comme ça.

Encore un grand moment magique que ceux rentrés trop tôt chez eux dans leur vie parisienne ne peuvent pas connaître.

Moi je ne dis rien, j’enregistre tout.

Ce que je vois, les odeurs, ce qu’il dit, l’air tiède, la silhouette du hangar dans la nuit, les étoile, Mars, Jupiter… Surtout sans rien dire pour ne pas gâcher ce moment magique.

Déjà quand il pleut ils nous font des cours de technologie aéronautique, de mécanique du vol, de météo, de navigation, d’aérodynamique et même de programmation informatique pour calculer la polaire d’une aile, son cx, son cz dans toutes les conditions de masse d’air possibles !!

Et ces quelques soirs où, sans presque se concerter tellement cela nous est naturel, laisser des planeurs et les trois avions remorqueurs en piste.

Sachant que la législation autorise les vols vfr ( vol à vue ) une demie heure avant le lever du soleil et une demie heure après le coucher du soleil, bien sur qu’on n’allait pas passer à coté de ça !

En plein été !

Il faut être définitivement fou pour passer à côté de ça !

Décoller en double remorquage (deux planeurs par avion remorqueur, un planeur avec un câble de remorquage court, et l’autre avec un câble long, c’est une technique qui n’est pas pour novice !), grimper à 6 planeurs et 3 remorqueurs à 2000 mètres.

Larguer les câbles tous au top radio du chef.

Et se laisser glisser en vitesse de taux de chute minimum (-0.85 mètre seconde). 50 minutes pour descendre de 2500 mètres à ce taux de chute.

Encadrés de loin par les remorqueurs avec leurs feux allumés.

Admirer le coucher du soleil à 1500 mètres tous en formation large dans l’air frais du soir avec les odeurs et les sons de l’activité humaine au sol qui remontent verticalement jusque dans nos cockpits.

Un chien qui aboie, une voiture qui démarre, une porte qui claque, des voix d'un couple qui se crie dessus.

Se poser presque dans le noir avec juste les lumières de la ville et des phares des remorqueurs qui se sont posés avant nous au bord de la piste.

Comme Mermoz posait son Breguet 14 à une époque où les infrastructures nocturnes et les radio navigation étaient inexistantes.

Pousser tranquillement les planeur humides de l’humidité du soir, à pieds, à deux jusqu’au hangar.

Contents de nous et du grand moment magique gravée à vie dans la cervelle.

Au moins quand on sera vieux on aura quelques moments magiques d’aviateurs à raconter les soirs d’hivers aux petits neveux et petits enfants.

Et ranger et nettoyer les planeurs.

Et surtout ne rien dire.

Avec le bruit des moteurs des avions et de l’air sur les planeur ; les visions magnifiques des autres planeurs et remorqueurs dans la nuit qui tombe au dessus de la Beauce ; les odeurs de l’air d’altitude ; les sensations aux commandes des ailes invisibles dans un air de nuit invisible qui semblent vouloir rester pour l’éternité dans nos têtes.

Et de retourner dans le bureau, content, marquer 1 h 40 de vol en plus pour la journée !

Les autres soirs de pluie ou de brouillard, attendre que les autres, ceux qui pilotent comme ils vont au tennis ou au golf ou au cinéma, les gamins que les parent ont inscrits au stage de pilotage de deux semaines comme on les inscrit en colonie de vacance ou chez les scouts, on attend qu’ils soient au lit.

Le reste ça ne les regarde pas.

Et on sort les cassettes des films pris sur la Lune en 69, ou des vols des X15 au delà de l’atmosphère. Neil Armstrong sur la Lune, Neil Armstrong dans son X15 moins de 10 ans avant.

Et on se les regarde, crevés, chacun une bouteille de champagne à la main, silence religieux et émus en pensant tous " nous aussi un jour on y sera là haut !

Nous aussi nous feront partie de ceux qui sortent de l’atmosphère, biotope de la vie sur Terre depuis 4 milliards d’années.

Les premiers terriens à sortir de l’atmosphère, à se libérer de notre gravité, comme les premiers poissons sortis de l’océan pour explorer les terres asséchées.

Finalement, explorer d’autres milieux, mais ça fait partie de nos gènes, depuis des milliards d’années, depuis nos plus anciens ancêtres qui ont dû explorer d’autres conditions pour survivre.

Maintenant, c’est à nous, c’est notre tour d’aller explorer les planètes, les étoiles.".

Et le lendemain matin pendant que les autres dorment encore.

On est sur un aérodrome et ils dorment !

Se retrouver à 1000 mètres à l’aube dans le rustique et simple mais fiable moto planeur des années 1960, pas rasé, pas douché, avec juste un bol de café au lait dans le ventre.

Seul au dessus de la planète endormie.

Il fait déjà 20 degrés, un grand soleil, brume du matin qui s’élève doucement en stratus qui disparaîtront dès que la chaleur montera, et ils n’ont rien d’autre à faire qu’à dormir !

Quand ils seront vieux ils se diront " si j’avais su quand j’étais jeune, maintenant que mon corps me refuse ces choses là. ". Mais non, c’est trop tard. Je sais, ça agace, mais c’est tellement vrai !

En communion absolue avec l’atmosphère qui commence mollement à frémir sous les premiers rayons du soleil.

Humidité de la rosée du matin sur les ailes.

Odeur forte et très particulière du cockpit dans la fraîcheur du matin.

Voir sur des dizaines de kilomètres les brumes du matin monter et se transformer lentement et majestueusement en stratus. Puis se diluer et s’évanouir dans un air qui se réchauffe vite les matins d’été.

Et ne pas avoir besoin de carte météo pour visualiser dans sa petite caboche tout l’enchaînement logique de l’évolution de l’atmosphère pour la journée, avec une telle température, une telle humidité, un tel sol, un tel ensoleillement, une telle pression, toute la suite des événements météo est tellement logique.

C’est tellement simple, cela ne peut vraiment pas se passer autrement.

Redescendre, tout doucement, très doucement, moteur au ralenti, se demander toutes les deux secondes si ce n’est pas mieux de le couper pour économiser un peu d’essence, mais non, préférer se conserver quelques minutes de vol en plus, moment magique du pilote qui descend de son cockpit après le vol, douche rapide, vrai petit déjeuner avec les autres qui émergent, trop embrumés pour remarquer les portes du hangar déjà ouvertes et le moto planeur sur le tarmac, puis, zen, faire les premiers vols de sécurité des planeurs qui sortent de visite technique annuelle avec un copain et un pilote remorqueur bougon le matin.

Pendant que les autres font les courses, jouent au ping pong, font la grasse matinée…

Pendant que ceux là n’ont rien d’autre à faire de leur jeunesse…

Voir la tête des pilotes du dimanche qui se pointent avec la famille et la marmaille en fin de matinée et début d’après midi, très étonnés de découvrir que nous avons déjà des heures de vol dans la matinée…

En colère de s’apercevoir que tous les planeurs sont déjà pris, que s’ils avaient été là plus tôt ils auraient pu s’inscrire au tableau de vols de la journée avant 10 heures, pour que le chef puisse organiser la répartitions des machines assez tôt pour que cela puisse se faire, selon les pilotes et les vols à faire.

Ce n’est sûrement pas à midi que l’on se pointe dans un club de vol à voile lorsque les décollages commencent justement entre midi et 13 heures l’été !

Certains ne comprendront jamais que l’on ne donne pas rendez vous à la météo !

Toujours les mêmes.

Expliquer à un jeune cadre dynamique, raide dans son magnifique costard bleu pétrole, la coupe de cheveux absolument parfaite, qui regarde avec mépris mon vieux blue jeans, mon vieux tee shirt, mes basquettes usagées ; que l’argent qu’il met dans de superbes chaussures en cuir très chères qu’il entretient avec minutie, bien sûr assorties à sa cravate de grande marque, des lunettes de soleil et une montre plaqués or épouvantablement chères ; que je préfère le mettre dans des heures de vol pendant que je suis jeune.

Et que je préfère attendre d’être vieux et que mon corps ne me permette plus de voler pour m’acheter de jolis vêtements très chers mais très futiles.

" Bin oui tu vois, avec tout le pognon que tu portes sur toi, moi je me paie quand même une centaine d’heures de vol de planeur".

" Mine de rien. "

Choc des cultures.

halmanVoler, rien d'autre que voler!

Posté le 11-03-2007 à 12:58:

 

http://forum.hardware.fr/hfr/Discussions/Loisirs/volez-voile-planeur-sujet_26860_4.htm

Par Juliette - Publié dans : Histoires et récits des vols - Communauté : Loisirs & Passions
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Samedi 31 octobre 2009

Lorsque les pilotes ont un peu d'expériences après leur lâché, ils vont être améné à voler sur la campagne.

Voler sur la campagne veut dire qu'on doit accepter que le vol puisse se terminer dans un champs, lorsqu'on n'arrive pas à retrouver des ascendances assez loin des aérodromes. L'attérissage de campagne n'est pas difficile, mais nécessite quelques précautions, notamment il faut prendre la décision d'attérir, suffisamment tôt, pour trouver un champs à notre goût. Christan Arnould vole déjà depuis un certain temps et cherche à améliorer ses performances.

La difficulté pour lui c'est de pouvoir s'éloigner du terrain, sans être tenté  d'y retourner dès que possible. Mais lisez son histoire d'élastique amusante:

 L' Elastique    
mercredi 17 octobre 2007 - 14:56
Écrit par Christian ARNOULD   
www.cvve-bailleau.org/Frequence%20BYO/Frequence%20BYO%20n4%20-
%20septembre%202006.pdf
Mes débuts en vol de campagne et mes difficultés à quitter le local de l'aérodrome de Bailleau ......

L’ Elastique

Tout le monde connaît cette matière souple. Une origine minérale ? végétale ? Non, celui dont je veux vous parler est d’origine animale. En tout cas il est doué d’une certaine forme d’intelligence. J’ai joué au « profiler » pour dresser son portrait psychique. J’ai donc formulé quelques hypothèses.

La première fois que j’ai rencontré l’Elastique, c’était en 2005. Je venais d’être « lâché campagne ». Je m’aventure avec Victor, le 10ème du nom, l’un des LS4 de mon club de Bailleau, en direction d’Etampes. Je suis à la hauteur d’Auneau (à 10 kms), seul dans les airs, quand subitement « il » accroche une de ses extrémités à mon LS4. Je suppose que l’autre extrémité est accrochée au pied de la manche à air de Bailleau car mon planeur à fait un 180 et je me retrouve au dessus de terrain. Beaucoup parmi vous ont du connaître à leurs débuts un épisode similaire. Vous avez pensé à votre propre manque d’assurance, à votre envie de revenir à l’écurie ? Non, non, c’était l’Elastique qui, agissant tel celui d’un Jokari, vous a ramené à votre point de départ.

Première hypothèse : l’Elastique s’en prend surtout aux pilotes peu expérimentés et seuls dans les airs. Il est grand (10 à 20 kms) et possède un pied fixé au sol.

Le lendemain, Eric GARNIER me propose de le suivre jusqu’à St-André (50 kms). Les plafonds ne sont pas extraordinaires mais je reste dans le sillage du LS6, ne le quittant pas des yeux pour bien repérer la sélection des pompes faite par Eric. Vous me croirez si vous voulez, mais l’Elastique ne m’importune pas. « Il » me laisse profiter de cette excellente leçon de cheminement prodiguée par Eric.

Seconde hypothèse : « Il » craint nos pilotes chevronnés puisqu’il en suffit d’un dans les parages pour l’éloigner des autres pilotes.

Quelques jours après, je pars, toujours avec un LS4, vers Pont-sur-Yonne. « Echo India » part en même temps que moi et pour la même destination. Un petit peu après Auneau, je crains de retrouver l’Elastique. Les varios sont bons et je reste confiant. La bête sommeille probablement. « Echo India » qui est à 1 ou 2 kms derrière moi, me dit à la radio « V10, j’abandonne, je repars à Bailleau ! ». Il venait subitement de se faire accrocher par l’Elastique.



Troisième hypothèse

Je poursuis mon vol, je passe Etampes (35 kms de Bailleau) et là, je sens comme une résistance. Je me dis c’est l’Elastique qui après avoir ramené « Echo India » est revenu me chercher ! A moins que ce soit l’Elastique d’Etampes car je crois bien qu’il y en a un également, fixé à la tour. Il me semble un peu moins fort, probablement moins habitué aux planeurs que celui de Bailleau. Je lui résiste mais je sens mes forces faiblir quand j’entends à la radio « V10 de 86». C’est Emmanuel LANTELME, qui me propose de le suivre jusqu’à Pont-sur-Yonne (120 kms de Bailleau). Instantanément, l’Elastique se décroche de mon LS4 ! Bien fait ! J’apprendrai à mon retour, qu’Emmanuel ayant eu connaissance par Jean-Michel KOUN du 300 que « Echo India » et moi voulions faire, avait choisi de voler dans les parages. Là aussi, j’ai eu une magnifique leçon d’exploitation des ascendances et des cheminements, sans que ni l’Elastique de Buno, ni celui de Moret pas plus que celui de Pont-sur-Yonne ne se fassent sentir.


Ma seconde hypothèse se confirme : « Il » craint les pilotes chevronnés.

En revanche, au retour vers 15 h et pour boucler les 300 il me fallait encore aller à La Loupe. En passant non loin de Chartres, « Il » m’a fermement accroché comme pour se venger de n’avoir pas réussi à le faire plus tôt et tout ça malgré les efforts d’Emmanuel ! « Il » m’a ramené à Bailleau. Mon 300 était manqué.

Quatrième hypothèse : l’Elastique est rancunier.

Après plusieurs vols un peu similaires (dont les vols faits à Bailleau dans le cadre du stage « Perfectionnement Campagne »), avec toujours l’Elastique plus ou moins embusqué, vint enfin mon premier « 300 comme prévu » qui passait par Courtenay puis Montlandon. Ce jour-là, les varios et les plafonds sont idylliques. Hors de la TMA, je vole entre 1400 et 2200m sol. L’Elastique n’est pas venu m’importuner une seule fois. Il m’a même laissé faire une moyenne de 76 km/h ! A mon niveau, quelle satisfaction !



Cinquième hypothèse : l’Elastique a un défaut de vision. Il est incapable de voir un planeur au dessus de 1400 m.

J’espère vous avoir convaincu de la nature vivante de cet Elastique. Je sens que maintenant « Il » aura beaucoup plus de mal à s’accrocher à moi, même si je sais qu’ « Il » y réussira encore. « Il » doit savoir que tous les conseils que j’ai reçu à Bailleau lui seront un jour fatal. J’en profite pour remercier tous ceux et celles qui m’ont permis en si peu de temps (ma première inscription date d’octobre 2003) d’atteindre un niveau que je n’avais pas même pas osé imaginer à l’origine. Niveau certes très modeste en regard des grands vols et des grandes performances réalisés par nos pilotes chevronnés, mais je sais que je peux compter sur l’équipe de Bailleau pour m’aider à l’améliorer encore.

Alors, jeune (ou vieux) débutant, tu rencontreras un jour l’Elastique. Apprends à le dompter, à l’apprivoiser. Nous avons dans tous les clubs des vélivoles de bonne volonté qui t’aideront pour cela. Ils sont nombreux et tu sauras les reconnaître rapidement. Ce sont ceux qui n’hésitent pas à partager, à échanger, ceux qui restent modestes devant leurs performances mais qui sont prêts à faire en sorte d’améliorer la tienne. Ils constituent une grande force pour notre activité.

 

Pour en revenir à l’Elastique, encore un conseil. Si un jour de fin juin, alors que les céréales ne sont pas encore moissonnées, les maïs déjà trop grands, des conditions météo peu sympathiques, si ce jour là tu sens l’Elastique t’accrocher à une quinzaine de kms de ton aérodrome, alors laisse-toi faire car ce n’est pas « Lui » mais simplement la Prudence. Cette bête là, ne cherche pas à la combattre. C’est une amie et tu dois vivre avec elle.

A bientôt sous les cumulus, Bons vols à tous.

Christian ARNOULD

PS : l’image de l’élastique m’a été donnée par Julien HENRY, un jour où je lui narrais ma frilosité à partir ... encore un autre champion qui aime partager ses connaissances et son expérience.

: l’Elastique manque de courage. Lorsque plusieurs pilotes peu expérimentés volent de concert, « Il » n’a pas la hardiesse de les affronter tous ensemble !


Par Juliette - Publié dans : Histoires et récits des vols
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Samedi 31 octobre 2009
Andre Guevara, pilote au sein de l'association Sportive de Vol à Voile de Angers Marcé (49) nous propose un poème "vélivole" ..... un peu de douceur dans ce monde de brutes !



Pensées dans les airs ....

En montant tout la-haut, d'une allure légère,
Un son religieux se répand dans les airs,
C'est un planeur qui glisse avec élégance,
Et joue dans le ciel quelques notes au silence.

Temps jaloux, se peut-il qu'en ces moments d'ivresse,
Volent avec nous et à la même vitesse,
Tout ce qu'on entend, qu'on voit et qui attire,
Comme le vent qui gémit sur les ailes qui respirent.

Promener au hasard son regard sur la plaine,
Comme le fit Hersen, les autres et bout de laine,
Définir cette hauteur, cette hauteur qui inspire,
Et songer à ce ciel qui reste encore à décrire.

Tout brillant de savoir, d'esprit et d'éloquence,
Ravir le ciel dans le plus grand des silences,
Sans moindre discours et harmonieuse adresse,
Et s'accrocher à l'air chaud, comme à sa première maîtresse.

Le badin offre à l'esprit mille agréments divers,
Là où tous les hommes semblent nés pour les airs,
Mais pour nous bannissons nos vaines erreurs,
Celles qui font perdre le rêve des hauteurs.

La nature est fertile en esprits excellents,
Et sait donner l'envie d'étaler ses talents,
Aussi dépouillons avec l'arrogance du bonheur,
Cette belle grâce, qu'on appelle... planeur.

Andre Guevara

 

 




 

 



Trois poèmes sur les oiseaux blancs, trois contextes différents:

L’oiseau blanc

Il tourne, tourne, l’oiseau blanc
Cherche-t-il dans l’azur ses rêves d’enfants
ou des voluptés d’homme devenu grand ?

Nul ne le sait, pas même lui,
Il tourne, tourne, fuit vers le midi,
Virevolte encore et encore,
Se ravisant soudain, s’élance vers le nord.

Qu’a-t-il vu là-bas de si beau ?
" Attendez-moi lointains passereaux "
Il lisse son bec au coton blanc de l’air pur
Elance ses ailes dans le bleu de l’azur.

Et soudain, il file, glisse vers le bonheur,
Une puissance invisible l’inspire toutes ces heures.
Faut-il être fou ou au contraire très sage,
Pour courir ainsi après des nuages.


MARIANNE


Ses courbes sensuelles ont su t’émoustiller,
Dans tes rêves les plus beaux, elle t’a fait t’envoler.
Le printemps arrivé, tu as su la dompter.
Le Jura, le Plateau, et les Alpes également,
Ont été les théâtres de vos ébats déments.
Les Thermiques, le Soleil, le Vent et les Nuages
Ont été les complices d’une joie qu’on partage.
Mais l’chef mat’ est venu et a montré les rides
Qu’ont laissé sur sa peau les éléments acides.
Marianne, fatiguée, d’un lifting a besoin,
Et de mains amicales espère les bons soins.
Nous aurons le plaisir de la remercier
Un samedi et dimanche au début février.

 



Sur l’air des amoureux des bancs publics
De Georges Brassens

Les gens qui vol’nt de travers
Pensent que les KA 13
Qu’on voit dans les hangars.
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents.
Mais c’est un’ absurdité, car à la vérité,
Ils sont là c’est notoir’,
Pour accueillir quelques temps,
Les pilotes débutants.

Refrain
Les amoureux qui vol’nt sur des plastics
Des plastics, des plastics
En s’ foutant des KA 13 du jurassiqu’
Des débutants honnêtes.
Les amoureux qui vol’nt sur des plastics
Des plastics, des plastics
Regrettent encore les temps préhistoriques
D’ leurs débuts aéronautiques

Ils tiennent leur stick par la main
Et rêvent d’un lendemain,
Au ciel bleu d’azur.
Qui profilera l’épure d’leur machine à voler
Ils se voient déjà douc’ment,
Lui trimant, l’autre navigant,
Dans un air d’aventure.
Et honnissent déjà la vache qui les fait trembler.

Au refrain

Mais quand l’instructeur Machin
Croise sur son chemin,
Un pilot’ qu’a mal appris.
Il le met à pied d’office sur un planeur miteux.
N’empêche que tous les membres du club,
(les deux Phil, André, Bruno, Bob, Jean Louis, Piet ou Thierry . . .)
Voudraient bien de temps en temps
Pouvoir gueuler comme eux

Au refrain






http://pagesperso-orange.fr/fou.ailes/citations_poesie.htm

 

"L'avion ! L'avion ! qu'il monte dans les airs
 Qu'il plane sur les monts, qu'il traverse les mers
 Qu'il aille regarder le soleil comme Icare
 Et que plus loin encore un avion s'égare
 Et trace dans l'éther un éternel sillon
 Mais gardons lui le nom suave d'avion
 Car du magique mot les cinq lettres habiles
 Eurent cette vertu d'ouvrir les ciels mobiles."


 Guillaume Apollinaire
 

                                      

"Souvenez-vous: Au-dessous des mers de nuages... C'est l'éternité"

 





"Je vole car cela libère mon esprit de la tyrannie des choses insignifiantes"

 







"On fait un travail d'homme et l'on connaît des soucis d'homme. On est en contact avec le vent, avec les étoiles, avec la nuit, avec le sable, avec la mer. On ruse avec les forces naturelles. On attend l'aube comme le jardinier attend le printemps. On attend l'escale comme une terre promise, et l'on cherche sa vérité dans les étoiles"

Antoine de Saint-Exupéry  









 

 

"Une fois que vous aurez goûté au vol, vous marcherez à jamais les yeux tournés vers le ciel, car c'est là que vous êtes allés, et c'est là que toujours vous désirerez ardemment retourner."
Léonard De Vinci

 

 






"Le plus beau rêve qui hanta le coeur des hommes depuis Icare est aujourd'hui devenu réalité."

Louis Blériot

 

 



"Les vrais pilotes ne prennent pas tant de plaisir à marcher. Ce qu'ils aiment, c'est voler."

Neil Armstrong

 



 

"Le désir du vol est une idée qui nous vient de nos ancêtres, lesquels, aux temps préhistoriques, dans leurs épuisants voyages au travers des terres sans traces, regardaient avec envie les oiseaux planer librement à travers l'azur, à pleine vitesse, au-dessus de tout obstacle, sur la route infinie du ciel"
Wilbur Wright

 

 

"Un avion symbolise la liberté, la joie, la possibilité de comprendre. Ces symboles sont éternels."

"Nous avons une raison de vivre : apprendre, découvrir, être libres"

"Pour pouvoir voler vous devez croire à l'invisible"
Richard Bach
 

 

"Quand je ne chante pas, je fais de l'avion, ou j'en rêve. Ce qui est beau, c'est de faire du rase-mottes dans les nuages. On trouve des routes, on suit des avenues, on se perd..."
Jacques Brel

 

 "Le beau côté de notre métier de pilote de ligne est de s'imaginer,de temps à autre,que nous vivons loin des choses d'ici-bas,que notre existence est faite d'une suite d'aventures"
Jean Mermoz

 

 

"Le moteur est le coeur d'un avion, mais le pilote est son âme"
Walter Alexandre Raleigh

 


"Dans quelques années, les avions seront pilotés par un commandant et un chien. Le travail du chien sera de surveiller les boutons pour que le pilote ne touche à rien"
Scott Adams

 


"J'ai refait tous les calculs ...notre idée est irréalisable.
Il ne nous reste qu'une chose à faire: la réaliser!"

Pierre Georges Latécoère

 

 

"Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile,c'est doux, la nuit de regarder le ciel..."

 

"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux"
Le Petit Prince

 

                     

 

       L'avion

        L’avion au fond du ciel clair,
        Se promène dans les étoiles
        Tout comme les barques à voiles
        Vont sur la mer. 

        C’est un moulin des anciens âges
       Qui soudain a quitté le sol
       Et qui, par dessus les villages a pris son vol

        Les grands oiseaux ont peur de ses ailes,
        Mais les enfants le trouvent beau,
        Ce grand cerf-volant sans ficelles
        Qui va si haut

        Moi plus tard, en aéroplane,
        Plus hardi que les plus hardis
        Je compte bien aller -sans peine-
        Au Paradis.     

         Lucie Delarue-Mardrus (1880-1945

 

 

High Flight

Je me suis libéré des emprises de la terre,
pour danser dans le ciel,
sur des ailes argentées d’un grand ris.

Je suis allé vers le soleil,
j’ai rejoint les cascades chaotiques de nuages tranchés de lumière.

Et là,
j’ai vécu des moments dont vous n’avez jamais rêvé !

Voler, Planer, Balancer si haut dans le Silence solaire…

Suspendu, j’ai pourchassé le vent hurlant,
et lancé mon vaisseau au travers de fabuleuses cavernes,
pleines d’un air raffiné.

Haut, plus haut, au long d’un délire de Bleu brûlant,
j’ai survolé les sommets balayés de vent,
dans une sérénité que nul aigle, nulles alouettes,
n’ont jamais vécu.

Puis,
alors que mon esprit silencieux s’élevait,
au travers du sanctuaire inviolé de l’Espace …

j’ai sorti une main…

et caressé le visage de Dieu .

 

John Gillespie Magee, Jr. 3 septembre 1941

Par Juliette - Publié dans : Histoires et récits des vols - Communauté : planeur passion
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Samedi 31 octobre 2009

03.89.40.95.03

 

Coordonnées :

 

Latitude : 48° 06' 37" N

Longitude : 007° 21' 33" E

Altitude de l'aérodrome : 628'

Altitude du seuil 01 : 626'

Altitude du seuil 19 : 611'

Déclinaison magnétique : 0°(05)

 

 

 

Pour arriver au nouveau Club-house: Sortir de l'autoroute de Strasbourg/Colmar à Colmar Houssen, direction aérodrome

 

de Mulhouse sortie aérodrome puis comme indiqué sur la carte....

 






Nous venons de subir un démenagement de notre club avec une menace de fermeture de l'aérodrome.  Les nouveau hangars existent un nouveau club-house a été bâti, mais l'aménagement du sol pose problèmes...


pour voir plus de photos: voici un link  qui mène sur une galérie: link

 

Par Juliette - Publié dans : découverte vol à voile
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Samedi 31 octobre 2009


Musée de l'air et de l'éspace:
La journée des  femmes de l'air

http://www.mae.org/






Dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, le musée de l'Air et de l'Espace fête les Femmes de l'Air, samedi 7 et dimanche 8 mars 2009.



Cette 4ème édition s’ouvre aux pilotes et passionnées
européennes, civiles et militaires.

Cette année encore, plus de
100 femmes pilotes sont attendues sur le tarmac du Bourget : une quarantaine d’avions privés, et au moins un aéronef, avion ou hélicoptère, représentant chaque corps d’armée français : Armée de l’Air, Armée de Terre, Marine, Gendarmerie.

Leurs homologues européennes sont également conviées à venir démontrer la forte implication des femmes dans toutes les aviations. Tous les équipages seront exclusivement féminins.



Outre les pilotes, l’objectif de l’événement est également de rendre hommage à toutes les femmes qui exercent un métier dans le secteur aéronautique et de réunir les passionnées. Le public pourra venir à la rencontre de toutes ces professionnelles et échanger dans une atmosphère chaleureuse, sur le site mythique de l’un des premiers musées aéronautiques du monde...



La majorité des avions sont attendus dans la matinée du samedi. Les samedi et dimanche après-midi seront consacrés aux animations, notamment des débats-témoignages d’aviatrices célèbres.









La journée internationale de la femme depuis 1975

Les Nations Unies commencent à observer la Journée internationale de la femme en

1975. L’ONU, sur proposition de la Fédération démocratique internationale des femmes |1|, adopte en 1977 une résolution pour inviter chaque pays de la planète à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale. Le 8 mars est ainsi devenu cette journée de reconnaissance dans de nombreux pays.








Dans le monde de l'aviation,  l'inégalité de la femme fut frappante. en 80 encore une femme ne pouvait devenir pilote de chasse. de ce constat est né une  Association:


l'Association Française des Femmes Pilotes.


 

  http://www.femmes-pilotes.com/index.php?lng=fr

L’association naît en1971, sous la présidence de Marie-Josèphe de Beauregard, de la révolte de sept femmes. Les unes pilotes professionnelles comme Jacqueline Golay, Anne-Marie Peltier, Danielle Decure, Nicole Demarle, les autres pilotes privées, avaient chacune dans leur domaine pris conscience de l’isolement des femmes dans l’aviation.

 

Nous n’étions pas en avance, les Américaines avec pour figure de proue, Amélia Earhart avaient fondé les « 99 » en 1936, les Anglaises dès 1955 la « BWPA » et les allemandes la « Vereinigung Deutscher Pilotinnen EV » en 1968. Il était temps d’unir les femmes pilotes (en France), de les défendre et d’assurer leur intégration. Et ce n’est que le 13 janvier 1973, que l’APF a pu obtenir l’autorisation pour les femmes de se présenter au concours de l’ENAC (Ecole Nationale de l’Aviation Civile)

 

Puis tout va très vite. Dès 1974, enfin, Patricia HAFFNER présente le concours qu’elle est la seule fille à obtenir.

 

Les barrières étaient tombées. Depuis,de nombreuses filles exceptionnelles ont réussi à franchir toutes les étapes. Danièle DECURÉ membre de l’association sera la première femme à devenir commandant de bord. Mais Jacqueline DUBUT était la première femme pilote de ligne à Air Inter.

 

Le nombre de femmes est en constante augmentation, cette banalisation est devenue un véritable encouragement pour les jeunes femmes pilotes.

 

Dans l’armée de l’air, en 1985 Isabelle BOUSSAERT sera la 1ère pilote militaire. Puis le 28 mai 1999 la très regrettée Caroline AIGLE reçoit son « macaron » et devient à 25 ans, la première femme pilote de chasse française. Depuis sa tragique disparition elle est devenue pour toutes les femmes un modèle et une figure emblématique.

 

En 2007, nous sommes environ 3000 femmes pilotes, soit 7 % des licenciés, nous sommes loin de la parité. L’association reste à l’écoute des problèmes qu’elles rencontrent. N’oublions pas que les aéro-clubs sont et resteront le creuset des professionnelles de demain.

 

C’est pourquoi, en 2008 nous voulons développer l’image de femme et mieux nous faireconnaître du grand public, afin d’augmenter le nombre des femmes pilotes dans les clubs. C’est en partenariat avec la F.F.A. que nous organiserons le 11 MAI 2008 lapremière journée nationale de « l’aviation au féminin » dans tous les aéro-clubs partenaires.

 

 

 

Association féministe ? Pas vraiment, puisqu’il s’agit d’égalité des chances et aujourd’hui toutes les femmes qui veulent faire une carrière aéronautique civile ou militaire le peuvent.même si le parcours reste difficile (comme pour les hommes d’ailleurs). Mais les femmes grace à leurs vertus premières « courage et ténacité » atteindront sans nul doute leurs objectifs. Aujourd’hui l’association reste présente pour les aider et lessoutenir

 

 

L’A.F.F.P. organise des stages, voyages et conférences, elle réunit les femmes dans un esprit convivial et chaleureux avec leurs conjoints, et amis. Ces rencontres permettent d’échanger entre pilotes professionnelles et privées, de faire part de leurs expériences et par là même de progresser.

 

 


Secrétariat : Agnès Rutherford   6, rue de la Glacière -  78720 SENLISSE / tél : 01 30 52 51 37 - e-mail : agnes.rutherford@laposte.net link








Dans le monde du vol à voile, enfin une fille dans l'équipe de France junior masculin!



il a fallu attendre 2009 pour voir la nommination d'une pilote féminine vélivole dans une équipe de France mixte.


Nathalie Hurlin, 650h de vol, lâchée solo à 15 ans, elle est brevetée le jour de ses 16 ans.

Championne de France en 2007, vice-championne de France en 2008,

elle a aussi réalisé le plus grand circuit en catégorie moins de 25 ans, soit 766 km.


Elle est sélectionnée pour les championnats du monde féminins 2009 en Hongrie,

et finalement ausi  pour les

championnats du monde junior, en Finlande.

C'est une première que de ce trouver à côté des hommes aux championnats du monde, alors que bon nombre de femmes participaient depuis belle  lurette aux championnat de France mixte parmis les hommes.
Jamais aucune femme ne fut sélectionnée parmis l'équipe, même lorsque les performances furent égales.

Christine Morokko, Claire Luyat, Anne Marie Pinon, Marie Gavaret, dernièrement Jutta Sturm, aucune fut admise parmi l'équipe de France mixte.

 Tout au plus une participation au championnat féminin fut proposé.


C'est Alain Eyrier, président de la Fédération Française du vol à voile 2005-2009, qui a insufflé une nouvelle politique envers les pilotes féminines.

 Il a demandé à l'entraîneur national, Eric Napoléon, de monter une équipe de France féminine à l'occasion du championnat du monde organisé en France.


Cette toute nouvelle équipe a remporté le placement par équipe et désormais les femmes bénéficient du même traitement que les hommes.
Notons que la gagnante dans ces championnats de monde va être automatiquement invité à participer aux championnat du monde des hommes.




Nathalie Hurlin a donc une place particulière dans l'histoire de l'aviation de part de la première sélection en équipe de france mixte et participation aux championnats du monde junior, des hommes!



Témoignages des pilotes féminines

L'équipe de France féminine fut invité lors de cette journée de la femme de l'air!
Nathalie Hurlin et Jutta Sturm purent se rendre surplace, accompagné de Jean Claude Brochon (FFVV)  et elle ont témoigné devant l'assemblée (300 personnes)  du place du vol à voile parmis l'aviation et de cette recente intégration d'une femme dans l'équipe de France masculin!

Il n'était pas facile de parler après des pilotes de ligne, de chasses des hélicoptères, mais que nous réuni toutes? La passion de l'air.

Ainsi Jutta Sturm a brièvement rappellé que le vol à voile était bien la pépinière des pilotes qui vont devenir ultérieurement pilotes de chasses, de ligne.
 link
 En 35 ans elle a pu former et a vu 40 pilotes de planeur devenir pilotes professionnel. "La première pilote de chasse orsa, Marie Zoll,  fut formé en vol à voile par moi et bien sur des autres instructeurs de Colmar", se rappelle-t-elle.


Ce sport, cette pépinière, on le pratique de 14 à 80 ans. C'est un sport à maturation lente comme aime le rappeller l'entraîneur national, mais à l'entraînement conséquent, un pilote peut monter sur le podium au plus jeune âge. 


Nathalie a pu témoigner de sa place d'exception, de cette égalisation historique de la place de la femme parmis les pilotes masculin! 


"J'ai pu effectuer un circuit de 766km, ce qui représente le plus grand circuit jamais effectué par un jeune pilote de moins de 25ans".

Une femme peut pratiquer ce sport au même titre qu'un homme, tout dépend de la formation de base et de l'état d'ésprit de la femme.


"Je suis toute heureuse de pouvoir vous annoncer lors de cette journée de la femme de l'air,

que je suis la première femme sélectionnée parmis une équipe, traditionnellement masculin.

Espérons que mon cas se généralise et qu'on nous accepte à partir de nos performances dans ces équipes. "






La rencontre avec l'association française des femmes pilotes a mis à jour de l'organisation de différents événements. Le
17 mai 2009 l'AFPF organise une Journée de l’aviation au féminin et les vélivoles vont cette année encore organiser une journée de découverte pour les femmes:
desormais des échanges vont pouvoir s'organiser durant ces journées


 


 

Journée des femmes de l’air


Musée de l’air et de l’espace


Le Musée de l’air et de l’espace a mis les pilotes féminines à l’honneur à l’occasion de la Journée mondiale le 8 mars.

L’association française des femmes pilotes fut à l’origine de ce Week-end consacrés aux femmes de l’air.


En 1971, des pilotes féminines se sont révoltées et ont exigé à ce que les femmes aussi puissent se présenter au concours de l’ENAC.
Elles obtiennent gain de cause en 1973 et c'est en 1974 la première femme obtient ce concours tant convoité.

Beaucoup de femmes sont devenues alors pilotes de ligne et même le militaire a du ouvrir ces portes :

 la première pilote de chasse, Caroline Aigle a reçu en 1990 son macaron à 25 ans.

 Même si aujourd’hui Caroline n’est plus parmi nous, bon nombre de femmes ont empreint le même chemin.


Infatigable, la présidente de l'AFFP souhaite aujourd’hui rendre l’image de la femme pilote encore plus accessible au public.

 Il faut dire que le musée de l’air s’y prête bien!        Gérard Felzer, son directeur a aussitôt invité la gente féminine aéronautique pour leur préparer une rencontre chaleureuse, dans une ambiance festive.


Vous vous demandez : « et le vol à voile dans cette journée » ?


C'est sans compter avec Gérard Felzer, Gérard est passionné par de nouveaux projets de l’aéronautique.

Cette année il tente un nouveau pari : celui d’implanter sur le tarmac du Bourget un treuil électrique qui pourra hisser des planeurs en air, afin de faire profiter des nombreux jeunes de l’opportunité d’un baptême de l’air en planeur.


C’est ce contact avec des vélivoles, qui lui donne l’idée d’inviter l’équipe de France féminine à  sa journée. 

 Nous, (Nathalie Hurlin et Jutta Sturm), nous sommes rendues sur le champs et par voie terrestre à cette invitation.

 (c’est promis, l’année prochaine ce sera en planeur qu’on arrivera…).

Samedi matin, nous sommes accueilli par l’équipe organisatrice.

La présidente de l’association des femmes pilotes elle-même nous invite pour un petit déjeuner, à la mezzanine du hall des hélicoptères. C’est là que nous nous rendons compte du travail accompli de l’association des femmes pilotes !

Après ce petit déjeuner, nous avons pu accueillir les pilotes de chasses de l’armée de l’air tout juste arrivée sur le parking, entouré par des journalistes et des caméras de télévisions. Elles avaient l’air si fragile à côté de leurs engins de guerre, mais ni Nathalie, ni moi avions le moindre doute qu’une femme pilote aussi facilement ces engins que les pilotes.


Vers 13h30 toutes les pilotes confondues ont posé pour une photo devant le concorde, avec en cockpit la seule mécanicienne du concorde….

A 14h Les femmes issues de chaque métier aéronautiques furent invitées à parler de leurs expériences aéronautiques. Pour la première fois les vélivoles avaient droit à la parole !

 La première général de l'armée de l'air, une pilote de ligne, une pilote de chasse, une navigatrice, notre championne de la voltige, Catherine M, une championne de parachtisme.... toutes ses femmes ont su nous faire parvenir une étincelle de leur passion de l'air.... Que dire après tant de pilotes professionnelles…

 Il nous est venu à l'esprit que Nathalie fut la première pilote féminine à être sélectionnée dans l’équipe de France junior. Elle a également été première jeune pilote à effectuer un vol de 750 km. Nous décidons rapidement de parler de ces deux événements qui peuvent intéresser le public.

Nous pensons également important de montrer que le vol à voile est une véritable pépinière des pilotes de lignes et de chasse. Jutta, en jardinière improvisée, va donc parler de la pépinière, toute fière qu'elle fut d'avoir pu participer à la formation de pilotage en planeur de Marie Zoll, première femme pilote de chasse ORSA.


Nous espérons avoir souligné l’importance du rôle du vol à voile dans le monde aéronautique. Le nouveau contact avec l’association des femmes pilotes va aboutir dans un nouveau travail de partenariat, afin d’organiser des événements commun pour le public.

La journée du vol pour les femmes du 17 mai organisée par la FFA, déjà repris par un club parisien, pourrait devenir une journée partagée par nos clubs. La nouvelle
commission féminine va élaborer d’autres projets en commun avec cette association.

En contact avec cette association nous nous sommes rendues compte, que les vélivoles féminines ont toujours eu un énorme mal à être admis dans l’équipe de France mixte, même si Marcelle Choisnet en 1947 semblait avoir réussi.

Même si les compétences de pilotage de Claire Luyat sont aujourd’hui unanimement reconnues, elle ne fut qu’en 1996 et 1998 envoyée au championnat du monde mixte….La nouvelle politique inauguré par Alain Eyrier et Eric Napoléon envers les féminines va peut-être faire évoluer cette
tendance...
.






Par Juliette - Publié dans : pilotes féminines - Communauté : Les plus belles chose du Monde
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Samedi 31 octobre 2009

fable beauceronne, début XXIème siècle site web de planeur Chartre


www.planeur-chartres.org/archives/saison2003/20030531/fable.html
Tiré des archives de planeurs Chartres




Deux vélivoles,
un jour, s'en allèrent planer,
Au dessus de la Beauce, par un beau jour d'été.
Aquilon et Zéphyr leur ayant fait faux bond
Ils durent se poser dans un champ, furibonds.

"A côté d'Artenay, Delta Deux Fois vaché"
Furent les mots par eux à l'éther confiés.
En attendant du club, la remorque envoyée
A l'ombre d'un bosquet, s'allèrent reposer.
Survint un paysan qui cherchait aventure,
Avec son frère, sa mère, sortant de leur voiture,

Disciples de Bacchus, par le vin échaudés,
Nos amis vélivoles voulurent faire chanter.
" Je suis ici chez moi, vous n'y êtes conviés,
Et pour mes betteraves, il vous faudra payer.
Avant qu'il soit plus tard, il vous faut décamper,
Sans quoi de mon bâton je vous ferai tâter.
Quand à votre planeur,
qui mon champ a gâté,
Il n'en ressortira, que vous n'ayez versé,
Dedans mon escarcelle, trois cents écus comptés,
Sans quoi c'est mon tracteur qui viendra l'écraser. "
" Holà, Monsieur, tout doux ", répondit le pilote,
" Afin que l'assureur puisse régler la note,
Allons quérir le Guet ou la Maréchaussée,
Qui sauront derechef les dégâts constater."
Notre homme avait-il eu,
avec lesdits Sergents,
Quelque mot, quelque heurt, ou quelque différend ?
Nul ne sait.
Toutefois, en entendant ces mots,
Le voici, à présent, aussi doux qu'un agneau.
Et tous trois s'en allèrent regagner leur foyer,
Après avoir de pluie et beau temps devisé.
Nos joyeux vélivoles, amis de la nature,
Jurèrent, bien entendu, d'épargner les cultures.
Quelques heures plus tard, la remorque arrivée,
Craignant que ses betteraves ne fussent piétinées,
La mère s'en revint, surveiller les travaux
Et de leurs véhicules, noter les numéros.
Le planeur démonté,
après bien des efforts
Dans sa remorque au sec,
prêt à rentrer au port,
Sur le sort de ses raves, la mère enfin tranquille,
Remonta tout de go dans son automobile.
La batterie, dit-on, ou bien le démarreur
Refusèrent alors d'accomplir leur labeur.
Sans rancune, ma foi,
nos cinq amis tentèrent De l'aider,
mais en vain, à sortir de ses terres.
Un fils, en maugréant,
vint lui porter secours,
A ce que l'on en sait, ils y seraient toujours






une vache qui s'est passé  pour moi: Au Championnat de France 2008 à St Florentin, je me suis vachée dans un près énorme. Mon planeur s'appelle Charlie, et curieusement la jeune maman qui venait à ma rencontre venait avec son petit garçon nommé: Charles... Lorsque Christophe mon mari arrive dans le champs avec la remorque, le papa de Charles nous a rejoint.... Après avoir démonté le planeur, ils nous emmenèrent dans leur ferme, ou j'ai pu participer à la recolte des oeufs biologiques, j'ai aussi pu baptîser un bébé veau nouveau né de ce jour là: il s'appelle désormais Delta. Le plus curieux de l'histoire, cette famille va en fin d'année à un mariage dans le nord du pays de la France et  y rencontre une pilote ayant participé au championnat de France féminin: Jasmine Graff... ils ont bien rigolé ensemble lorsqu'ils se sont rendu compte qu'ils parlaient de la même personne...

Ce fut une belle histoire vache (attérissage en campagne) et ne fut pas trop douloureuse pour mon classement en championnat. La rencontre insolite fait avec cette famille m'a bien aidée à surmonter ma déception de la vache...





















Ce petit garçon habitant à côté du champs s'appelle Charles!!





























Charles va si bien avec mon planeur Charlie



























































Par Juliette - Publié dans : Histoires et récits des vols
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  • : Découverte du vol en planeur, les mots comme: sensations de glisse, de liberté, de la découverte de la troisième dimension caractérisent cette passion: le planeur! Planer, une activité accessible à toutes et tous, promet des apprentissages tout au long de la vie! Sensations garanties!! Attention, fort risque de dépendance, si vous y goûtez!
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  • : 01/11/2008
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Bonjour sur ce site qui est dédié à la découverte de vol en planeur!
Qu'est le planeur autre qu'un grand oiseau fin, blanc et si élégant? Le pilote dirige son planeur  au gré du vent et des ascendances, là ou bon lui semble..  Ne semble-t-il pas détachés des problèmes si futiles, lorsqu'il décrit les larges cercles là haut dans le ciel?
Lorsqu'il glisse sur les longues mouvements de l'air ascendants, le pilote du planeur semble s'étirer avec satisfaction dans le cockpit..et oui il monte, vite, vite vers les beaux nuages, les chou-fleurs tout en blanc....puis cette hauteur gagnée lui sert maintenant d'autonomie, pour avancer sur sa lancé, rapidement, si loin... afin de sentir pleinement ce que veut dire le mot: liberté...la liberté, la glisse, les sensations, rien que le bonheur... .........

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Le planeur relève de l'intimité sèche avec l'invisible: précision, souplesse, jubilation, peur, éveil... le planeur ne passe rien...soit vous prenez la mondoline, soit vous devinez ce qui ne s'apprend jamais: "piloter aux fesses", sentir les ascendances dans le ventre. Le corps te dit tout, relief, nuages, plus ces colonnes d'air chaud que personne ne voit, à toi d'entendre...

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